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vendredi 24 septembre 2021
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Boycott des examens: la raison a finalement prévalu

Après la première journée des épreuves de BT1 et BT2, très mouvementée, le calme est revenu dans les centres d’examen hier mardi. Les enseignants qui avaient décidé de boycotter la tenue des examens de fin d’année ont finalement fait marche arrière. Probablement qu’ils ont mis en avant en avant l’intérêt des enfants innocents en renonçant à la désobéissance civile. Il reste à savoir si les syndicalistes adopteront la même posture pour les autres examens de fin d’année.

Pour s’assurer du bon déroulement des épreuves de BT1 et BT2, madame la ministre de l’Éducation nationale a effectué, hier mardi, une visite au Lycée Askia (académie rive gauche de Bamako). L’objectif était de s’enquérir des conditions dans lesquelles se tiennent les épreuves du BT, pour cette deuxième journée.
Dans ce centre d’examen, madame la ministre a constaté la présence de toutes les parties prenantes: les administrateurs d’école, les surveillants, les secrétaires, les candidats et les forces de l’ordre.
Un communiqué du département de l’Éducation précise que les épreuves ont démarré à 8h00 dans le calme.
‘’Toutes les conditions sont donc réunies pour la bonne tenue des épreuves’’, rassure le ministère de l’Éducation nationale.
Madame la ministre a profité de sa visite pour rassurer les candidats quant à leur sécurité et a prodigué des conseils, tout en leur souhaitant bonne chance.
Un adage bien connu dit: « Ma liberté s’arrête là où commence celle des autres «.
Il semble que les enseignants ont finalement assimilé le sens de ce diton, après une première journée d’application de la stratégie de désobéissance civile.
Si la grève est un droit indéniable pour tout travailleur, les élèves aussi ont le droit d’examiner dans la quiétude après des mois de cours. Voilà la précieuse leçon que beaucoup ont rappelé aux enseignants.
L’application de la désobéissance civile décrétée par la synergie des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre n’a pas été appréciée par l’opinion malienne dans sa grande majorité. Pour cause, la désobéissance civile des enseignants intervient au moment où les élèves sont en examens de fin d’année.
L’on se rappelle que l’année passée, beaucoup de Maliens ont soutenu les enseignants dans leur combat pour l’application de l’article 39. Aujourd’hui, beaucoup parmi ces soutiens d’hier trouvent que les enseignants exagèrent en empêchant les élèves d’examiner. Pire, les Maliens ont déploré le comportement des enseignants qui se sont donnés en spectacle devant les élèves. Ce comportement de leur part a suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux.
Visiblement dépassé par cette posture radicale de ceux et celles qui ont la responsabilité d’instruire et d’éduquer les enfants, un observateur a écrit :
« Ma liberté s’arrête là où commence celle des autres. Et si ceux-là qui nous ont appris ce bon code de conduite, seraient-ils en passe de l’enfreindre aujourd’hui ? Parlons-en sans langue de bois. Les enseignants ont, certes, le droit de grever, cela est indéniable; mais de là à ôter le droit aux enfants ainsi qu’à leurs parents de boucler l’année est un pas qu’il ne fallait pas franchir. Le Rubicon est dépassé cette fois. Sachons raison garder. Que les syndicats des enseignants reviennent à de meilleurs sentiments. Cette étape particulièrement difficile pour notre pays sied mal à un cycle de revendications syndicales, toute chose susceptible de l’affaiblir davantage. Ces êtres si fragiles, si innocents que sont nos enfants n’ont pas à payer pour nos agissements et bras de fer. Aujourd’hui leur hypothétique avenir est plus que jamais menacé, ils doivent, à cet effet, être protégés par tous les moyens( légaux) . Je ne prends pas parti, je fais de la légitime défense comme je l’ai si bien compris avec les juristes ! »
Apparemment, après une première journée de désobéissance civile marquée par des accrochages avec les forces de l’ordre, des blessures, des arrestations et des ennuis causés aux candidats, les enseignants sont revenus à de meilleurs sentiments. Ils ont sûrement entendu les messages d’appel à la retenue en mettant en avant l’avenir des enfants et l’image de la profession enseignante.
Pour certains, la période des examens n’est pas le moment pour perturber les activités scolaires, même si les enseignants ont le droit de faire des revendications. Les syndicats d’enseignants gagneraient mieux en crédibilité s’ils attendaient la rentrée prochaine pour exercer leur droit à la grève au cas où ils ne trouveraient pas un accord avec les autorités.
En attendant, espérons qu’ils sachent raison garder en permettant l’organisation des autres examens de fin d’année dans le calme et la quiétude.

PAR MODIBO KONÉ




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