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samedi 15 décembre 2018
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Barkhane/G5 Sahel: un destin commun ?

Si les djihadistes continuent de terroriser nos populations dans plusieurs localités du pays, notamment au centre où circulent de plus en plus des hommes armés à motos, le lancement, la semaine dernière, de la toute première opération de la Force conjointe du G5 Sahel, constitue déjà une lueur d’espoir. Cependant, aujourd’hui la question qui se pose est son niveau de dépendance vis-à-vis de la Force française Barkhane (forte de 4000 hommes) qui évolue également sur le même terrain et avec les mêmes objectifs : la traque des djihadistes. La progression des hommes sur le terrain, mais en appui avec les Français est vivement appréciée.

La première opération de la Force du G5 Sahel, quelques jours après son lancement, dans la région et le cercle de Gao, commune d’In-Tillit, se poursuit sur le terrain. Elle a été aperçue ce week-end entre Tessit et Kayrougouten, cercle d’Ansongo, avec un convoi d’une vingtaine de blindés de la Force française Barkhane, assurant la sécurité. La mission procède à des fouilles et sécurise des localités où la présence de l’autorité de l’État est la chose qui manque le plus.
« Cette piste entre Tessit et Kayrougouten est un axe majeur, emprunté par les commerçants et la population », a expliqué à l’AFP le lieutenant Gaoussou DIARRA qui commande une centaine de soldats maliens mobilisés pour cette opération transfrontalière inédite.
« Nous sommes là pour sécuriser la zone et rassurer les gens, qu’ils puissent vivre une vie normale », ajoute-t-il. Dans cette vaste étendue rocailleuse des « trois frontières », peuplée d’éleveurs nomades et parsemée d’épineux, dit-on, les trafics en tous genres prolifèrent. Une raison de plus pour les groupes djihadistes, liés à l’État islamique ou à Al-Qaïda, de s’implanter. Car la nature a horreur du vide, a-t-on coutume de dire.
Selon le lieutenant DIARRA, la tâche est immense eu égard à l’immensité du territoire à contrôler. Avec la Force G5, il reste convaincu que l’union des pays concernés permettra de faire face à la menace djihadiste de la plus belle manière.
« Mais aujourd’hui, grâce au G5 Sahel, nous allons être plus forts pour lutter contre le terrorisme à nos frontières », assure-t-il.
« Nous n’avons pas les mêmes moyens que Barkhane, mais nous avons acquis beaucoup d’expérience avec eux. Et aujourd’hui, c’est nous qui menons la mission première, avec nos amis français en appui », affirme avec fierté le lieutenant DIARRA, après avoir ordonné le contrôle de deux motos passées à proximité du convoi.
Selon les constats faits sur le terrain, l’on indique que l’implication de Barkhane dans la Force naissante du G5 Sahel est massive. Sur le terrain, nous a-t-on souligné, les Maliens sont escortés par des dizaines de soldats français.
Si les décisions opérationnelles sont prises par un poste de commandement (PC) de la Force conjointe à Niamey, c’est depuis une base avancée française implantée dans la commune d’In Tillit que s’opère la coordination tactique de l’opération ‘’Hawbi’’, nom de baptême de cette première opération lancée mercredi.
« Nous sommes le petit cerveau de l’opération », explique le lieutenant-colonel français Marc-Antoine à l’AFP, depuis la base avancée, en énumérant les moyens fournis aux troupes africaines engagées : appui aérien (chasseurs, hélicoptères, renseignement), artillerie, logistique, missions civilo-militaires…
Une jonction est cependant prévue entre forces maliennes et burkinabè en territoire malien.
Selon les projections, cette coalition de cinq nations (Mali, Niger, Mauritanie, Burkina Faso et Tchad) doit atteindre d’ici à mars 2018 une capacité de 5 000 hommes, et doit parvenir à sécuriser ses frontières communes de manière autonome.
Toutefois, le soutien de la Force Barkhane restera décisif, en matière de renseignement et d’appui aérien, dans la mesure où faute de moyen, le G5 est sous la contrainte de revoir en baisse ses ambitions.
Pour rappel, le poste de commandement de la Force du G5 Sahel est à Sévaré et abrite désormais des officiers de liaison des cinq pays.
Son budget de fonctionnement a été estimé à 423 millions d’euros, mais il pourrait être revu à la baisse, aux alentours de 240 millions d’euros.
En tout cas, pour le moment, une grande partie des fonds manque encore à l’appel.
Les cinq pays initiateurs de la FC-G5 Sahel ont promis chacun 10 millions ; l’Union européenne 50 millions et la France 8 millions, soit un total de 108 millions d’euros.
Les États-Unis se sont quant à eux engagés lundi dernier à apporter jusqu’à 60 millions de dollars (51,5 millions d’euros).
Pour boucler le financement, une conférence des donateurs est prévue le 16 décembre à Bruxelles.

Par Sidi DAO




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