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samedi 8 mai 2021
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Bétisier

Le communiqué qui a sanctionné la rencontre, avant-hier dans l’après-midi, entre le Président de la Transition, Bah N’DAW, et les représentants des familles fondatrices et des leaders religieux a assené à la face des Maliens que le français chatouillant qui était un dada du sorbonnard déchu a fui Koulouba, en même temps que s’y installe un ahurissant Franc-Bambara. Loin des lambris du Palais, l’on s’interroge si un plaidoyer pourrait trouver grâce aux yeux d’un quelconque juge sur la faillite chronique de EDM. C’est le sujet de votre Bêtisier.

Koulouba : du latin au Franc-Bambara
Comme dans une malédiction nationale, dans notre pays ça va de mal en pis. À Koulouba, centre et siège névralgique du pouvoir d’État, c’est le cataclysme à côté au laisser-aller et du déficit stratégique. Ladji Bourama qui se plaisait à corriger le mauvais français du Général-Président ATT, voulait qu’on y parle plus que le français, plus que le français de France, le français qu’il avait ingurgité à la Sorbonne. Cela avait donné un semblant de latin, en tout cas un français qui obligeait les plus hauts cadres de l’État à rouler les R… jusqu’à ce qu’un ministre vomisse un jour, paraît-il. Bon c’est comment à Koulouba depuis le renversement de ce bon vieux sorbonnard ?
Hum ! N’en pipez mot à Maurice Gréviste, ni Césaire. La langue de Molière, sous les coups de la torture à Koulouba, gémit ; la grammaire sanglote, le vocabulaire larmoie, la syntaxe est bannie, les accords interdits de séjour… Qu’est-ce qui reste alors ? Un Franc-Bambara dont on se sert comme vecteur de communication et d’information, avec quel malheur ! Bougres de nous !
Ne comptez pas les fautes du compte-rendu de la rencontre que le Président Bah N’DAW a eue avant-hier avec les notabilités traditionnelles et religieuses qui a circulé sur les réseaux sociaux. Allons voir le même compte sur le site internet de la présidence www.Koulouba.ml. Attardons-nous sur les plus grands bêtisiers de ce petit papier.
Notons d’abord pour ce qui est de l’orthographe du titre de Bamoussa TOURE, que « cordinateur » tel qu’écrit n’existe pas en français. Il y a coordinateur et coordonnateur qui veulent dire la même chose : la personne qui a la faculté d’ordonner et de combiner harmonieusement des éléments séparés pour constituer un ensemble cohérent ou efficace ou une Personne qui a pour mission de centraliser les informations, de mettre en ordre les éléments séparés, d’harmoniser l’action d’un service administratif, d’une armée ou de différentes composantes politiques.
Si on peut excuser l’apostrophe dans « cétait en présence du Premier ministre … », l’accès sur a de « l’audience a porté… », et le « dans » de trop… on ne peut ne pas s’arrêter à la confusion sémantique la phrase-paragraphe : «l’audience avec les leaders religieux et les Familles fondatrices à porté essentiellement sur le désir de dynamiser le dialogue entre les différentes institutions en vue d’aplanir les divergences et les maux de la société malienne dans dans son ensemble et rétablir la coopération qui a toujours existé entre la Classe dirigeante, les pouvoirs religieux et les familles fondatrices et cela depuis l’ère des temps au Mali ».
Faut-il pour la gouverne :
Primo : acter qu’il y a des divergences entre les institutions de la République qu’on a appelé les notables et les chefs religieux pour les aplanir avec des bénédictions. Parce que même en Franc-Bambara on n’est tous d’accord qu’on n’aplanit pas, mais on résout les maux de la société malienne dans son ensemble.
Secundo : comprendre que, sinon qu’il s’agissait de «rétablir la coopération qui a toujours existé entre la Classe dirigeante, les pouvoirs religieux et les familles fondatrices… » si l’on sait qu’en poste depuis plus d’un semestre, c’est la première fois que Bah N’DAW daigne recevoir les vieux.
Est-ce en souvenir de cette bonne collaboration depuis les bons vieux temps qu’on appelle dans le franc-Bambara de Koulouba «depuis l’ère des temps au Mali » ? Qu’à cela ne tienne, Bah N’DAW ne devrait certainement accepter qu’on écarte à Koulouba les équivoques, mais devrait, s’il en avait connaissance, ordonner qu’on lève ces hypothèques et ces équivoques.
Enfin, même en période de Transition le service de la nation devrait rimer avec excellence, une certaine rigueur. Parce qu’on ne saurait ramener tout à une question de soutien. Et même là, il faut une certaine cohérence tout de même : le Président de la Transition qui saisit l’occasion pour réaffirmer tout son soutien à l’endroit des familles fondatrices et le Président de la Transition qui demande lors de la même rencontre le soutien bienveillant et les bénédictions des leaders religieux. C’est quelle histoire ça ? Je te soutiens, tu me soutiens ?
Un peu d’effort, et de rigueur au service de la République, non seulement en termes d’écriture, mais aussi, d’images (photo et vidéos), toutes choses que les activistes ne cessent de dénoncer.




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