Avant-projet de loi incriminant l’esclavage au Mali: où se trouve le blocage ?

La Coalition nationale de lutte contre l’esclavage par ascendance au Mali, qui regroupe plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits humains, a tenu, hier mercredi, au siège de l’Association TEMEDT, à Faso Kanu, sa traditionnelle réunion trimestrielle devant faire le point des activités menées, depuis sa dernière rencontre de mai 2016.

Pour la circonstance, la Coalition a reçu la visite du Mauritanien Biram Dah ABEID, président d’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA-Mauritanie), venu solliciter le soutien de la société civile malienne pour son combat pour la défense des droits humains, notamment, la lutte contre l’esclavage, érigé en système de gouvernance dans son pays.

Placée sous l’égide du président de l’Association TEMEDT, Ibrahim Ag IDBALTANAT, la réunion s’est tenue en présence du vice-président de l’Association, Abdoulaye MACKO ; d’Abdias COULIBALY, représentant l’Eglise, membre de la Coalition nationale de lutte contre l’esclavage par ascendance au Mali ; El hadj TANDINA, de IRA-Mali.
La première partie de la rencontre a été marquée par l’écoute de l’activiste mauritanien, ‘’Prix des droits de l’homme de l’ONU’’.
Le président de IRA Mauritanie n’est pas allé par quatre chemins pour dépeindre la situation de l’esclavage dans son pays où 13 de ces compagnons de lutte viennent d’être condamnés, de 3 à 15 ans de prisons fermes, pour avoir lutté pacifiquement contre la pratique de l’esclavage en Mauritanie.
Biram Dah ABEID qui jouit du soutien de nombreuses organisations internationales de défense des droits de l’homme, à travers le monde, dit venir, après la Côte d’Ivoire au Mali, pour solliciter l’accompagnement de la société civile africaine dans son combat.
En effet, comme la Côte d’Ivoire, il dit souhaiter avoir la position de la société civile malienne, dont sa frange qui lutte pour la défense des droits de l’homme, à travers une Déclaration solennelle.
Pour mieux se faire entendre, l’activiste mauritanien se propose d’animer ce matin, une conférence de presse à l’Hôtel Radisson de Bamako.
Au regard de son agenda, apparemment très chargé, le célèbre visiteur du jour a pris congé de ses hôtes, qui ont continué avec le second point de l’ordre du jour de leur réunion, à savoir le point de l’avant loi incriminant l’esclavage par ascendance au Mali qui était arrivé jusqu’au niveau du Conseil des ministres pour adoption.
Le président de TEMEDT, chargé du suivi de ce dossier, dit être au regret de constater un blocage à la suite du dernier remaniement ministériel, qui a vu le départ du Garde des sceaux, et son remplacement par un avocat du barreau. A sa suite, un autre membre de la Coalition a fait savoir que tout dossier qui arriverait au Conseil des ministres est obligatoirement examiné. A son avis, il est fort possible que le dossier relatif à l’avant-projet de loi incriminant, l’esclavage par ascendance au Mali soit purement et simplement retiré du circuit. Peut-être, le moment n’est pas opportun ou les esclavagistes ont fait peser de tout leur poids pour l’abandon de l’avant-projet qui avait suscité beaucoup d’espoir en leur sein, s’est-il interrogé.
En tout état de cause, les membres de la Coalition ne désarment pas. Ils ont décidé de changer de stratégie en organisant des plaidoyers auprès des organisations internationales de défense de droit de l’homme. Car ils sont plus que jamais déterminés à avoir cette loi au Mali, surtout après avoir écouté ce qui se passe en Mauritanie.
Aussi, ses membres soutiennent qu’il n’y a aucune loi dans le monde qui autorise un crime. D’où, le vibrant et incessant appel de la Coalition nationale auprès des autorités maliennes pour adopter une loi incriminant cette vieille pratique.

Par Sékou CAMARA

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