Billet: presse et déonthologie

« L’affaire Ras Bath » remet au goût du jour la question de la liberté de la presse, non pas que les journalistes maliens soient brimés, mais parce qu’on avait du mal à croire qu’il existe une loi sur la presse fixant des règles qui s’imposent à tous, tant l’information est par moments traitée avec peu de rigueur. Il n’y a pas si longtemps, le Président de la République lui-même était pris à partie, calomnié sans que cela suscite la moindre réaction. Et que dire de ce qui s’est passé il y a quelques années lorsqu’un prédicateur s’était attaqué à plusieurs responsables d’institutions, dont le Président de la République de l’époque, appelant même au meurtre de celui-ci, sans susciter aucune poursuite ?
On peut donc dire qu’il y a eu pire dans ce pays avant cette affaire Ras Bath, sans réveiller un chat qui dort ! C’est la raison pour laquelle les contestataires ont vu dans son arrestation une injustice, un déséquilibre dans le traitement. Qu’est-ce qui a donc pu se passer pour que son émission devienne subitement un cas pendable ? Le changement d’homme ? Une nouvelle approche de la liberté de la presse ? Ce qui est constant, c’est que les institutions de la République et ceux qui les incarnent doivent être protégés. L’armée nationale et l’ensemble des forces de sécurité doivent, en ces périodes de trouble et d’incertitude, être systématiquement soutenues et encouragées. Mais le droit à l’information du citoyen et la liberté de la presse consacrés par la Constitution, ne peuvent non plus être remis en cause.

Les obligations de base du journaliste sont connues : la conformité aux faits, la liberté du commentaire, le traitement équitable de l’information. Et aucun tribunal n’arrivera jamais à juger un homme de presse mieux que ses lecteurs, ses auditeurs et ses pairs !

Mahamadou CAMARA
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