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lundi 19 avril 2021
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Bétisier

En lançant un défi bravache contre les lois de la République en organisant un nouveau show, le 26 Mars, pour exiger le départ des forces françaises, Ben le Cerveau écervelé rentrera dans l’histoire du Mali comme martyr, en cette Journée des Martyrs ou comme le plus grand bouffon. En attendant, le nouveau César de Koutiala s’illustre par ses frasques. Par une crise de mégalomanie galopante, il fait étalage de toute l’étendue de son pouvoir et un zeste assembleur de nuées surfant sur une ambition de développement idéaliste, promet faste et splendeur à ses sujets dans empire autarcique. C’est la substance de votre Bétisier de ce jour.

Quand un ministre dépasse les bornes

Mossa Ag ATTAHER est de tous les membres du gouvernement Moctar OUANE celui qui communique le plus, pardon qui s’agite et s’affiche le plus sur les réseaux sociaux. Sa moyenne d’apparition furtive sur Facebook est de trois posts par jour. Son chargé de communication ? Il n’en a cure ? Il a lui-même son phone, il poste et tweete ! Et il engrange les bénéfices : de l’ancien rebelle séparatiste honnis et vomis par l’opinion malienne, il est devenu aujourd’hui le ministre le plus cool, le plus clair, le plus transparent, le plus soucieux de la réussite de son secteur. Il est au four et au moulin, bousculant les habitudes et faisant oublier les préjugés.
En mettant en scène son aide aux FAMa dont un véhicule était tombé en panne (il a retroussé ses manches et poussé le véhicule comme les autres) et en s’affichant avec les chauffeurs pour partager avec eux leur repas, le ministre de la Jeunesse et des sports, Mossa Ag ATTAHER, sort des sentiers battus, bouscule des habitudes et inaugure un nouveau style ministériel. Habillant les chauffeurs, chaussant et coiffant les supporteurs et approvisionnant les jeunes en masques et solutions hydro-alcooliques Mossa est devenu le ministre tel qu’on aimerait avoir. Il est avec tout le monde et il est là pour tout le monde, et tous les sports et tous les jeunes…
Grâce à Facebook, le ministre fait sa Com sans limites, sans balises. Aussi des fois, il en fait assez, un peu trop sinon plus à la limite de l’acceptable et de la légalité. Mossa Ag ATTAHER n’a pas un retard de patriotisme à rattraper et n’a sûrement pas un complexe de malianité envers un Malien en s’affichant aux couleurs du Mali lors des matchs des équipes nationales. Il est ministre de la Jeunesse et des sports, donc premier sportif passionné des Aigles et compagnie. Il le fait, le fait bien et qu’il continue de le faire.
Mais, de grâce que Mossa Ag ATTAHER mette son fils en dehors de sa propagande d’ancien rebelle, de son activisme sportif et de son agitation ministérielle sur les réseaux sociaux. Parce que de plus en plus il se met en scène avec le petit garçon comme pour montrer qu’il est bien Malien et son fils aussi. Non, monsieur le ministre a le droit de s’agiter autant qu’il veut sur les réseaux, mais il a le devoir sacré de protéger son fils, l’image de son fils sur les réseaux. Mossa Ag ATTAHER sait plus que tout autre que le mineur a le droit à la protection et à la préservation de son image dans la presse et sur Internet. Le principe qu’il connaît et viole allègrement pour ce qui concerne les mineurs est : interdiction absolue de publication et reproduction de l’image d’un mineur pour autre motif que pédagogique. Or, bien que son fils comme tous les jeunes garçons de son âge semblent partager la passion de Papa pour le foot (supporter de Réal ou Barça), cela ne donne absolument aucun droit à son ministre de père de l’afficher tous les jours sur les réseaux. Tenez hier soir, le ministre a osé amener ce petit garçon au stade Mamadou Konaté au milieu des supporteurs dont la plupart n’avaient pas de masque. Walaye notre ministre de la Jeunesse et des sports a la chance qu’on soit dans un pays où les associations de défense des droits des enfants ne sont pas fortes, sinon il seraient trainé en justice pour violation du droit à l’image et mise en danger de la vie de son enfant mineur… comme Mickael Jackson en novembre 2002 qui avait cru gratifier ses fans berlinois d’une de ces apparitions éclair, en tenant au-dessus du vide, sur le balcon de sa chambre d’hôtel située au quatrième étage, son dernier-né, le petit Prince Michael II.




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