Search
jeudi 21 novembre 2019
  • :
  • :

Bridage de la marche des Mollahs: les billets de banque ont circulé

Frappé de discrédit pour ses promesses non tenues, pris en étau sur le double front des Mollahs et des faucons du RPM, lesquels ont en commun la demande de son limogeage, le Chef du Gouvernement, en plein désarroi, a sorti de sa manche la carte la plus hasardeuse : la corruption. Pour brider la marche des Mollahs du vendredi dernier, l’argent a coulé à flots, selon des sources bien introduites.

Le discrédit

Frappé de discrédit ? C’est un doux euphémisme en convoquant quelques faits majeurs.

Le Tigre a promis, en fanfare, le désarmement de toutes les milices, au cours d’une mission dans la région de Mopti, en 2018. Aucune milice ne l’a été. L’opération de rachat, qui a consisté à prononcer la dissolution de l’Association Dan Nan Ambassagou, a vite révélé une tartuferie de classe exceptionnelle, parce qu’elle est différente de la confrérie des chasseurs mise en cause.

Il a promis la sécurisation des populations maliennes, en général, et celles du Centre, en particulier. En effet, en faisant sa Déclaration de Politique Générale devant le l’Assemblée nationale, il a dit : ‘’l’action que le Gouvernement se propose de conduire, si votre auguste Assemblée lui accorde sa confiance, sera fondée sur ces orientations du Président de la République, déclinées en quatre axes majeurs : poursuivre la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger ; endiguer l’insécurité grandissante dans le Centre du pays ; satisfaire la demande sociale par l’accélération de la mise en œuvre du Programme présidentiel d’urgences sociales ; organiser des élections transparentes, crédibles et apaisées.

En fait d’endiguer l’insécurité grandissante dans le Centre du pays, les morts ne se comptent plus par dizaines, mais par centaines à présent, alors que le nombre des blessés explose et que le climat général est devenu plus anxiogène que jamais.

D’ailleurs, à en croire de nombreux observateurs, il serait lui-même l’un des facteurs déstabilisateurs du Centre, question d’imposer aux esprits non avertis la nécessité de son maintien par une logique rudimentaire selon laquelle il a vaincu tous les scepticismes en organisant l’élection du Président de la République et qu’il réussira par conséquent le miracle d’arriver à bout de la pagaille organisée au Centre.

Il a promis une conférence sociale sur la question générale des salaires pour voir comment traiter cet aspect de notre vie de manière durable en tenant compte des ressources et dans l’équité.

Cette conférence sociale a été remise à la Saint-Glinglin.

Même s’il ne détient pas le record du nombre des grèves, il restera dans l’histoire comme celui qui est sorti publiquement avouer son incapacité à satisfaire les revendications corporatistes et reconnaître par la même occasion que sa fameuse conférence sociale n’était que stratagème.

Ainsi, celui qui est arrivé comme un sauveur, sinon le sauveur, est apparu, aux yeux d’une grande partie de l’opinion nationale qui l’a, du reste toujours regardé en chien de faïence, comme faisant partie du problème, s’il n’est simplement pas le problème. Le discrédit, dès lors, pourrait s’avérer être clément comme sanction populaire.

Mais, un sentiment diffus de mécontentement, sur les rives du Joliba, on le snobe, il ne peut émaner ou être inspiré que par des aigris de la République. Une conception étriquée qui ouvre la porte à toutes les dérives imaginables.

Panique en la demeure

Par contre, la démonstration de force du Président du Haut conseil islamique, avec la bénédiction du Chérif de Nioro, ce dimanche 10 février 2019, au Stade du 26 Mars, avec à la clé une seule exigence phare, à savoir le limogeage du Premier ministre, a forcément été ressentie comme un séisme. Ce n’était qu’une alerte.

À l’annonce de la réplique, ce vendredi 5 avril, alors que le mercredi, à l’Assemblée nationale, des faucons du RPM réclamaient ouvertement la tête du Premier ministre, a fini par semer la panique générale dans les rangs des partisans du Premier ministre.

L’honorable DIARASSOUBA soutenait en effet : «(…) ce gouvernement, dans sa taille et dans sa compétence, ne peut pas nous amener dans les réformes (…)». Le député baroudeur n’était que la voie de tous les radicaux qui estiment qu’il est venu l’heure où les choses doivent être mises à l’endroit : la Primature au Parti présidentiel.

Face à l’immensité du péril, la réponse des partisans du Premier ministre, résolus à secours de leur chef, n’a été qu’un pathétique bidouillage consistant à mettre à contribution la presse pour une mission commando de déstabilisation des Mollahs (renforcés par d’opportunistes hommes politiques) en ce qui est de leur motivation. À cet effet, l’on apprend de bonnes sources qu’à défaut d’empêcher la marche comme cela a été le cas avec la société civile, les billets de banque ont circulé pour qu’elle ait le moins d’écho possible. Là où les billets de banque n’étaient pas nécessaires, le pouvoir discrétionnaire a prévalu. La campagne médiatique déstabilisatrice des religieux est étalée dans le temps, comme cela pourrait être constaté dans certaines parutions de ce jour.

L’on remarquera également que même les plus voraces de l’information malienne, au plan international, ont privilégié les rassemblements des Algériens (de moindre importance dans l’échelle des valeurs de l’information).

La bourde monumentale

À l’évidence, la communication des partisans du Premier ministre a été maîtrisée et peu ou prou efficiente.

Cependant, la bourde des corrupteurs et autres ‘’brideurs’’ de la liberté d’expression est de sacrifier le solide au clinquant. Et pour cause, l’on peut toujours chercher à contrôler la portée médiatique d’une manifestation. Mais il restera le mobile de cette manifestation qui peut se décliner en incurie, en dérive affairiste, en insécurité, en mauvaise gestion de l’école, en mauvaises conditions de vie de la population… C’est cela le réel, le vrai problème qu’il faudrait chercher à endiguer, au lieu de privilégier une stratégie de contournement, en lâchant la proie pour l’ombre. Parce que quand 50 000 personnes (30 000 selon les sources sécuritaires) battent le pavé, il y a forcément un problème.

En optant pour une stratégie où le superficiel chasse l’essentiel, le Premier ministre vautré dans le confort de l’inefficacité est forcément sur le fil du rasoir.

À suivre…

PAR BERTIN DAKOUO

 




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *