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mardi 12 décembre 2017
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Campagne nationale de vaccination contre le tétanos: 1791942 de femme âgées de 15 à 49 ans concernées

Le ministre de la Santé et de l’hygiène publique, le Pr Samba SOW, a procédé, hier lundi, sur le terrain de Ouéléssebougou, au lancement de la campagne nationale de vaccination contre le tétanos néonatal et maternel qui se déroulera du 20 au 26 novembre prochain dans 33 districts sanitaires à haut risque, sélectionnés à partir de critères précis se répartissant dans toutes les régions du pays excepté le district de Bamako et la région de Taoudéni.

Elle concernera 1 791 942 femmes en âge de procréer, mobilisera 8 496 agents et vaccinateurs, 2 064 180 doses de vaccins ; pour un coût total estimé à 183 349 863 millions FCFA, supportés entièrement par l’UNICEF.
La cérémonie a regroupé autour du ministre de la Santé et de l’hygiène publique, le Pr Samba Ousmane SOW, le représentant de l’UNICEF, Felix ACKEBO ; celui de l’OMS, Abdoul Kaeim SIDIBE. On y notait également la présence de plusieurs responsables politiques, administratifs, sanitaires de Koulikoro, Kati et de Ouéléssebougou ; ainsi que le chef de village et le maire de Ouéléssebougou, respectivement Daba et Yaya SAMAKE.
Selon le ministre de la Santé, le Tétanos néonatal constitue un mal silencieux, car il touche une frange de la population à laquelle peu d’attention est accordée le plus souvent, à savoir les nouveau-nés, dont le décès passe très souvent inaperçu. Pourtant, soutient le ministre spécialiste en Vaccin, la maladie est facilement évitable, car sa cause étant liée à des soins non hygiéniques du cordon ombilical et à l’absence de vaccination de la mère pendant sa grossesse.
Cependant, regrette-t-il, le tétanos constituait et continue d’être encore de nos jours un fléau dans plusieurs contrées du monde, dont la nôtre.
« En 1988, le tétanos était responsable d’environ 800 000 décès de nouveau-nés, et plus de 90 pays avaient une incidence plus élevée que la norme au niveau de leurs districts. Il représente d’ailleurs la cause de 14 % de tous les décès d’enfants de moins d’un mois », a rappelé le ministre.
Quant au tétanos maternel, souligne le Pr Samba SOW, il peut être attribué à des pratiques insalubres pendant l’accouchement ou un avortement clandestin mal signé. Aussi, a-t-il révélé, le nombre de décès en 2002 était estimé entre 15 000 et 30 000 cas.
Concernant notre pays, il a enregistré, lors des 2 dernières années, 14 cas de tétanos néonatal, dont 7 cas entre la première et la 44e semaine.
Dans le district sanitaire d’Ouéléssebougou, le dernier cas de tétanos enregistré, a-t-il rappelé, date du 4 juin 2010 dans le CSCOM de Bénéko.
Toutefois, le ministre de la Santé s’est réjoui des taux de couverture en VAT 2 et celui d’accouchement dans ledit district sanitaire qui sont respectivement supérieurs à 50 %, et 72 %. L’occasion était toute bonne pour féliciter les équipes socio-sanitaires du district de Ouélésébougou pour les efforts conjugués afin d’aboutir à ces résultats.
Par ailleurs, a noté le ministre de la Santé, l’objectif d’élimination du tétanos néonatal et maternel (TNM), qui a été fixé par l’OMS auquel le Mali a adhéré, remonte en 1988 et en 1990 par le Sommet de l’Enfance.
Selon le Pr Samba SOW, la stratégie « approche à haut risque » consiste à administrer au moins 2 doses d’anatoxine tétanique (TT) à toutes les femmes en âge de procréer vivant dans des districts jugés à haut risque.
Depuis, reconnaît-il, notre pays a consenti d’énormes efforts notamment l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’élimination 2002-2005 qui a concerné pratiquement tous les cercles du Mali exceptés les Communes du District de Bamako jugées d’alors avoir un taux d’accouchement assisté satisfaisant.
Ainsi, précise le ministre de la Santé, ce plan mettait l’accent sur des activités clés qui sont entre autres, la promotion de l’accouchement propre, la vaccination des femmes enceintes en PEV de routine, l’organisation de campagnes de vaccination avec l’anatoxine tétanique en 2 tours suivies d’une campagne de rappel chez les femmes en âge de procréer.
Ce premier plan, reconnaît volontiers le ministre de la Santé, n’a pas permis à notre pays d’atteindre l’objectif d’élimination de la maladie. C’est pourquoi chaque année, des districts à haut risque, sélectionnés sur la base d’un outil, sont couverts par la campagne de vaccination.
« La présente campagne s’inscrit dans cette optique. Elle concernera 1 791 942 femmes en âge de procréer et mobilisera en effet : 8 496 agents et vaccinateurs, 2 064 180 doses de vaccins. Tout ceci pour un coût total estimé à 183 349 863 millions de FCFA supportés entièrement par l’UNICEF », a déclaré le ministre de la Santé.
Pour lui, la réussite de cette campagne passe par une mobilisation massive et totale des femmes cibles pour un meilleur taux de couverture.
Pour ce faire, il lance un appel pressant à l’ensemble des autorités administratives, politiques et techniques, aux organisations de la société civile du secteur santé pour une bonne mobilisation des cibles sans laquelle les efforts du gouvernement et de ses partenaires sont vains.
Aussi, a-t-il invité les responsables des services techniques socio-sanitaires et les vaccinateurs à déployer tous les efforts nécessaires pour une offre de service de vaccination de qualité en vue d’une campagne réussie.
Auparavant, le chef de village et le maire de Ouéléssebougou ont félicité les autorités nationales pour le choix de leur localité à abriter cet important événement.
Le maire Yaya SAMAKE a présenté quelques doléances, au ministre Pr SOW, relatives aux ressources humaines, et équipements sanitaires dans les 6 CSCOM et le CSREF de la commune. Sur place, le ministre s’est engagé à trouver des solutions idoines à tous ces problèmes dans un délai allant de deux semaines au premier trimestre de 2018.
Quant aux représentants de l’UNICEF et de l’OMS, ils ont salué les efforts consentis par les autorités maliennes et réitéré leur engagement à accompagner notre pays dans la lutte contre les maladies.
Notons que les autres temps forts de la cérémonie ont été la prestation d’artistes locaux ; la présentation d’un sketch de sensibilisation sur le tétanos, et surtout l’administration de doses de vaccin aux femmes par le ministre de la Santé qui a visité également le Centre de santé de référence de Ouéléssebougou et rencontré le personnel socio-sanitaire.

Par Sékou CAMARA




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