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dimanche 15 septembre 2019
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Avenir de la Minusma: des options pour une adaptation significative

La recrudescence des attaques terroristes au Nord contre les populations civiles et les forces de sécurité, l’exacerbation des conflits communautaires au centre et le manque de progrès significatifs dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix sont entre autres constats qui imposent à l’ONU de revoir sa stratégie d’intervention au Mali. Ainsi, après des échanges houleux dans ce sens, ce 29 mars 2019, autour du dernier rapport du secrétaire général de l’ONU sur la situation du Mali pays, l’heure est donc venue pour impulser une nouvelle dynamique à la MINUSMA.

L’avenir de la MINUSMA est plus que jamais au-devant de l’actualité. Ainsi, le Conseil de sécurité de l’ONU a annoncé, ce mercredi 3 avril 2019, qu’il se pencherait dans les mois à venir sur l’avenir de sa mission de Casques bleus au Mali, visée par des roquettes dans la journée. Toutefois, a rassuré le Conseil de sécurité des Nations-Unies, aucun nouveau changement ne doit être de nature à compromettre la stabilité du pays. Il a souligné, dans une déclaration adoptée à l’unanimité, qu’aucun ‘’changement ne devait compromettre la stabilité du pays’’.

Dans la perspective du renouvellement de son mandat, en juin, le Conseil de sécurité de l’ONU «demande au secrétaire général de présenter des options en vue d’une possible adaptation significative de la Minusma (…) afin que cette dernière renforce l’efficacité de son soutien à la mise en œuvre de l’accord» pour la paix de 2015, «sans pour autant mettre en péril la stabilité du Mali et de sa région», indique la déclaration rédigée par la France.

Cette remise en cause de la Mission onusienne fait suite à des critiques adressées par les représentants de plusieurs pays à la MINUSMA, dont les États-Unis. En effet, ce 29 mars 2019, alors que Paris se félicitait des progrès accomplis au Mali et du sursaut dans la mise en œuvre de l’Accord de paix, Washington avait un autre son de cloche : « Nous sommes déçus face à l’absence de progrès significatifs ». Le sous-secrétaire d’État aux Affaires politiques des États-Unis, David Halle, n’a pas manqué de demander à Antonio Guterres de faire de nouvelles recommandations pour adapter significativement le mandat de la MINUSMA. Washington avait notamment jugé qu’il était temps d’évaluer ‘’si une mission de maintien de la paix de l’ONU était toujours la meilleure solution au vu de l’insécurité qui continue de régner’’.

Alors que les réflexions sont lancées dans ce sens, le camp des forces de l’ONU et de l’armée française à Kidal a été visé, ce 3 mars 2019, en début d’après-midi par des tirs d’obus, a rapporté à l’AFP un habitant de la ville.

« On a entendu de très grosses détonations, suivies de tirs nourris. Comme des tirs d’arme automatique », explique-t-il. La source estime que l’attaque aurait duré environ une heure. Dans l’après-midi un avion aurait ensuite survolé la ville, selon plusieurs sources sur place.

Jointe par RFI, la Mission de maintien de la paix des Nations unies au Mali n’a pas souhaité commenter ni la durée de l’attaque ni le mode opératoire.

Le gouverneur de la région, Sidi Mohamed Ag Icharach, a, quant à lui, indiqué que les roquettes avaient «dépassé le camp», n’ayant fait «aucun dégât matériel». Un Casque bleu tchadien s’est néanmoins blessé en sautant de son poste de garde, rapporte la source.

La résolution 2423 (2018) adoptée par le Conseil de sécurité à sa 8298e séance, demande à la MINUSMA, de remplir des tâches prioritaires parmi lesquelles figure en bonne place la Protection des civils et la stabilisation, notamment contre les menaces asymétriques.

Pour cela, il lui est demandé d’assurer, sans préjudice de la responsabilité première des autorités maliennes, la protection des civils menacés de violences physiques, y compris par des activités d’information et de sensibilisation, le dialogue et des échanges directs ; de stabiliser les principales agglomérations et les autres zones où les civils sont en danger, notamment dans le nord et le centre du Mali. Malgré, les attaques terroristes et les conflits intercommunautaires ont atteint, depuis le début de cette année, des proportions inquiétantes. Interpellant ainsi vivement la Mission onusienne à revoir sa stratégie dans le pays.

Par Sidi DAO

 




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