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samedi 21 mai 2022
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Bras de fer Mali-CEDEAO: vaincre ou périr

Le sommet extraordinaire de la CEDEAO sur la situation dans notre pays, du dimanche 9 janvier, a été sanctionné par une série de sanctions. Ces sanctions qui vont de la fermeture des frontières, à la suppression de toutes les transactions commerciales, en passant par le gel des avoirs de la République et la suppression de toutes les aides financières, suscitent de vives réactions au sein de l’opinion nationale et sous régionale. Elles donnent l’occasion au peuple malien de se mobiliser comme une seule personne au chevet de la Mère patrie qui traverse une période difficile. Donc, l’heure est venue de vaincre ou de périr.

En effet, à l’issu de son sommet extraordinaire de ce week-end la CEDEAO a décidé de maintenir les sanctions initiales déjà imposées au Mali et aux autorités de la transition.  Aussi, a-t-elle décidé d’imposer des sanctions économiques et financières supplémentaires. Ces sanctions supplémentaires comprennent la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la CEDEAO et le Mali ; la suspension de toutes les transactions commerciales entre les pays de la CEDEAO et le Mali, à l’exception des produits suivants : biens de consommation essentiels ;  produits pharmaceutiques;  les fournitures et équipements médicaux, y compris le matériel pour le contrôle du COVID-19 ;  produits pétroliers et électricité ; gel des avoirs de la République du Mali dans les Banques Centrales et Commerciales de la CEDEAO ;  suspension du Mali de toute aide financière des institutions financières de la CEDEAO (BIDC et BOAD).

La réplique du gouvernement ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué dans la nuit du dimanche au lundi, le Gouvernement affirme avoir appris avec stupéfaction les sanctions économiques et financières prises à l’encontre du Mali à l’issue des sommets extraordinaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest  (CEDEAO) et de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (CEDEAO), tenus le 09 janvier 2022 à Accra, en République du Ghana.

Le gouvernement souligne que ces mesures contrastent avec les efforts fournis le Mali et sa disponibilité au dialogue en vue de trouver un compromis avec la CEDEAO sur le chronogramme des élections.

« Le Gouvernement du Mali condamne énergiquement ces sanctions illégales et illégitimes prises par l’UEMOA et la CEDEAO, organisations pourtant fondées sur la solidarité et l‘idéal panafricain, curieusement au moment où les Forces Armées Maliennes engrangent des résultats spectaculaires dans la lutte contre le terrorisme, ce qui n’était pas arrivé depuis plus d’une décennie », peut-on lire dans le communiqué.

Concernant l’UEMOA, le gouvernement estime qu’un embargo décidé par les Chefs d’État et de Gouvernement, applicable à un État souverain constitue une violation manifeste du Traité de l’UMOA et des statuts de la BCEAO.

En outre, précise-t-il, le gel des avoirs d’un État, des entreprises publiques et parapubliques ne saurait être appliqué par la Banque centrale qui reste un organe indépendant auquel chaque État membre a concédé son droit souverain d’émission.

Concernant la CEDEAO, le Gouvernement dénonce et rejette les décisions suivantes qui ne sont fondées sur aucun texte communautaire : la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la CEDEAO et le Mali ; la suspension des transactions commerciales entre les pays de la CEDEAO et le Mali, le gel des avoirs de la République du Mali dans les banques centrales de la CEDEAO, le gel des avoirs de l’État malien et des entreprises publiques et parapubliques dans les banques commerciales des pays de la CEDEAO.

Par ailleurs, le Gouvernement du Mali regrette que des organisations sous régionales ouest africaines se fassent instrumentaliser par des puissances extra régionales aux desseins inavoués.

C’est pourquoi le Gouvernement du Mali a décidé de prendre toutes les mesures nécessaires en vue de riposter à ces sanctions malencontreuses. Il a vigoureusement déploré le caractère inhumain de ces mesures qui viennent affecter les populations déjà durement éprouvées par la crise sécuritaire et la crise sanitaire, notamment celle de la COVID-19.

D’ores et déjà, sur la base de la réciprocité, le Mali décide de rappeler ses Ambassadeurs accrédités dans les États membres de la CEDEAO et de la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec les États concernés.

Ces décisions courageuses des autorités de la transition ont été accueillies avec beaucoup d’amertume et d’indignation par le peuple malien. La détermination des Maliens à soutenir les autorités de la transition pendant ces moments difficiles ne souffre de l’ombre d’aucun doute.

Depuis l’officialisation des sanctions de la CEDEAO, les messages de galvanisation ont envahi les réseaux sociaux. L’on peut lire des messages comme : « le vin est tiré et il faut le boire. Cette foi on va le boire jusqu’à la lie’’. ‘’On lave le linge sale à la maison. Faisons bloc contre les ennemis de l’extérieur’’. ‘’Force, courage, abnégation et surtout sacrifice sont désormais les maîtres mots. Ensemble, nous résisterons. Ensemble, nous vaincrons’’. ‘’Il faut créer nos propres outils de défense’’. ‘’Nous tiendrons tête’’. ‘’S’unir pour défendre l’héritage commun, le Mali’’…

Dans la sous-région également, de nombreux messages de soutien ont été adressés aux autorités de la transition et au Peuple Malien. L’activiste Kemi Séba a réagi en ces termes : « les sanctions de la CEDEAO contre le Mali sont les sanctions de l’Occident et de ses valets africains contre un État Afro-souverain. Un État qui veut s’éloigner de l’Occident et emprunter d’autres voies. La persécution du Mali nous est inacceptable. Nous ne laisserons pas cette injustice passer ».

De son côté, l’ancien ministre burkinabé de la culture, Tahirou Barry, s’insurge : « les sanctions du 9 janvier de la CEDEAO contre le Mali sont illégales, injustes et inappropriées. Quand une CEDEAO ferme les yeux sur les violations flagrantes des constitutions et les graves atrocités terroristes et retrouve une subite vitalité quand des nations décident souverainement de prendre leur destinée en main, le paradoxe est révoltant.

La CEDEAO, en décidant d’étouffer aveuglement le peuple Malien prouve définitivement qu’elle n’est plus un instrument des peuples mais plutôt un bras souterrain de certaines puissances occidentales avec la caution d’un puissant syndicat de chefs d’État de la sous-région africaine. Que Dieu réconforte les peuples qui luttent dignement pour se libérer ».

PAR MODIBO KONÉ




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