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lundi 19 avril 2021
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Bicéphalisme au bureau national AEEM: la tension couve, le silence des autorités

Depuis au moins deux semaines, la tension couve sur le front scolaire et universitaire. À l’origine, l’organisation et la tenue du 23e congrès ordinaire de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) qui s’est finalement tenu, les 9 et 10 avril derniers, dans des conditions confuses. Depuis, 2 camps revendiquent la paternité du bureau de coordination : Abdoul Salam Togola et Ibrahim Traoré, secrétaire général du bureau sortant.
Pour le moment, les départements ministériels concernés se déguisent en observateurs, alors que la situation n’est pas sans conséquence sur le fonctionnement normal de l’espace scolaire et universitaire.

Le 23e congrès de l’AEEM, mainte fois programmé, a amorcé un tournant décisif, les 9 et 10 avril derniers. Les responsables des 2 clans, malgré leur appartenance au bureau sortant, ont tenté de trouver la solution à leurs préoccupations, chacun à son niveau et à sa manière. Ainsi, Abdoul Salam Togola, non moins secrétaire général adjoint du bureau sortant et ses hommes ont investi la Colline de Badalabougou, dès samedi, pour organiser un congrès dans l’amphi de la FAST.
De son côté, le secrétaire général sortant, Ibrahim Traoré, et les siens, ont choisi l’amphi de l’INA (Institut national des arts).
Au soir du dimanche 10 avril, jour d’élection, l’Association des élèves et étudiants se retrouve avec deux bureaux, réclamant chacun la légalité et la légitimité, une première d’ailleurs dans l’histoire de l’organisation estudiantine.
Selon Abdoul Salam Togola, qui a organisé, la semaine dernière, une conférence de presse, son adversaire n’était pas dans la logique d’organiser un congrès et voulait s’imposer à tout prix à la tête de l’association. La preuve est que le congrès a été reporté à plusieurs reprises.
« Il a pris l’argent des partenaires : 10 millions du ministère de l’Éducation nationale et 2 millions de FCFA du Centre national des œuvres universitaires (CNOU) avant de se mettre dans une logique de sabotage du congrès, avec comme seul objectif de se maintenir à la tête de l’organisation », a confié M. Togola.
C’est à la suite de ce constat que lui et les siens ont voulu reprendre les choses en main en cherchant d’autres moyens avec des partenaires pour renouveler les instances de l’AEEM, nous a-t-il indiqué.
« Voyant sa défaite venir, il a saboté le congrès national en organisant son congrès à lui, à l’INA (Institut national des arts). Mais le congrès qui a regroupé tous les élèves et étudiants du Mali, de Kayes à Gao, en présence des partenaires (les deux départements de l’Education et les anciens de l’AEEM) s’est tenu dans l’amphithéâtre de la FAST, comme il en toujours été ainsi, depuis quelques années. À l’issue des travaux, Abdoul Salam Togola a été élu comme secrétaire général, son adjoint est M. Moussa Niangaly », a indiqué le conférencier.
Le secrétaire général sortant, Ibrahim Traoré, que nous avons aussi rencontré, a une autre version des faits. Selon lui, c’est le congrès à lui tenu à l’INA qui a enregistré la participation des délégués venus de l’intérieur et de Bamako. En effet, selon M. Traoré, lui et ses camarades ont été interdits d’accès à la colline par les forces de l’ordre, le jour du congrès. C’est pour cette raison qu’ils ont choisi l’amphi de l’INA pour tenir leur congrès. Ibrahim Traoré accuse le camp adverse d’être manipulé par le député Moussa Timbiné, non moins ancien membre de l’AEEM ayant siégé au sein de la Commission scientifique, ces anciens qui ont pour charge de former et de prodiguer des conseils aux jeunes à chaque congrès.
Pour beaucoup d’observateurs, ce dernier n’est pas un partisan de l’apaisement de notre école.
« Sans les manœuvres du député Timbiné, Abdoul Salam et moi sommes à mesure de nous comprendre parfaitement. Nous sommes des camarades de longue date et nous nous connaissons suffisamment pour nous entredéchirer », nous a confié Ibrahim Traoré.
Pour le moment, les deux départements ministériels (l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur, les partenaires sociaux) observent, dans le silence, la situation.
Joints par nos soins, des responsables au sein de ces deux départements estiment n’avoir participé à un quelconque congrès de l’AEEM. Aussi, n’ont-ils pas encore été saisis par un bicéphalisme à la tête de l’organisation, donc observent la situation comme tous les Maliens.
Pour le moment, nous assistons à un bicéphalisme à l’AEEM dont les conséquences peuvent être préjudiciables au fonctionnement normal de l’année scolaire et universitaire pour qui connaissent les méthodes actuelles d’agissement de l’AEEM.

Par Sidi Dao




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