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vendredi 23 avril 2021
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Bafoulabé et Kita: le ministre Ould Mahmoud sur les chantiers de l’ADRS

Le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Mohamed Ould Mahmoud, à la tête d’une forte délégation de son département, a effectué une visite de 3 jours-là dans la zone de l’ADRS (Agence de développement rural de la vallée du fleuve Sénégal). Au cours de ce déplacement, le ministre s’est imprégné de l’état d’avancement des chantiers de certains ouvrages et infrastructures de l’ADRS dans les cercles de Kita et Bafoulabé. Il a aussi visité le périmètre maraicher de Kamankolé (Bafoulabé), afin de constater l’évolution des cultures et échanger avec les exploitants.

Parmi les chantiers visités par le ministre et sa délégation, il y a les travaux des périmètres irrigués G et H à Mahina N’Di (Bafoulé), ainsi que ceux de la construction d’un pont sur le Daromé à Kiéniénifé (Kita). Partout où il est passé, le chef du département, a donnée des instructions fermes aux entreprises afin que ces ouvrages soient remis aux exploitants avant le démarrage de la prochaine campagne agricole.

Le poids de l’électricité
Cette visite au pas de charge du ministre dans la zone de l’ADRS a débuté ce lundi 1er mars 2021 par le périmètre maraicher de Kamankolé (Danfagabougou).
Après des difficultés de prise en charge des frais de fonctionnement en gas-oil, le PGIRE II est intervenu en 2017, à travers l’ADRS, pour réaliser le branchement de la station de pompage du PIV à la moyenne tension de l’EDM-SA pour un système d’irrigation par canaux à ciel ouvert alimentés en eau à partir d’une station de pompage équipée de 2 groupes électropompes ayant chacun un débit de 40 l/s.
Avec une Superficie de 28,20 ha, une longueur de 750 m et une largeur 376 m, la parcelle type est 0,50 ha soit un total de 55 parcelles élémentaires. Le coût des travaux d’aménagement ce périmètre exploité par 50 femmes et 47 homme est estimé à 228 935 500 FCFA HT/HD.
Ici, la principale difficulté des exploitants est liée à la prise en charge des coûts d’électricité engendrés par le fonctionnement de la motopompe qui irrigue le site évalué entre 300 et 400 000 F CFA par campagne. Pour couvrir cette charge d’exploitation, chaque exploitant paye environ 150 000 F CFA par campagne. Aussi, au niveau de ce périmètre, il y a une superfie d’environ 13 ha non encore exploitée, faute de moyens d’aménagement de terrassement.
Après avoir échangé avec ses interlocuteurs, le visiteur du jour a indiqué que son département va étudier la question, afin de trouver des mécanismes susceptibles d’atténuer la charge d’exploitation.

Une situation préoccupante
Si à Kamankolé le ministre était satisfait de sa visite, à Mahinading, le constat était mitigé. Quand bien même la délégation a constaté avec beaucoup de soulagement que l’entreprise était à pied d’œuvre sur les périmètres G et H, l’état d’avancement du chantier n’était pas à hauteur de souhait et délai de livraison fixé à la date du 31 mars largement compromis. Une situation qui préoccupe à quelques encablures du démarrage de la nouvelle campagne prévue pour ce mois de juillet.
Seule certitude, la station de pompage équipée de six (6) pompes Flygt (de capacité 635 l/s chacune) a été construite pour permettre l’irrigation de 880 ha en maîtrise totale de l’eau. Une capacité encore loin d’être exploitée. Elle qui a été conçue et réalisée pour assurer l’irrigation des périmètres G et H d’une superficie totale de 880 ha.
« Depuis ma première visite ici à Kita, j’avais constaté que le niveau de décaissement n’était pas bon. J’ai demandé de rencontrer toutes les entreprises qui interviennent dans la zone sur un certain nombre d’ouvrages. Je leur avais demandés que d’ici le 31 mars, que le ministère demande que ces ouvrages soient remis. Ils disent qu’ils sont à 85% d’exécution, et que les 420 ha, au moins, c’est sûr qu’ils les mettront en eau et nous les exploiterons d’ici le premier juillet. Et ça, c’est déjà quelque chose de positif. Et je continuerai à mettre la pression pour que les autres superficies soient aménagées. »
Le site des travaux d’aménagement de 680 ha des périmètres irrigués G et H est situé sur la rive droite du fleuve Bafing, à 6 km au sud de Bafoulabé et à 1 km au sud de Mahina. Il s’étend parallèlement au fleuve sur une distance d’environ 10 km, traversé par la route qui relie les villes de Mahina et de Manantali. Aux abords immédiats se trouvent les villages de Bantingungu et de Djoubédala.
Attribués pour un délai d’exécution 10 mois hors saison des pluies en 2018, ces travaux semblent traîner en longueur pour des raisons diverses évoquées par l’entreprise. Parmi lesquelles, il y a la crise politique, la crise sanitaire, la crise sécuritaire et surtout l’état du sol avec une roche à moins de 30 cm.
Le planning actualisé de l’entreprise avec le déploiement de moyens conséquents (matériels, équipements, approvisionnement et personnel), donne l’espoir de terminer l’ensemble des travaux au plus tard le 31 mai 2021.

