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lundi 16 octobre 2017
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Barkhane et MINUSMA au nord: ‘’un coup de pied dans la fourmilière djihadistes’’!

Malgré le déploiement d’importants dispositifs sécuritaires, Forces armées maliennes (FAMA), MINUSMA et Barkhane (en lieu et place de Serval), depuis le mois d’août dernier, le nord de notre pays continuent d’être une zone de non droit. Ainsi, après l’adjudant français, Thomas DUPUY, le 29 octobre dernier, deux soldats FAMA ont été tués, dimanche dernier, dans la région de Gao.

Ces derniers meurtres contre nos soldats renforcent la thèse, selon laquelle, sans une présence effective de l’armée malienne sur l’ensemble du territoire et la signature d’un accord de paix entre les protagonistes, la sécurité restera un luxe dans cette partie de notre pays où Barkhane et MINUSMA ne semblent être que des ‘’coups de pied dans la fourmilière djihadistes’’.

Deux soldats maliens ont été tués et quatre blessés, dimanche dernier, par l’explosion d’une bombe dans la région de Gao, a annoncé le gouvernement qui a profité de l’occasion pour dénoncer un «acte terroriste», dans un communiqué officiel.

«Dimanche dernier, aux environs de 8h00, une des positions tenues par les forces armées maliennes à Almoustrate (…) a été la cible d’une attaque par engin explosif posé par des individus, non encore identifiés. Le bilan est de deux morts et quatre blessés parmi les militaires», affirme le gouvernement dans son communiqué.

Le gouvernement malien «condamne fermement cet acte terroriste et lâche, qu’il juge contraire aux engagements pris par les responsables des groupes armés» dans des accords signés avec les autorités maliennes en mai à Kidal et en juillet dernier à Alger, où se déroulent des négociations entre Bamako et des mouvements armés, dans les jours à venir.

Les régions nord de notre pays ont enregistré, ces dernièrement temps, un regain d’attaques djihadistes. Et pour cause, la semaine dernière, un militaire français avait été tué et deux autres blessés dans le massif du Tigharghar (région de Kidal), lors d’une opération destinée à freiner le retour des djihadistes.

Le 25 octobre, ce sont trois Casques bleus sénégalais de la MINUSMA qui avaient été blessés dans une attaque à l’engin explosif près de Kidal. Le 7 octobre, un membre du même contingent sénégalais de la Minusma avait péri dans une attaque à la roquette contre le camp de l’ONU à Kidal. A ceux-ci s’ajoutent d’autres victimes qui restent généralement dans l’anonymat.

L’assaut le plus meurtrier contre les forces de l’ONU, dans notre pays, a été perpétré, le 3 octobre dernier, dans une localité de la région de Gao contre un convoi de militaires nigériens, dont neuf avaient été tués.

Face à ces drames qui mettent en péril la vie de nombreux soldats maliens étrangers et au regard des multiples hésitations des groupes armés d’aller rapidement à un accord de paix définitif avec le gouvernement, la communauté internationale est vivement interpelée interpellée. Cette communauté internationale, se souvient-on, qui a obligé notre pays à organiser des élections présidentielles et législatives pour ‘’avoir des interlocuteurs valables’’ devant des rebelles. Maintenant que le pays est représenté par des dirigeants ayant un mandat bien rempli, personne ne daigne s’interroger sur le statut de ces rebelles. En tout cas, l’absence prolongée d’un véritable Etat de droit sur un territoire aussi immense comme le nord de notre pays constitue une menace grave contre la stabilité de la sous-région et même pour le monde entier. En effet, de Tombouctou à Kidal en passant par Gao, c’est une même zone où il existe une interconnexion entre différents groupes terroristes et djihadistes qui y dictent leur loi, depuis 2012. L’intervention internationale n’ayant jusque là permise qu’à chasser une partie des islamistes.

Les forces internationales ne peuvent être qu’un appui aux FAMA pour sécuriser les régions nord de notre pays. Or, cette collaboration reste inachevée jusque là tant que Kidal continuent à devenir une exception.

Malgré les moyens mobilisés par les forces françaises et internationales, les terroristes sont toujours parvenus à réoccuper leurs anciennes positions. Ce qui revient à dire que Barkhane ou MINUSMA jouent le rôle de ‘’tondeuse’’ dans le jardin de la lutte contre le terrorisme au nord de notre pays, alors qu’on a besoin de bulldozer pour les déraciner.

L’ancien ministre français de la Défense, Hervé Morin, dans une de ses sorties, qualifiait lui aussi, la stratégie militaire française contre les islamistes au Mali, comme un ‘’un coup de pied dans une fourmilière’’.

«On les chasse, ils passent la frontière dans cet immense espace sahélien et reviennent ensuite au fur et à mesure que nous éventuellement nous retirons pour laisser la place à d’autres forces », a-t-il argumenté sur RFI.

Au nord du Mali, notamment à Kidal où l’armée malienne est réellement absente, depuis 2012, il existe une certaine collision entre les groupes armés rebelles et les mouvements djihadistes. Au regard de cette situation, une absence prolongée de l’Etat dans cette région ne peut qu’offrir un terreau fertile à ces criminel qui étendent leur menace sur une bonne partie du territoire nationale, à partir de ce foyer de prédilection.

Par Sidi DAO

 




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