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dimanche 19 novembre 2017
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Campagne agricole 2014-2015: situation contrastée dans la région de mopti

La récolte sera moyenne à bonne dans les cercles de Douentza, Koro et Bankass, avec des poches de sécheresse, notamment dans des communes de Hombori et Boni (Douentza). C’est le constat fait par le ministre du Développement rural, Bokari TRETA, qui vient d’effectuer une visite sur le terrain du 25 au 27 octobre dernier. Le ministre a également visité la vallée du Sourou à Baye.

À la tête d’une forte délégation; composée entre autres des conseillers techniques (Paul COULIBALY, Siaka FOFANA), du directeur national de l’agriculture (Moussa CAMARA), de la directrice générale adjointe de la DNPIA (KONE Salimata BERTHE), du directeur adjoint de l’IER (Abdoulaye Hamadoun), du conseiller du gouverneur de la région de Mopti (Moumouni DAMAGO); le ministre du Développement rural vient de s’imprégner sur le terrain de l’évolution de la campagne agricole en cours dans la région Mopti, notamment dans les cercles de Douentza, Koro et Bankass.

Après les festivités de la journée internationale de la femme rurale, le 25 octobre, à Bandiagara auxquelles il a pris part, le ministre du Développement rural est appelé dans les plateaux et plaines du pays dogon pour constater de visu de l’évolution de la campagne en cours.

 

Situation alarmante,

voire critique à Hombori

Dans le cercle de Douentza, dans les communes de Hombori et de Boni, le ministre TRETA et sa suite ont fait un constat alarmant, voire critique.

En effet, lors de la rencontre avec les cadres locaux, dans la salle de conférence de la sous-préfecture de Hombori, le chef secteur agriculture Zakaria MAIGA et le chef service vétérinaire Boubou KONE ont exposé la situation réelle de la campagne agricole dans la commune qui compte 25 villages.

Devant son ministre, le chef secteur agriculture a déclaré que la campagne 2014-2015 a été très mauvaise, dû à la mauvaise pluviométrie dans la commune.

La pluie est tombée tardivement et s’est arrêtée très tôt, avec une très mauvaise répartition sur l’ensemble de la commune, a souligné Zakaria MAIGA.

La première pluie est tombée le 16 août 2014 et la dernière date du 1er septembre 2014, a-t-il précisé. En plus, a soutenu M.MAIGA, la saison a été marquée par de vents violents qui ont durement handicapé les semences dans presque toutes les localités de la commune.

L’exposant a été clair la commune est loin d’atteindre des objectifs de production fixés dans le cadre de la campagne harmonisée et consolidée 2014-2015.

Les hommes et les animaux sont menacés, a-t-il prévenu.

Néanmoins, le chef secteur agriculture propose la culture de la contre-saison du sorgho pour pallier toute éventualité. Il a tout de même souligné que la principale mare de la commune est attaquée aujourd’hui par des herbes envahissantes.

Aux dires de Zakaria MAIGA, l’insécurité résiduelle dans la commune l’empêche d’aller au-delà d’un raison 5 km du chef-lieu de commune (Hombori) dans le cadre de son travail d’agent d’agriculture.

Selon le chef service vétérinaire, Boubou KONE, aucun cas de maladie animale n’est à signaler dans la commune, mais prévient-il les animaux seront durement frappés par la sécheresse, car il n’y a pas d’herbes.

‘’Certains éleveurs sont restés au Burkina-Faso, compte tenu de la mauvaise pluviométrie dans la commune’’, a indiqué Boubou KONE. Pour soutenir les éleveurs, Boubou KONE propose le destockage avec l’appui de l’État et ses partenaires ou des ONG.

L’exportation des animaux est essentiellement orientée vers le Burkina-Faso et le Nigeria, a informé M.KONE.

Le chef de village de Hombori  (Nouhoum MAIGA), le maire Boureima MAIGA et le sous-préfet ont tous exprimé leur inquiétude face à une éventuelle sécheresse et famine dans la commune.

Ils ont plaidé pour une assistance alimentaire nationale et internationale.

