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samedi 11 juillet 2020
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Bétisier

Pour obtenir la clearance  du gouverneur du District le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD), le Mouvement Espoir Mali Koura (EMK), et la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS) tentent de dorer la pilule de leur sédition en rassemblement de bons et loyaux citoyens qui demandent humblement grâce et protection de l’État. Au diable ! Vous ne pouvez pas crier sur tous les toits que vous appelez les Maliens à sortir pour demander la démission du Président de la République et ne pas avoir le courage d’assumer votre projet devant la première autorité à laquelle vous avez à faire : un (simple) gouverneur ! 

Manif du 5 juin : l’hypocrisie des organisateurs

Que ne feraient-ils alors s’ils devaient se retrouver face au ministre de l’Administration et de la décentralisation ! Devant le Premier ministre, Chef du Gouvernement ? N’essayez même d’imaginer ce qu’ils feraient s’ils étaient pris entre quatre yeux, en tête-à-tête avec Boua, pour lui dire gaillardement, nous venons recevoir ta démission au nom du ‘’peuple’’ et de nos ambitions incompressibles de pouvoir ?

Dans leur lettre d’information, d’un modèle de courtoisie et de révérence sans commune mesure, les factieux écrivent : ‘’   nous venons très respectueusement… (Comptons) sur votre sens d’engagement patriotique…’’ Si ce n’est pas de l’hypocrisie avec déploiement d’un véritable talent dithyrambique, c’est de la couardise de la part de gens qui n’arrêtent pas de plastronner et d’invectiver le Président IBK devant les médias. IBK, lui le Patron du Gouverneur du District de Bamako qui reçoit honneur, gloire et majesté, devant lequel ils s’aplatissent très respectueusement pour obtenir ce qui est dû, enfoncer une porte déjà ouverte. À moins qu’ils ne la sachent fermée pour fait de sédition.

Quelle est cette inconséquence à demander à un Président de la République et à son régime de rendre le tablier et de demander au gouvernement qui procède de ce même Président IBK de prendre des dispositions nécessaires pour que vous puissiez faire votre coup d’État ! Ah Dicko, Eh Dicko, ça c’est fort ! 

En restant vague sur la nature et les raisons de la manifestation, les organisateurs donnent toutes les raisons au gouverneur d’opposer une fin de non-recevoir à leur requête. Au fond, c’est peut-être leur vœu le plus ardent à voir toute la mise en scène autour de ce ‘’rassemblement’’ (marche pacifique avec casses et barricades ? Meeting d’information et d’intoxication ?), des gages qu’on se croit obliger de donner du genre, ‘’je n’ai pas peur d’être arrêté’’ qui doivent cacher une trouille, pardon une tremblote politico-religieuse.  

Manif du 5 juin : les mises en garde de la Cour constitutionnelle

Dans un communiqué, la Cour constitutionnelle dit constater avec regret que des partis politiques et Mouvements, au mépris des dispositions constitutionnelles légales et de l’orthodoxie républicaine diffusent sur les réseaux sociaux et dans les médias des propos insurrectionnels. La Cour constitutionnelle met en garde les manifestants et engage le Gouvernement à faire respecter scrupuleusement les lois de la République.

 Communiqué :

La Cour constitutionnelle du Mali porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale, que dans sa mission de veille et de garantie juridictionnelle de la Constitution et du fonctionnement régulier des Institutions de la république, elle constate avec regret que des partis politiques et Mouvements, au mépris des dispositions constitutionnelles, légales et de l’orthodoxie républicaine diffusent sur les réseaux sociaux et les médias : des propos insurrectionnels, subversifs, séditieux appelant à la démission, la première Institution, qu’est le président de la République.

La Cour constitutionnelle rappelle opportunément les dispositions constitutionnelles ci-après :

Article 24 : Tout citoyen, toute personne habitant le territoire malien a le devoir de respecter en toute circonstance la Constitution.

Article 25 : Le Mali est une République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique, laïque et sociale…

Article 28 : Les partis concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans les conditions déterminées par la loi.

Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie, de l’intégrité du territoire, de l’unité nationale et la laïcité de l’État.

Article 121 : Le fondement de tout pouvoir en République du Mali réside dans la Constitution…

La Cour, tout en condamnant ces agissements attentatoires à la cohésion sociale, s’insurge contre toutes velléités de remise en cause de la forme républicaine et la laïcité de l’État.

La Cour constitutionnelle engage le Gouvernement à faire respecter scrupuleusement, sans préjudice des dispositions pénales, les articles de la Constitution sus rappelés et la charte des partis politiques, en ses articles 45 et 46 et l’article 4 de la loi sur les associations libellés comme suit :

Article 45 : Les partis politiques ne doivent pas porter atteinte à la sécurité et à l’ordre public, ainsi qu’aux droits et libertés individuels et collectifs, etc. Aucun parti ne peut se constituer et s’organiser sur une base ethnique, religieuse, linguistique, régionaliste, sexiste ou professionnelle. Tout parti fondé sur une cause ou en vue d’un objet illicite contraire aux lois, aux bonnes mœurs ou qui a pour but de porter atteinte à l’intégrité du territoire national et à la forme républicaine de ‘Etat est nul et de nul effet.

Article 46 : Les partis politiques reconnus coupables d’infractions peuvent encourir les sanctions suivantes : l’avertissement ; la suspension ; la dissolution.

L’article 4 de la Loi n004-038/ du 05 août 2004 relative aux associations : Toute association fondée sur une cause ou en vue d’un objet illicite, contraire aux lois, aux bonnes mœurs, ou qui aurait pour but de porter atteinte à l’intégrité du territoire national et à la forme républicaine de l’État, est nulle et de nul effet.

La Cour constitutionnelle réaffirme sa détermination à poursuivre sereinement sa mission constitutionnelle dans le seul intérêt du peuple malien.




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