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lundi 15 octobre 2018
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Axe Gossi-Hombori: la psychose djihadiste !

En plus du calvaire lié à l’état piteux de la route Douentza-Gao, les usagers de ce tronçon font face, depuis quelques années, à une véritable odyssée, à cause des attaques armées. Au manque de confort de la route, se greffe la psychose djihadiste.

Il ne se passe plus une semaine sans que les passagers d’un car de transport ou une escorte de l’armée ne fassent les frais de la recrudescence du banditisme dans cette localité. Ainsi ce dimanche 30 septembre, au moins un militaire malien a été tué et plusieurs personnes blessées, dont des civils, dans une embuscade tendue par des djihadistes présumés, selon des sources sécuritaires.
« Une escorte de l’armée malienne, qui a quitté dimanche Gossi pour Hombori, est tombée dans une embuscade tendue par des hommes armés circulant à moto », a déclaré à l’AFP une source de sécurité malienne, précisant que le bilan s’établissait à, au moins un militaire tué et plusieurs blessés, dont des civils.
L’embuscade et le bilan « provisoire » ont été confirmés par une autre source de sécurité, selon laquelle elle a été « tendue par une vingtaine de personnes à moto », dont plusieurs, d’après des témoins, étaient « enturbannées ».
Selon un élu de la localité de Gossi, qui a mentionné un bilan de deux tués, un militaire et un civil, l’escorte sécurisait un bus de transport circulant entre Gao et Douentza.
« Un véhicule de l’armée escortant des cars de transport de passagers est tombé vers 10 heures dans une embuscade entre Gossi et Hombiri. Les assaillants étaient sur 5 motos et ont ouvert le feu sur nos soldats », a indiqué une source locale.
Le bilan provisoire serait de 2 morts et 2 blessés du côté des FAMas et un civil blessé. Les Famas auraient neutralisé des bandits et arrêtés certains d’entre eux.
Sur le même axe, deux citernes ont été incendiées par des assaillants, il y a une semaine, le 25 septembre dernier.
Selon les témoins, les assaillants ont mis le feu à deux camions citernes, transportant du carburant qui précédaient l’escorte militaire. Les passagers se rendaient à Gao et avaient dépassé la localité de Boni, quand l’attaque est survenue. Les FAMAs ont préféré se replier sur Boni, par précaution pour éviter d’exposer davantage les passagers des bus escortés.
Il y a de cela deux semaines, deux autres cars voyageurs de SONEF avaient été braqués par des bandits, précisément dans la localité de Doro, sur le tronçon Gossi-Hombori. Si d’aucuns attribuent ces attaques à des djihadistes, d’autres pensent qu’il ne s’agit ni moins ni plus que de bandits armés qui profitent de l’état de dégradation avancé de la route et l’insuffisance de dispositifs sécuritaires dans la zone. Et pour cause, à l’exception de l’attaque du 25 septembre où deux camions citernes ont été incendiés, les passagers sont fouillés et soulagés de tous leurs biens. Selon des spécialistes, cela ne relève pas du terrorisme, mais plutôt du banditisme de grand chemin.
L’un dans l’autre, il ne s’agit que d’un supplice pour les usagers de cet axe routier important pour le Mali reliant la capitale aux villes du nord, face auquel les plus hautes autorités sont fortement interpelées.
Plus que jamais, le Mali a besoin de l’aide internationale, mais une aide pour vaincre ces forces du mal qui mettent à mal l’économie, la cohésion sociale. Mais pas une aide qui étouffe, à l’image de contingents militaires qui mettent en priorité leur propre sécurité avant celle des Maliens.
Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, conscient de la situation, a appelé mercredi la communauté internationale à redoubler d’efforts pour relever le « mélange néfaste de défis » qui touche le Mali et le Sahel et permettre à la région de tirer profit de son potentiel.
« Nous avons, avant tout, la responsabilité d’accélérer les efforts que nous déployons en faveur du Pacte pour la paix », a dit M. Guterres lors d’une réunion de haut niveau sur le Mali et le Sahel, organisée en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies en présence du Président malien, Ibrahim Boubacar Keïta.
Pour le Secrétaire général, les retards pris dans la mise en œuvre de l’accord de paix au Mali ne feront « qu’aggraver les problèmes de sécurité et entraver la marche vers la stabilité ».
« Il est temps que toutes les parties honorent leurs obligations, notamment en accélérant l’application de la feuille de route du 22 mars », a rappelé le chef de l’ONU.

Par Sidi Dao




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