Aussi, compte tenu de la mauvaise saison, le chef de village craint un exode rural massif de sa population vers les centres urbains. En effet, selon lui, la seule ONG (Islamic relief) qui soutient la population en faisant des dons de céréales est enfin de mission dans la commune.

«Hombori n’est pas seul et ne sera pas seul. Nous sommes venus ici pour voir le terrain, pour voir la réalité et pallier toute éventualité…’’ a déclaré le ministre du Développement rural, Bokari TRETA, dans sa réponse au cri d’alarme des responsables locaux.

Le ministre TRETA a pris bonne note pour préparer un plan de riposte gouvernemental. En tout cas, il a pris l’engagement que la souffrance de la population sera atténuée.

Avant de quitter Hombori, le ministre est allé visiter l’aire d’abattage de la localité.

Même constat à Boni…

Boni, chef-lieu de la commune de Haïré, entre deux collines, la population a réservé un accueil populaire à la délégation du ministre. Dans une salle de classe où s’est tenue la rencontre avec les cadres, le maire de Boni, Nasourou Ahmadou, a déclaré que sa commune a fait une mauvaise récolte. À l’insécurité alimentaire est greffée l’insécurité résiduelle dans la comme a soutenu le maire. Car, les agents des forces de sécurité sont en nombre insuffisant pour sécuriser les 32 villages de la commune.

Pour le président de la chambre locale d’agriculture, Hamadoun Ahmadou TAMBOURA, la délégation du ministre est arrivée au moment qu’il faut dans la commune.

Selon lui, la récolte est d’atteindre le niveau souhaité.

Le chef secteur d’agriculture, Yaya GUINDO, a martelé que la commune a recueilli en tout pour tout 343 mm de pluie en 22 jours. Selon M.GUINDO, certaines zones ont fait 60 jours d’intervalle sans avoir de la pluie. Le chef secteur d’agriculture a demandé de l’appui pour faire du maraichage comme contre saison sans oublier le destockage pour les éleveurs. Le mandataire de l’élevage, Moctar DICKO, a souligné qu’il n’y a pas de pâturage. C’est pourquoi, il a réclamé l’aliment bétail au prix abordable (subvention de l’aliment bétail).

Aussi, a-t-il informé, compte tenu de l’insécurité les animaux ne sont pas vaccinés.

Comme à Hombori, le ministre TRETA a exprimé la solidarité de l’ensemble national à la population de Boni et expliqué l’objectif de la visite (voir des poches d’insécurité alimentaire pour prendre des dispositions qui s’imposent). Le chef de la mission a insisté sur la mise en place du poste de vétérinaire dans la commune.

Dans la cour de l’hôtel la Falaise de Douentza, le ministre a tenu une réunion de la synthèse avec les cadres du cercle relevant de sa compétence (agriculture, élevage, pêche) et le préfet Alou N’DIAYE. En plus du conseiller au gouverneur de Mopti Moumouni DAMANGO, les directeurs régionaux de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche et de l’Office riz Mopti ont pris part à la réunion.

Bonne mousson attendue à Koro

La délégation ministérielle, attendue à Koro vers 16 heures, est arrivée finalement aux environs de 22 h 30. De Douentza à Koro avec escale à Bandiagara, la délégation a fait son trajet dans une poussière indescriptible. Lundi, très tôt le matin, le ministre a visité le marché à bétail de Koro, construit par l’UEMOA (Union économique monétaire ouest-africaine).

Dans la cour de l’hôtel, la résidence Babaly BA, le ministre TRETA a présidé une réunion technique. Au cours de cette réunion, le chef d’agent de l’agriculture, Mamadou KEBE, a présenté l’état de la campagne agricole du cercle. Selon M.KEBE, Koro a eu une bonne pluviométrie avec une récolte prometteuse. Au total 16 agents encadrent les paysans du cercle.

Le cercle Koro, a indiqué l’agent de l’agriculture, produit 16 % de la production céréalière de la région de Mopti.

Le chef de service vétérinaire a exposé sur la situation de la santé animale dans le cercle.

L’impressionnante

vallée du Sourou

De Koro le ministre TRETA a relié la localité de Baye (Bankass), en passant par Toroli (chef-lieu de la commune de Dougouténé I), Guilassagou, Ombo, Téna, Kounlogo, Pissa…Sur le trajet, sans sortir de son véhicule, dans la plaine du pays dogon, le ministre a vu l’état d’avancement de la campagne agricole. Partout les agriculteurs sont au champ pour la récolte.

