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dimanche 18 novembre 2018
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Carnet secret de la Présidentielle

Retrait de Mara :
les raisons officielles
C’est un secret de Polichinelle ! La rumeur qui circulait, depuis deux semaines, à Bamako, a été désormais officialisée, le vendredi dernier, par Moussa Mara lui-même qui retire sa candidature à l’élection présidentielle du 29 juillet prochain au profit de Cheick Modibo Diarra.
En campagne depuis 2 mois, Moussa Mara explique les raisons de ce retrait, d’une part, par la volonté de son parti Yéléma de parvenir à un vaste rassemblement pour réaliser l’alternance et, d’autre part, par « la décision historique de s’engager à soutenir toute candidature de rassemblement, même si celle-ci ne venait pas de ses rangs en se disant prêt à se sacrifier pour le pays ».
C’est dans le but « de réaliser ce rassemblement, grâce à l’intervention salutaire de nombreuses organisations de la société civile, à travers une plateforme constituée autour du Premier ministre Cheick Modibo DIARRA », a dit Moussa Mara, « suivant en cela les résolutions du congrès de son parti et uniquement « soucieux de donner une grande chance à l’avènement du vrai changement au Mali » qu’il a retiré sa candidature à l’élection présidentielle au profit de Cheick Modibo Diarra.

Retrait de Mara :
les raisons non officielles
Dans le communiqué qu’il a publié, le vendredi 15 juin pour expliquer les raisons de son retrait, Moussa Mara explique que « pour redresser notre pays et lui donner une nouvelle route vers l’unité, la sécurité, la justice et la prospérité… aucun sacrifice n’est vain pour le Mali ».
Quelle belle générosité ! Quelle belle grandeur d’âme ! De la part d’un leader dépeint sous les traits d’un « assoiffé » de pouvoir ! Comme quoi, rien n’est impensable en politique. Sauf que « la vertu politique » est un non-sens, comme le dirait Napoleon.
Comment un candidat, qui lance une souscription publique sur son site officiel pour soutenir sa candidature, le 12 juin (« je vous demande humblement de nous aider à faire face aux dépenses liées à la campagne afin de réaliser le vrai changement au Mali en 2018. Cliquez sur les liens ci-dessous pour soutenir le changement », se retire en avançant les raisons qu’il avance : c’est pour le Mali, c’est la décision de mon parti prise, depuis 6 mois… !!!
Comme le disait Franz-Olivier Giesbert, « la politique, c’est d’abord la gestion des contradictions »,… et l’art des compromissions. Si Yélama avait décidé d’aller dans le sens d’une « candidature de rassemblement, même si celle-ci ne venait pas de ses rangs en se disant prêt à se sacrifier pour le pays », pourquoi son président s’est-il lancé en solo ? Et a mené campagne durant deux mois ?
Le retrait de la candidature de Mara en faveur de celle de CMD a-t-il quelque chose à avoir avec la quête qu’il lancé auprès des Maliens pour renflouer son budget de campagne ?
Comment un homme intelligent comme Mara a-t-il pu gaspiller ses sous à longueur de tournées plusieurs mois durant pour se retrouver en court de pognon au point de solliciter l’aide des Maliens pour finir par jeter l’éponge ? La raison et la politique suivent rarement le même chemin, dit Albert Einstein.
Mara a-t-il trahi les
bâtisseurs ?
Contrairement à l’annonce de Dramane Dembélé sur les antennes de la Radio Kledu, le candidat Moussa Mara était bel et bien partie prenante de la Convention des Bâtisseurs et a bel et bien signé cette Convention, à travers le 1er vice-président de son parti, le 6 juin à Maison de la Presse. Après avoir expliqué les raisons de l’absence de Moussa Mara (en tournée à Kita), Abdoulaye Diarra a clairement dit que Yelema est non seulement membre de ladite plateforme, mais aussi signataire d’une convention que les signataires qui s’engageaient à ne pas entreprendre d’autres tractations avec un autre candidat qui se situe en dehors de leur plateforme.
L’article 2 de la Convention des bâtisseurs dit en effet ceci : « Chaque membre s’engage, dans l’effort collectif et individuel pour la mutualisation pour les élections, au respect mutuel, à la discrétion totale de tout ce qui se passe au sein de la Convention, au respect scrupuleux de la décision de la majorité des membres signataires, et ne peut se soustraire pour une quelconque décision ou avis contraire.
Chaque membre s’engage à ne pas négocier individuellement dans une autre alliance de regroupement autre que la présente Convention. Cette règle s’applique dès la signature de la présente Convention ».
Cette convention lie donc Yélama et Mara jusqu’à preuve du contraire (dénonciation de la Convention de leur). Dès lors qu’ils ne l’ont pas fait, la Convention des bâtisseurs pouvait se sentir poignardée dans le dos par un de ses membres.
On comprend alors la réaction amère du porte-parole des Bâtisseurs, Clement Dembélé : « Moussa Mara a sciemment signé chez les Bâtisseurs, a juré et promis de rester loyal jusqu’au bout alors qu’il était déjà en train de négocier avec Cheick Modibo Diarra leur pacte. Je trouve sincèrement et à juste raison que l’homme politique malien doit changer en un point essentiel : la dignité ». En clair, pour les bâtisseurs, Mara a trahi en allant avec Cheick Modibo Diarra qui n’est pas un des leurs.
Que répond Mara ?