Les raisons d’une impatience
Après Bafoulabé et Mahina, c’est en véritable chef de chantier que le ministre Ould Mahmoud s’est rendu sur les chantiers de la construction d’un pont et de ses voies d’accès sur le Daroumé à Kéniénifé (Toukoto).
«C’est un pont qui est très stratégique pour le département, parce qu’il permet l’écoulement de la production agricole de la zone du Kaarta, une zone de très grande production et de grande productivité qui a besoin d’écoulement sur le marché. Nous avons décidé de faire cette route parce qu’elle fait partie des pistes rurales qui sont de notre responsabilité. Cet ouvrage, je veux que ça finisse le plus tôt que possible, avant l’hivernage. Je ne suis pas totalement satisfait de ce que j’ai vu sur le terrain, parce qu’en principe, d’ici le 31 mars, je devrais avoir cet ouvrage. Malheureusement, pour des raisons ou d’autres, qui ne relèvent pas du département, parce que le département a donné tout ce qu’il doit, on a respecté les éléments de contrat, le résultat n’est pas là. Maintenant, je serai obligé de revoir avec l’entreprise quels peuvent être les prochains délais, mais ces délais doivent être avant l’hivernage puisque c’est de cela qu’il s’agit », a dit le ministre.
Casquette vissée sur la tête, le ministre a fait le tour du chantier, échangé avec le chef de chantier, avant d’exprimer son impatience de voir ces travaux se terminer avant l’installation des pluies, au risque de mettre en péril la vie des populations et du bétail de la zone.
Face à l’urgence de la situation, il a préconisé de rencontrer, courant cette semaine, le 1er responsable de l’entreprise burkinabè Africa Global construction Africa (GCA) à Bamako.
« Pour qui connaît l’histoire du cours d’eau, le Daroumé a toujours des victimes humaines et animales. C’est un lieu de passage des animaux. Pendant la période de crue, l’eau a souvent emporté les personnes ou les animaux qui tentent de traverser le Daroumé » a indiqué Moussa DOUMBIA, responsable du chantier. Le montant du projet s’élève à 953 584 900 F CFA.
Autrefois, nous a-t-on témoigné, l’itinéraire (Mauritanie-Mali-Guinée), le plus économique pour les commerçants entre les trois pays est bien ce tracé.
Après l’indépendance, le Mali a classé le même tracé route d’intérêt national qui relie Nioro à la frontière guinéenne, en passant par Diéma, Sefeto, Toukoto, Kita et Sirakoro.
Vu l’importance du cours d’eau et d’un futur trafic plus élevé, ce projet se justifie pour le désenclavement des zones de production agricole du Kaarta vers les grands centres de consommation de Bamako en passant par Kita.
Ce pont, selon ses initiateurs, permet aujourd’hui d’assurer le passage sur le cours d’eau Daroumé pendant toutes les périodes de l’année, de sauver la vie des personnes et des animaux transhumants de la zone de Kaarta vers les agglomérations.
Par Abdoulaye OUATTARA
Envoyé spécial




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