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dimanche 22 juillet 2018
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Bathily sur la légalisation présumée de l’homosexualité: « il est question de minorités, pas d’orientation sexuelle »

Au cours d’une journée d’échange organisée hier, à la Maison de la presse, le président des Associations pour le Mali (APM), Mohamed Ali BATHILY, non moins ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et des Affaires foncières, a mis les points sur les i à propos des accusations selon lesquelles le projet de loi constitutionnelle promeut l’homosexualité. ‘’Il y est question de minorités et non de déviance sexuelle’’, a-t-il martelé.

Le ministre, doublé de juriste, est sans équivoque. Le projet de texte prévoit la protection des minorités. Par minorités, il entend, entre autres, les personnes de petite taille, les malentendants, les orphelins de guerre. Il soutient qu’il s’agit effectivement de personnes à protéger.
Quant aux insinuations d’homosexualité, il rappelle fort opportunément le terme qui y est consacré là où la pratique a cours, à savoir ‘’orientation sexuelle’’. Ce qui n’apparaît nulle part dans le projet de Constitution.
M. BATHILY souligne également que toutes les Constitutions du Mali ont consacré la protection des minorités, à travers les dispositions qui disent qu’il n’y a pas de discrimination fondée sur la race, le sexe, la religion…
Il fait un autre rappel historique des plus édifiants. C’est sous Napoléon 1er, en 1812, en dehors de l’Église que l’homosexualité était réprimée, pour la première fois, par le Code pénal puni du bagne. Puis en 1925, a-t-il poursuivi, la France a étendu ce texte à ses colonies par l’application du Code d’instruction criminelle. Elle était alors punie des travaux forcés.
À l’indépendance, le président Modibo KEITA a reconduit le même texte, avec la même sanction, avec la qualification d’attentat à la pudeur.
C’est ce même texte, a révélé M. BATHILY qui est resté dans le Code pénal malien jusqu’à ce que profitant subrepticement des mouvements liés à la réforme du Code de la personne et de la famille, cette disposition a été retirée. ‘’Mais cela, personne n’en parle’’, a-t-il souligné avant d’ironiser, ‘’ce n’est pas le Président IBK a retiré cette disposition du Code pénal. On peut ne pas aimer quelqu’un, mais il ne faut pas l’affubler de tout’’. Il pointe un doigt accusateur sur ceux qui invitent dans le débat de la révision constitutionnelle la question du mariage gay et les défie, si cela les chante. ‘’Peut-être qu’ils sont les protecteurs des homosexuels, alors qu’ils viennent qu’on fasse le débat’’, a encore défié le ministre BATHILY.
S’agissant de l’initiative même du référendum, Mohamed Ali BATHILY a fait savoir qu’elle est venue du Président qui en a concurremment la prérogative avec l’Assemblée nationale.
Quand faire une révision constitutionnelle ? Il répond par une disposition de la Constitution en son article 118, alinéa 3 : ‘’ Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire’’.
L’intégrité du territoire est-elle en cause en ce moment ? Le conférencier fait le distinguo entre intégrité physique et intégrité du territoire. Aucune partie du territoire national n’est amputée. Ce qui n’était pas le cas en 2012 où il y avait des forces armées qui avaient un drapeau, un hymne national, un gouvernement de transition avec un président, un territoire appelé Azawad.
Pour lui, c’est la nature et l’objet de la violence qui déterminent s’il y a atteinte à l’intégrité territoriale ou pas.
L’Accord, a brandi M. BATHILY, est la preuve que l’intégrité territoriale est préservée. Les anciens mouvements séparatistes la reconnaissent. ‘’L’Accord est un acquis, ne le remettons pas en cause’’, a-t-il conseillé.
Il reconnaît qu’il y a ‘’une violence très importante’’, mais qui est différente de celle de 2013 où tous ceux s’agitent aujourd’hui n’ont pas renoncé à prendre part à l’élection présidentielle dont la tenue a été négociée à Ouaga. M. BATHILY estime qu’il ne faut pas prendre l’ombre pour la proie.
Il a réagi aux attaques portant sur la nomination du tiers du Sénat par le Président de la République, la nomination du Président de la Cour constitutionnelle.
L’occasion était bonne pour le président des APM d’expliquer les raisons de sa sortie tardive. Primo, il s’imposait à lui de prendre part au débat en cours. Ce, d’autant plus qu’il l’a fait pour des questions de moindre importance.
Secundo, le débat a pris une tournure très politique qui a tendance à conduire à l’incompréhension et qu’il fallait qu’il apporte sa contribution d’association politique, pour avoir un débat d’idées plus avancé.
En tout état de cause, il s’attend à un débat d’arguments et non à un débat de positions. Il regrette qu’il se soit enlisé en guerre des tranchées. Selon M. BATHILY, ce qui est responsable, c’est de défendre ses arguments, au lieu de s’arc-bouter sur des positions.

Par Bertin DAKOUO




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