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mardi 11 août 2020
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Bétisier

Des réflexions lunaires et égocentrées ont tenu en haleine, le week-end dernier, les participants au show politique organisé par ABD, dans la Cité des rails. Les dividendes, en termes de rancune de ses collègues victimes de lâchage public, ne devraient pas manquer d’animer les causeries dans les travées de l’auguste Assemblée nationale, sérieusement saoulée depuis le lancement des manifestations exigeant sa dissolution ou tout au moins, l’organisation d’élections partielles. Voici votre BÊTISIER du jour !

Un populisme
impudent
Dans l’un de ses shows ce dimanche devant ses fans, le milliardaire décadent de député élu dans la capitale des rails, Aliou Boubacar DIALLO, blablate : « Kayesiens, je tiens tout d’abord à vous remercier pour l’opportunité que vous m’avez offerte de vous défendre à Bamako ». Sacré cousin national ! En peu de temps, il s’affirme et s’impose comme champion olympique de la bourde. Hier, il a gaffé, en tenant des propos qui ont hérissé les cheveux sur un ciboulot dégarni : « Franchement, je pense que vu le contexte social de crise au centre du Mali, avoir aujourd’hui un Premier ministre peuhl et un président de l’Assemblée nationale dogon peut participer à la cohésion sociale et un retour rapide de la paix ». Cette fois-ci, il fait une boulette monumentale en faisant ostensiblement étalage d’une inculture politique inqualifiable. En plus, il n’est pas modeste hein ! Ainsi, jusqu’à son intronisation à la dignité suprême de député, les pauvres hères de Kayes étaient orphelins, il n’y avait personne pour les défendre à Bamako. Les députés sortants n’en faisaient certainement une préoccupation. Et emporté par son élan populiste, il a oublié qu’il n’est pas député de Kayes, mais député élu à Kayes, qu’il est élu de la Nation et que c’est notre beefsteak à tous qu’il doit défendre à l’Assemblée nationale. Désormais, nous l’avons à l’œil ! Aucune dérive régionaliste ne sera plus tolérée ! Parole de bledard malien.

Le même
lamento…
Pour enflammer davantage ses spectateurs, déjà survoltés, il entonne la musique qu’ils aiment tous entendre et qu’ils reprennent en chœur dès que l’occasion se présente : « dans notre première déclaration politique du groupe Benso, j’ai tenu à ce que soit inscrit dans la prochaine loi des finances les universités régionales, le train de Kayes et l’amélioration du système de santé de Kayes. Je suis venu vous dire que je continuerai à vous défendre ». Comme diraient nos voisins, il chante bien ; mais assez fort. Ainsi, il suffirait de ressasser le même lamento pour que, comme par un coup de baguette magique, le business soit géré. C’est beaucoup plus compliqué que ça. Ce n’est pas une affaire wak, sinon ce serait fait, depuis tout ce temps qu’on a fait applaudir les gens à Kayes quand la bonne nouvelle de l’accord de financement de nouvelles machines a été balancée. Mais à l’applaudimètre, on peut parier que les fans ont beaucoup kiffé le morceau rococo. Mais vu que le DJ appartient à tous les bledards du Mali, les autres danseraient bien s’il entonnait un autre air du genre renforcer les capacités alimentaires de ceux dont les greniers ont été consumés, apporter une réponse appropriée à l’indigence sanitaire que nous avons tous en partage ; aider les gens à dormir des deux yeux au lieu d’un œil pour raison d’insécurité ; aider ceux qui ont dû détaler face à l’insécurité galopante à rentrer dans leur bled, besogner et vivre dignement de leur labeur. Première leçon de revendication parlementaire qu’un cousin dispense gracieusement à un autre cousin. Après tout, la boufferie intéresse tout le monde non !

Le flagrant délit d’autolâtrie
Le cousin national a saisi l’occasion pour jouer une autre musique qui tient en haleine tous les bledards du Mali depuis bientôt un mois. Le son du neo-député est : « s’il ne s’agissait que de ma personne, j’accepterais la dissolution (NDLR : de l’Assemblée nationale), puisque même si on reprenait dix fois je gagnerais ». Flagrant délit de gasconnade et d’autolâtrie. Ainsi, tant que Pouloh peut être réélu, an ka taa dron, on fonce, on s’en fout la mort ; tant pis pour les collègues députés qui meurent de trouille à l’idée de se soumettre une nouvelle fois à la sanction populaire. Les électeurs de Kayes portent des œillères ; ABD est le seul candidat qu’ils peuvent voir. Drôle d’exemple de solidarité parlementaire, si vraiment ça en était un ! En tout cas, il y aura beaucoup de rancune contre lui après cette tempête des râleurs de la République. Réélu ou pas, ils ne devraient pas kiffer ce lâchage d’une collègue.
‘’S’il ne s’agissait que de ma personne…’’ Ce business dépasse un seul député bien sûr ; c’est une question de stabilité institutionnelle. C’est pourquoi le Peulh aurait pu poser autrement son diagnostic, sans le lier à son mandat actuel ou à une éventuelle réélection en cas de dissolution de l’Assemblée nationale. Bref, prendre de la hauteur quoi !




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