Campagne nationale de reboisement et grande muraille verte: les ambitions dévoilées

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Le lancement de la campagne nationale de reboisement-2016, couplé à celui des activités de la Grande muraille verte, aura lieu ce samedi 6 août dans la région de Koulikoro, plus précisément dans la forêt classée de Tienfala, sous la présidence du Premier ministre, Modibo KEITA. Pour cette édition, ce sont 54 millions de plants qui sont produits pour 70 000 ha de plantations à réaliser.

En prélude à cet événement d’envergure nationale, le ministère de l’Environnement, de l’assainissement et du développement durable (MEADD), à travers la direction nationale des Eaux et forêts, a organisé, hier jeudi, une conférence de presse pour annoncer les couleurs des actions programmées.
L’exercice, qui a eu pour cadre la Maison de la presse, était animé par le Chef du cabinet du ministère de l’Environnement, Chaga Coulibaly ; le directeur national des Eaux et forêts, le Général Biramou Sissoko ; et le Point focal de la Grande muraille verte, Dr Kouloutan Coulibaly.
La campagne nationale de reboisement est le programme de l’ensemble des décisions que les communautés, les collectivités, les individus et les organisations ont décidé de réaliser au cours de cette année. Ce qui est compilé au niveau des services Eaux et forêts est appelé le Programme national de reboisement et le lancement officiel est assuré par les hautes autorités du pays au niveau de Tienfala cette année.
L’objectif de la campagne est de contribuer à la lutte contre la désertification, à la conservation de la biodiversité, à l’atténuation des effets néfastes du changement climatique, à l’augmentation du taux de couverture végétale, à la promotion de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et à la réduction de la pauvreté dans notre pays.
En décidant de procéder à un lancement depuis 22 ans, les hautes autorités du pays ont pris l’engagement d’informer les populations maliennes de ce que les plantations d’arbres ont une certaine importance sur leur quotidien et dans l’avenir de notre Nation. C’est pourquoi, elles procèdent chaque année audit lancement pour sensibiliser les différents acteurs pour que chacun en ce qui lui concerne puisse procéder à des plantations sécurisées et des plantations à mesure de produire les effets cherchés par chacun dans son type de plantation.
Dorénavant, il ne s’agit plus de planter pour planter, mais de planter pour atteindre un objectif plus précis et d’avoir le conseil nécessaire pour planter les espèces qui peuvent produire ce que l’on recherche.
Ce qui veut dire qu’on ne doit plus planter n’importe quelle espèce dans n’importe quel endroit pour n’importe quel objectif.
Selon les conférenciers, si l’événement était prévu pour se tenir à Nara, mais pour des raisons objectives, il a été ramené à la forêt de Tienfala où le lancement ne concernera que 2 hectares. Cependant, note le directeur national des Eaux et forêts, les autres régions seront concernées par les actions programmées pour cette campagne.
Pour ce faire, la direction nationale des Eaux et forêts se propose d’offrir environ 3,5 millions de plants avec une prédominance d’espèces locales ; collecter 525 000 noix-graines, ainsi que récolter plus de 36 000 boutures destinés à la plantation et à la lutte antiérosive.
Un autre objectif que se fixe la direction nationale des Eaux et forêts est, d’après son premier responsable, la fixation de 300 hectares de dunes et 2 000 mètres linéaire et l’élargissement de 18 hectares.
Compte-tenu du bilan des précédentes campagnes, les services des Eaux et forêts ont opté, depuis 2 ans, pour une plantation sécurisée, a souligné le Général Sissoko.
A l’en croire, ce bilan a montré que les plantations collectives n’ont pas marché, contrairement à celles individuelles à cause de leur degré de protection.
Quant aux plantations des services des Eaux de forêts et des ONG, leurs échecs s’expliquent par des problèmes de divagation des animaux et d’entretien, a-t-il ajouté. C’est pourquoi, la direction des Eaux et forêts a opté depuis 2014 pour la sécurisation de ses plantations en les clôturant et en les faisant surveiller par des gardiens.
Par ailleurs, le lancement des activités de la Grande muraille verte, qui sera couplé à la campagne nationale de reboisement, est une initiative prise par les Chefs d’Etats de 11 pays de la bande Sahélo-sahéliennes. Elle consiste à sensibiliser les dirigeants à accorder plus d’attention à cette zone qui subit de plein fouet les effets des changements climatiques.
Si l’initiative a été lancée par l’ancien Président sénégalais, Abdoulaye WADE, le projet est présentement porté et endossé par l’Union africaine.
Dans notre pays, le projet est perçu par nos hautes autorités comme une opportunité de relance du développement local et communautaire avec sa stratégie axée sur l’atteinte des objectifs du développement durable.
Il ressort des explications du point focal national que la Grande muraille verte, qui concerne 11 pays Sahélo-sahariens dont le Mali, vise à l’horizon 2025, le développement des communautés locales à travers une approche novatrice et inclusive consistant à mettre en synergie les actions de lutte contre la désertification, de conservation de biodiversité, de lutte contre les changements climatiques, d’amélioration des systèmes de production agro-sylvo-pastorale. Sa finalité reste de contribuer à une sécurité alimentaire durable des populations.
L’emprise de la Grande muraille verte au Mali couvre une bande verte de 15 km de large sur environ 2 066 km et est définie dans la zone à cheval entre la zone agricole et la zone pastorale. Elle couvre ainsi 6 régions (Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti, Gao et Tombouctou), 14 cercles et 55 communes au Mali.
Par ailleurs, il est prévu la plantation de 500 000 ha en 5 ans. Il s’agira d’amplifier la bonne pratique de gestion durable des terres et de trouver de solutions durables aux problèmes récurrents de sécheresse.
Pour Dr Kouloutan COULIBALY, la Grande muraille verte cherche à relever 3 défis principaux, à savoir : la gestion durable des terres, la bonne gouvernance et l’insécurité.

Par Mohamed D. DIAWARA et Bénédicte SOMBORO (Stagiaire)

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