Branchements sociaux à l’eau potable: la bataille de la CAEPHA

La Coalition malienne pour l’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement (CAEPHA), en partenariat avec WaterAid, a organisé hier, dans un hôtel de la place, une conférence-débat sur le thème: «Droit d’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement au Mali».

La conférence s’inscrivait dans le cadre d’un partage d’expériences relative aux branchements sociaux dans les communes I, IV et VI et pour la mise à l’échelle des autres communes du district de Bamako. Différents thèmes ont été développés dont celui central de la problématique des branchements sociaux.

La présidente de la CAEPHA, Mme COULIBALY Salimata DIARRA, en campant le décor, a souligné que les efforts actuellement déployés pour les branchements sociaux dans les quartiers périphériques étaient en deçà des besoins des populations.

En rappelant des statistiques de la Direction nationale de l’hydraulique (DNH), selon lesquelles, la couverture nationale est de 64% pour l’accès à l’eau potable, soit environ 9,9 millions de personnes sur les 14 millions de Maliens, et seulement de 22%, soit 3,5% pour l’assainissement, la présidente a mis le doigt sur un déficit pouvant impacter négativement la santé des populations, le développement durable. Toutes choses qui lui ont fait dire que plus que jamais la synergie d’action doit être de mise pour inverser cette tendance fâcheuse.

L’un des temps forts de la conférence a été l’exposé de la Société malienne de gestion du patrimoine de l’eau (SOMAGEP). M. DIARRA qui la représentait a reconnu l’accès limité des populations aux branchements sociaux. Il faut 120 000 FCFA pour se connecter à un réseau. Ce qui n’est pas à la portée de beaucoup d’habitants qui quand bien même le réseau aurait été densifié, ne pourrait jamais se connecter, a fait savoir le spécialiste.

La stratégie à développer pour combler ce gap, a-t-il soutenu, porte sur la mise en place d’une ingénierie sociale spécifique en la matière, identifier les besoins de chaque quartier afin d’y apporter les réponses appropriées.

Quant aux types de réponses qu’apporte la SOMAGEP, ils concernent l’installation de bornes fontaines où plusieurs personnes peuvent s’alimenter; faire bénéficier du réseau disponible.

Le fait étant établi qu’il y a un déficit en matière de branchements sociaux aux réseaux de distribution de l’eau potable des programmes sont en cours de finalisation avec deux zones cibles.

La première zone est couverte par le Projet de Kabala. D’un montant d’environ 200 milliards FCFA, il contribuera à la densification du réseau d’adduction de l’eau potable, à travers toute la ville de Bamako.

La seconde zone est couverte par le Projet PROSCA/PADS concernant Kayes, Kati, Sikasso et Koutiala. La SOMAGEP a expliqué que le choix de ces localités était dicté par les impératifs d’un plan d’investissement et n’excluent en rien les nombreuses autres localités du pays. L’objectif poursuivi, a expliqué M. DIARRA, est d’assurer un accès durable à l’eau potable dans les zones ciblées.

En termes de perspectives, il a annoncé que des investissements à hauteurs de 13 milliards de francs CFA étaient prévus dans les années à venir pour permettre à 1 millions de personnes de bénéficier des branchements sociaux.

Relativement aux tarifs pratiqués, le représentant de la SOMAGEP a fait savoir que les tarifs sociaux du Mali (113 FCFA pour 0 à 10 m3) sont les plus bas de la sous-région et que les tarifs moyens (300 FCFA pour 0 à 10 m3) étaient les plus concurrentiels. Il en veut pour preuve que l’UNTM qui revendique une réduction des tarifs d’électricité s’est gardée de parler de l’eau en sachant qu’elle ne pouvait pas le faire sans ébranler la structure économique qui le soutient.

Une situation, a-t-il justifié, due en grande partie au combat des organisations de la société civile.

Il n’a cependant pas manqué de souligner que 80% du financement du secteur de l’eau vient de l’extérieur. Prenant ainsi en compte une des préoccupations phares de la CAEPHA qui ne cesse de plaider pour sortir de cette dépendance.

Par Bertin DAKOUO

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *