Campagne « Jigisigi »: une approche intégrée

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Le Projet USAID/Keneya Jemu Kan a procédé, avant-hier, mardi, dans l’après-midi, dans un hôtel de la place, au lancement de la Campagne ‘’Jigisigi’’ qui prendra fin en fin octobre prochain. Elle ciblera le couple ; les femmes et leurs belles-mères ; les maris ; les prestataires de services et les jeunes, dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Mopti et le District de Bamako.

La présente campagne vise à réduire la mortalité maternelle, à travers l’amélioration de la demande des services de planification familiale (PF). Il s’agit d’une contribution aux efforts du ministère de la Santé et de l’hygiène publique. Elle se veut, selon ses initiateurs, une plateforme qui utilise de nouvelles approches dans la réflexion sur les changements et le comportement social. D’où, l’organisation d’un atelier de conception, en octobre 2015, tout en se basant sur des résultats avérés pour développer les concepts de communication susceptibles de créer une plus forte demande de services au sein de la population malienne et inverser favorablement les indicateurs faibles de la planification familiale et d’utilisation des services de santé.
L’étude de base menée par le Projet a révélé les données suivantes : la prévalence contraceptive est encore très basse dans le pays (16,2 % dans les régions du projet), mais on observe des frémissements significatifs ; les méthodes de longue durée commencent à être utilisées (le DIU est à 1,0 % et les implants à 4,7 %) ; l’injectable est la plus populaire des méthodes de courte durée, avec 6 % d’utilisation, suivie de la pilule avec 3,5 % ; il y a une intention largement exprimée d’utiliser la PF de 19 % de la population, avec des proportions plus importantes à Koulikoro (28 %), Bamako (23 %), et à Sikasso (19 %).
Toutefois, selon les résultats de l’EDSM V, la prévalence contraceptive au Mali est l’une des plus faibles en Afrique subsaharienne, soit 9,9 %.
La campagne plateforme de communication, explique-t-on, s’appuiera sur deux piliers : la communication pour le changement social et comportemental et la fourniture de services et produits de santé.
Les résultats attendus de la campagne sont : la discussion dans le couple, entre membres de la famille et entre les amis sur bienfaits de la PF ; l’approbation et l’intention des maris et des belles-mères d’accompagner leurs femmes et belles-filles aux services de CPN et/ou à l’accouchement sont accrues ; les femmes sont responsabilisées par leurs maris ou les belles-mères dans la gestion des questions de santé ; une nouvelle norme est créée au sein des familles où la femme est vraiment le pilier pour la santé et les femmes fréquentent les services PF.
Au cours de la cérémonie de lancement, le représentant du maire de la CIII, Mamadou SACKO, a salué l’initiative de la campagne qui est non seulement un moyen de lutter contre la pauvreté, mais également de favoriser le développement durable, à travers la promotion du bien-être.
Le représentant de la Directrice du projet USAID/Keneya Jemu Kan, Mohamed SIAR, a souligné que la communication était un outil sur le développement qui n’est pas suffisamment exploité dans toute sa dimension. Ce, quand bien même elle nous nous aide à comprendre ce qui ne va pas et à l’exprimer. Aussi, a-t-il expliqué, la campagne ‘’Jigisigi’’ s’y appuie pour obtenir les changements sociaux et comportementaux, dans la perspective de l’atteinte des objectifs de santé.
La Directrice adjointe du Bureau de l’UASAID, Bijou MUHARA, a rappelé les nombreuses campagnes contraceptives, y compris l’accès aux produits contraceptifs, à travers lesquelles les autorités du pays, avec le soutien de leurs partenaires financiers, dont l’USAID, ont consenti beaucoup d’efforts pour arriver à ce niveau d’acceptation des méthodes modernes de PF. Pour autant, a-t-elle souligné, le chemin est encore long pour étendre les avantages de la PF aux jeunes, aux couples et aux familles. En cause, le faible intérêt des hommes pour la PF, le soutien timide des familles dans l’utilisation des méthodes modernes de contraception, ainsi que les mariages précoces.
Bijou MUHARA a précisé que la présente campagne qu’elle considérait comme une approche stratégique intégrée et innovante, sera focalisée sur la PF et sur la santé maternelle, dont la consultation prénatale recentrée.
Le représentant du ministre de la Santé et de l’hygiène publique, Salif SAMAKE, a déploré la mortalité maternelle qui est à un niveau inacceptable, nécessitant une couverture en matière de PF. Aussi, a-t-il poursuivi, les Objectifs de Développement Durable (ODD) devraient-ils permettre d’atteindre les OMD pour une couverture universelle qui implique l’utilisation optimale de l’offre de services qui sous-tend également une demande en la matière.
Donc, pour M. SAMAKE, cette campagne est la bienvenue pour augmenter l’offre de planification familiale à un tournant où elle peut jouer positivement sur beaucoup de nos préoccupations : meilleure gestion de la famille ; réduction de la morbidité et de la mortalité maternelle et infantile. A ses yeux, la campagne ‘’Jigisigi’’ est différente des précédentes en ce sens qu’elle s’étend sur la durée (3 mois) et intègre des activités où chaque acteur peut porter le message.

Par Bertin DAKOUO

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