À Baye, le ministre a été accueilli au bord de la vallée du Sourou quelque km de la localité. La population, avec sa tête le maire (Issaka SIDIBE) et le sous-préfet (Agali KEITA), a réservé un accueil enthousiaste à la délégation ministérielle, avec 4 à 5 rideaux d’accueil.

Le ministre et sa délégation ont visité la vallée du Sourou à perte de vue où est cultivé le riz.

Dans son mot de bienvenue, le maire a souligné que sa commune, qui compte 33 villages, souffre des oiseaux granivores, qui ont déjà détruit une bonne partie de la récolte. Ces oiseaux, a précisé Issaka SIDIBE, font la navette entre la commune de Baye et l’autre côté de la frontière (le Burkina-Faso).

Dans la salle de spectacle de la localité où le ministre s’est entretenu avec les cadres locaux, le chef secteur d’agriculture, Boubacar DIAKITE, a principalement exposé sur la plaine du Sourou et sur la campagne agricole dans le cercle de Bankass.

S’agissant de la campagne 2014-2015, les récoltes seront moins bonnes dans 5/12 communes du cercle, selon M.DIAKITE.

Les communes de Bankass, Dimbal, Ségué, Kani, Lèssagou, qui ont connu un intervalle de 45 jours d’interruption de pluie, les récoltes seront moins bonnes que l’année dernière.

Le bassin du Sourou (portion malienne) est situé dans la plaine du Gondo-Séno Mango, entre le plateau dogon et la frontière Mali- Burkina.

Selon l’exposant, le bassin versant couvre une superficie de 15 685 km2 en territoire malien, soit un bassin de près de 30 648 km2 partagés presque à égalité de superficie entre le Burkina- Faso (49,78 %) et le Mali (50,22 %).

La superficie totale inondable en année de forte crue est estimée à 36 487ha tandis qu’en moyenne par an 20 306 ha sont inondés en se basant sur la limite des champs de riz (étude de 2012), a souligné le chef du secteur agriculture de Bankass.

Les potentialités du Sourou sont zone inondable (13 179 ha), zone irrigable (20 306ha), zone de lac (3 002 ha), a indiqué le présentateur.

Dans la vallée du Sourou, sont pratiqués la riziculture de la submersion libre aux abords du lac; la riziculture de bas-fond; la production d’oignon commercial; le maraichage communautaire ou individuel.

‘’Plusieurs tentatives d’aménagement ont été amorcées, mais aucune n’a abouti. Le Sourou est une zone agro-sylvo-pastorale et halieutique. Depuis quelques années l’activité de la pêche se développe; la faune aquatique est diverse dans sa composition dont (l’ichtyo faune) on y trouve plusieurs espèces de poissons; l’avifaune très variée et bien fournie; les mammifères aquatiques, dont les hippopotames’’, pouvait-on lire dans le document aperçu sur le Sourou de l’ingénieur d’agriculture et du génie rural Boubcar DIAKITE.

Compte tenu des potentialités que regorgent la vallée du Sourou, le ministre a instruit ses services à se mettre à la tâche pour l’élaboration d’un schéma directeur du Sourou pour la maîtrise de l’eau. Bokari TRETA va plus loin en projetant la perspective de la création l’Office du développement de la vallée du Sourou. En tout cas, ses conseillers techniques (Paul COULIBALY et Siaka FOFANA) et le directeur national de l’agriculture Moussa CAMARA ont bien noté les différentes interventions. Le ministre TRETA veut aller vite, quand on sait de l’autre côté de la frontière (Burakina-Faso), le Sourou est passé du paysannat à l’agrobusiness, avec l’aménagement hydro-agricole. La Vallée du Sourou du côté burkinabé se présente aujourd’hui comme une sorte de melting pot des pratiques sahéliennes, un métissage complexe, antinomique, mais viable entre réticence et adhésion au changement, modernité et coutume, pluvial et irrigué, local et global.

 

Par Hamidou TOGO

Envoyé spécial

 




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