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mardi 17 juillet 2018
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Blanchiment des capitaux, financement du terrorisme: les Banques maliennes en ordre de bataille

La salle de conférence du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) a abrité, hier jeudi, les travaux de la session de formation et de sensibilisation des responsables de la conformité des Banques du Mali. Initiée par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), cette rencontre visait à mettre à niveau les responsables des banques et établissements financiers en renforçant leurs capacités dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et financement du terrorisme (LBC/ FT).

L’ouverture des travaux était présidée par le représentant du ministre de l’Économie et des finances, Souahibou DIABY, en présence du représentant de la CENTIF, Mme Touré Aminata TRAORE ; du représentant l’Association des professionnelles des Banques et établissements financiers du Mali (APBEF), Mary BAH, etc.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une série de formations que la CENTIF prévoit d’organiser à l’intention des différentes catégories d’assujettis.
Elle visait, entre autres, à informer et sensibiliser les responsables de conformité des banques et établissements financiers sur les initiatives de la nouvelle loi anti-blanchiment et le financement du terrorisme. Il s’agissait aussi de faire savoir aux responsables des banques et établissements financiers les obligations qui leur incombent dans la mise en œuvre du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
De même, à travers cette rencontre, la CENTIF entendait susciter la participation et l’adhésion totale de cette catégorie d’assujettis cible à l’effort de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
La criminalité transnationale, à travers le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, révèle, selon les responsables de la CENTIF, d’une capacité réelle d’infiltrer les sphères économiques et financières l’échelle nationale et internationale. Elle constitue une menace pour la paix et la sécurité dans le monde.
Toujours selon les mêmes responsables, la prise de conscience de son ampleur a conduit plusieurs autorités à se concerter et à concevoir une réponse appropriée. Ainsi, la riposte s’est traduite par l’organisation et la mise en place d’un dispositif planétaire de traque contre la finance noire, notamment à travers les Résolutions pertinentes des Nations Unies et les Recommandations édictées par le Groupe d’Action financière (GAFI).
Au plan sous-régional, le Groupe d’action intergouvernemental contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) créé en 2000, à l’initiative des Chefs d’État de la CEDEAO, a mis en place des mesures appropriées pour évaluer le dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) dans l’ensemble des pays membres.
Aussi, dans un souci d’efficacité, d’harmonisation et d’intégration économique, les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) mutualisent leurs expériences en adoptant deux directives respectivement en 2002 et 2004, qui traitent distinctement de la lutte contre le blanchiment d’argent et du financement du terrorisme.
Les deux directives ont toutes deux été transposées dans la législation nationale du Mali, créant ainsi, conformément aux recommandations du GAFI, un organisme central chargé de la prévention et de la répression des infractions financières : la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
L’objet de cette loi est de déterminer les mesures visant détecter et décourager le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération ainsi qu’à faciliter les enquêtes et les poursuites y relatives.
À l’ouverture des travaux, Souahibou DIABY, conseiller technique au ministère de l’Économie et des finances, a félicité les responsables de la CENTIF qui, de son avis, ne ménagent aucun effort pour s’attaquer aux grandes préoccupations du moment, à savoir le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Selon M. DIABY, la lutte contre ce fléau nécessite une vigilance accrue à tous les niveaux de l’économie nationale, dans la mesure où les criminels sont toujours à l’affût en train d’affiner leurs techniques visant à contourner les dispositifs législatifs et réglementaires pour parvenir à leurs fins destructrices.
Aux termes de cette journée de formation intensive, animée par les formateurs agréés par l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), les participants ont été outillés sur : les notions de base du Blanchiment de Capitaux et du Financement du Terrorisme ; la présentation de la CENTIF et de ses missions ; les indices de blanchiment ; les obligations des banques dans la Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme ; les différents types de sanctions encourues en cas de non-respect du dispositif légal, etc.

Par Abdoulaye OUATTARA




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