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samedi 8 mai 2021
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Bétisier

Alors que le PM rappelle à l’observance de la loi les ministres récalcitrants sur la déclaration de leurs biens, depuis quelques jours, c’est le clash entre le ministère de la Santé et du développement social et la Direction de la Pharmacie et du Médicament au sujet d’une sulfureuse affaire de lot de sérum glucosé, mis en cause au Sénégal, distribué ou pas, selon les versions, sur le marché national, sans les indispensables investigations préalables. Parallèlement à ce scandale qu’on tente d’étendre avec l’énergie du désespoir, le ministère des Transports et des Infrastructures se fourvoie dans des mesurettes pour lutter contre la prolifération anarchique des motos tricycles et des motos-taxis, et de mieux réguler ce secteur. Il préfère la câlinothérapie au traitement de choc du bordel qui a nécrosé la circulation routière de la capitale des trois caïmans. C’est la substance de votre BÊTISIER du jour.

Santé : un gluco-business convulsif

Le 26 novembre 2020, le Directeur de la Pharmacie et du Médicament les responsables d’établissements pharmaceutiques par lettre circulaire : ‘’par la présente, je vous invite à suspendre toute distribution du lot N° 220051301 du Sérum Glucosé 5%, flacon de 500 ml ampoule injectable du fournisseur HUMANWELL PHARMA MALI en attendant les investigations en cours auprès des services compétents. Convaincu de votre engagement pour le bien-être de nos populations, j’attache du prix à l’exécution des termes de la présente’’. La dose était suffisante pour mettre en convulsion le ministère de la Santé et du développement social visiblement dans le dur. Comment sortir de cette crise spasmodique ? Dès le lendemain 27 novembre, le ministère de la Santé et du développement social du Mali, condamné désormais à des contorsions ridicules, y va à son tour de sa dose de sérum glucosé pour une thérapie de choc par une décision loufoque d’injecter dans l’opinion un antidote communicationnel : ‘’(…) Le ministère de la Santé et du développement social du Mali informe l’opinion nationale que CE LOT MIS EN CAUSE N’EST PAS DISTRIBUE SUR LE MARCHE MALIEN.
Toutefois, le ministre de la Santé et du développement social du Mali a ordonné des investigations sur la qualité de la chaîne de production et de distribution des solutés massifs de HUMANWELL PHARMA.
En attendant les résultats de ces investigations, le ministère de la Santé et du développement social, à travers la Direction de la Pharmacie et du Médicament, invite les responsables des établissements pharmaceutiques et les prestataires de soins à plus de vigilance pour éviter une éventuelle utilisation du lot mis en cause au Sénégal’’. Mon œil ! Une assurance en trompe-l’œil des populations.
Qui mieux que la Direction de la Pharmacie et du Médicament sait qu’un produit est distribué au Mali ou pas ? Quand elle dit stop à la distribution, c’est que c’était distribué. Ce, d’autant plus que sa mission c’est de : définir la réglementation pharmaceutique ; instruire et suivre les dossiers d’autorisations de mise sur le marché national des médicaments ; élaborer et mettre en œuvre les programmes nationaux des médicaments ; développer les outils d’aide à l’usage rationnel des médicaments ; assurer le suivi et l’évaluation de la politique pharmaceutique nationale.
Qui croit que cette contre-offensive contribuera à casser l’engrenage du soupçon sur une cassure dans la chaîne de production et de distribution en médicaments du bled ?
Le ministère de la Santé et du développement social savait bel et bien que ce stock N° 220051301 du Sérum Glucosé 5%, flacon de 500 ml ampoule injectable du fournisseur HUMANWELL PHARMA MALI était en circulation sur le territoire malien. Mais, il a brillé par un mutisme tintamarresque.
Il a fallu que la Direction de la Pharmacie et du Médicament se mette à brailler, en brisant l’omerta qui entourait un business pour que le ministère de la Santé et du développement social retrouve l’usage de la langue.
Le ministère de la Santé et du développement social du Mali savait que ce lot était mis en cause au Sénégal ; on a quand même permis son introduction au Mali pour s’abriter après derrières des investigations qui devraient être faites a priori, non a posteriori.
Patatras ! La sainte alliance est clamsée. Blague et mauvaise rime à part, il a dû y avoir de la chicane entre larrons en foire du ministère de la Santé et du développement social et la Direction de la Pharmacie et du Médicament pour que cette dernière fracasse le deal et prenne le risque d’intoxication médicamenteuse d’étaler à la face du monde sa défaillance dans sa mission ‘’d’instruire et suivre les dossiers d’autorisations de mise sur le marché national des médicaments’’.
À moins que le remords du professionnel de la santé ne l’emporte sur les velléités mercantilistes. Difficile de piquer la mort aux gens, sans que la conscience ne gronde un peu quoi. Halte au capitalisme sanitaire !




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