Cadre partenarial pour l’emploi et formation professionnelle: les acteurs tracent la trajectoire

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Les travaux de la 3e session du cadre partenarial d’orientation et de suivi de l’emploi et de la formation professionnelle se sont tenus, hier lundi, dans les locaux du ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle.

En absence du chef du gouvernement empêché, l’ouverture des travaux était présidée par le ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, Mahamane BABY, en présence de plusieurs autres membres du gouvernement.

Un dialogue de haut niveau
Le cadre partenarial d’orientation et de suivi de l’emploi et de la formation professionnelle, est un espace de dialogue de haut niveau sur les questions qui concernent les problématiques de création d’emplois dans notre pays et de l’insuffisance de qualification des ressources humaines. Il regroupe les membres du gouvernement, les représentants des organisations patronales, syndicales, la Société civile et des partenaires techniques et financiers,
À l’entame de ses propos, ministre Mahamane BABY, a tenu à remercier l’ensemble des participants pour l’intérêt majeur porté à cette rencontre. Selon lui, si le problème du chômage reste un phénomène mondial, l’offre d’emplois décents et pour tous est son pendant et constitue la préoccupation la mieux partagée par son département, parce qu’elle est la condition dont dépend la préservation de l’équilibre, de l’équité, de l’égalité des chances et de la paix dans le monde.
Selon les statistiques officielles, en Afrique subsaharienne, une région où plus de la moitié de la population a moins de 25 ans, quelque 11 millions de jeunes feront chaque année leur entrée sur le marché du travail, au cours de la prochaine décennie.

Des statistiques qui interpellent
Pour le ministre BABY, ces statistiques interpellent les dirigeants du continent pour faire face à des défis importants. En conséquence, a-t-il préconisé, des efforts afin de créer des millions d’emplois productifs et bien rémunérés pour stimuler la croissance économique, réduire de façon significative la pauvreté et promouvoir une prospérité partagée.
Alors que, ces dernières années, de nombreuses économies africaines ont enregistré une croissance impressionnante. Cependant, le ministre pense que les niveaux de pauvreté n’ont pas significativement baissé comme prévu dans la région. Selon ses constats, des jeunes, à la recherche d’un emploi mieux rémunéré, restent nombreux et désavantageux sur le marché du travail, à cause de leurs profils de formation inadaptés ou de leur manque d’expérience. Ainsi, a-t-il expliqué, cette situation est de nature à les fragiliser et à les exposer à toutes sortes de tentations.

Emploi et formation, un défi prioritaire
C’est la raison pour laquelle, notre pays place la création d’emplois et l’insertion des jeunes au rang des défis prioritaires et les assimile à une question de souveraineté. Il s’agit pour le gouvernement, à travers les politiques publiques d’emploi et de formation professionnelle, d’offrir des emplois décents et accroître les qualifications professionnelles. Contribuant du coup, à réduire, de manière significative, le chômage et la pauvreté. Cette vision, a fait savoir le chef du département, est inspirée du projet de société du président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, que le gouvernement est en train de traduire en programme d’action embrassant tous les aspects socio-économiques et culturels du développement harmonieux et intégré de notre pays. Mahamane BABY a insisté sur le fait que ces politiques publiques s’inscrivent, dans les valeurs républicaines de solidarité, d’équité, de partage et de développement inclusif. Des valeurs qui illustrent, selon lui, le Programme présidentiel visant à créer 200 000 emplois pour les jeunes est d’ailleurs suffisamment révélateur de ces valeurs et de l’approche de développement inclusif pour bâtir une société juste et prospère.

70 % des 200 000 emplois promis créés
Il s’est réjoui de constater que les actions entreprises par son département, depuis le début du mandat présidentiel, avec le concours des autres départements et des autres partenaires ont permis de réaliser près de 70 % des 200 000 emplois promis justement par le président IBK, malgré un contexte socio-économique difficile. À ce titre, il a tenu à remercier tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à l’atteinte ces objectifs.
Des résultats obtenus grâce à deux stratégies complémentaires, à savoir : développer le partenariat avec les grandes entreprises créatrices d’emplois salariés dans le secteur formel et contribuer à favoriser les investissements ; porter un soutien accru aux actifs du secteur informel, en particulier les jeunes en milieu rural, à travers le financement des projets et la mise en œuvre de programmes innovants, de formations adaptées, etc.
Ces stratégies constituent pour le département les pierres angulaires pour opérationnaliser la Politique nationale de l’emploi, dotée d’un Plan triennal, et celle de la formation professionnelle, à travers le Programme décennal de Développement de la formation professionnelle pour l’Emploi (PRODEFPE).

Réformes engagées
Le chef du département, Mahamane BABY, a souligné que les travaux de la 3e session du Cadre partenarial d’orientation et de suivi de l’emploi et de la formation professionnelle se tenait à un moment où la dynamique des réformes des dispositifs d’emploi et de formation professionnelle s’accélère avec, notamment, l’opérationnalisation de l’Observatoire national de l’emploi et de la formation (ONEF) de l’Institut national d’ingénierie de formation professionnelle (INIFORP), la mise en œuvre de projets innovants comme le PROCEJ, le FIER, l’ACEFOR, le PIC3 et la promulgation de la Loi relative à la Formation professionnelle. Elle se tient également un an après l’organisation de la Table ronde sur le financement de la Formation professionnelle. C’est pourquoi au cœur de ladite session, il a été surtout question de mettre au cœur des échanges, des thématiques présentant à la fois un intérêt informatif et critique contribuant à traduire, si besoin en était, le caractère de cadre de gestion et de décision ouvert et partagé. En dépit des contraintes engendrées par les crises que notre pays a connues et qui ont fortement impacté son économie, le ministre BABY assure que les perspectives de création d’emplois restent bonnes. Pour ce faire, la vocation agro-sylvo-pastorale de notre économie, qui offre des atouts insoupçonnés de création d’emplois, sera davantage mise à profit pour servir de réponses au chômage, au sous-emploi et à la précarité pour que près de 80 % de la main d’œuvre puisse trouver un emploi à travers de petites exploitations agricoles et des entreprises familiales.
De même, des synergies seront développées pour améliorer l’accès à la terre, aux infrastructures, aux formations professionnelles et au crédit en vue de permettre aux jeunes ruraux de prospérer. De même, les initiatives de création d’industries manufacturières et de services, traditionnellement des secteurs à haute intensité de main-d’œuvre, seront soutenues en vue de générer des emplois productifs pour les jeunes.

Par Abdoulaye OUATTARA

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