Mara-Batisseurs :
accusation légitime ou facile ?
Dans une interview à Jeune Afrique publiée, le mercredi 13 juin, le candidat Mara n’a pas fait pourtant mystère des intentions et de ses démarches. Après avoir souhaité que le prochain président sorte du rang des Bâtisseurs, et s’être désolé que jusqu’ici aucun consensus n’a été trouvé pour une candidature unique dès le premier tour, Moussa Mara a été très clair : « je souhaiterais que Cheick Modibo Diarra, l’ancien Premier ministre de la transition, adhère à cette convention. Je suis en train de travailler pour qu’il soit membre des « bâtisseurs ». Il pourrait être notre candidat, car il est installé dans la tête de nos compatriotes comme quelqu’un de crédible sur lequel on peut compter. Il illustre aussi le changement auquel nous aspirons : il est « neuf », non issu du sérail politique, et il a un corpus idéologique proche du nôtre, notamment en matière de lutte contre la corruption ».
Y a-t-il eu un débat au sein des Bâtisseurs sur la question ? À chacun son explication. Le divorce est en tout cas consommé au sein d’une Convention des Bâtisseurs où désormais chacun doit compter sur soi.

CMD :
candidat des experts comptables
Très bon vendredi pour le Baobab de Ségou ! Un, puis deux candidats à la présidentielle et non des moindres ont rallié sa cause : Moussa Mara (Yéléma) et Konimba Sidibé (Modec).
Particularité des ralliés : ils sont tous experts comptables. CMD serait-il l’or de ces messieurs qui comptent les sous ? Disons simplement que le hasard de la politique a rapproché trois bonshommes qui pensent pour réaliser leurs ambitions en s’alliant.

Le Trio CMD-MARA-KONIMBA :
Quel poids électoral ?
Ce nouveau pôle en gestation comprend pour l’instant trois chefs de parti, tous trois ayant participé à la dernière présidentielle, avec des scores plus ou moins honorables :
-Cheick Modibo Diarra : 8e avec 63 320 voix (2,14 des suffrages) ;
-Moussa Mara : 11e avec 45 227 voix (1,53 % des suffrages) ;
-Konimba Sidibé : 17e avec 16 780 voix (0,57 % des suffrages).
En termes de rapport de force, qu’est-ce cela représente ? En se fiant aux résultats du 1er tour de la présidentielle de 2013, cela représente pour le nouveau pôle en gestation autour Cheick Modibo Diarra un total de : 125 327 voix, soit 4,24 % des suffrages. Un peu moins que deux autres membres de la Coalition des bâtisseurs : Poulo à lui seul qui avait obtenu 140 345 voix, soit 4,75 % des suffrages (5ème) et Modibo Sidibé des FARE qui avait réuni sur son compte 146 839 voix, soit 4,97 % des suffrages (4ème).

Bâtisseurs :
Mara exclu
Comme réponse du Berger à la Bergère, dans un communiqué rendu public, le samedi dernier, le collège des candidats Bâtisseurs informe l’opinion nationale et internationale que M. Moussa Mara ne fait plus partie de la Convention, conformément à l’article 2, alinéa 2 du Chapitre 2 de la Convention. En effet, Moussa Mara a signé la Convention des Bâtisseurs et d’un autre côté il construisait une autre coalition ou du moins il pactisait avec Cheick Modibo Diarra comme candidat. Ce comportement l’exclut d’office des Bâtisseurs. Son retrait de la Convention ? Nous la saluons librement comme il est rentré librement.
Juste un mot : « On peut faire de la politique avec de la dignité et l’honneur ».
le Pr Clément Mahamadou DEMBELE
Porte-parole des Bâtisseurs

Mara :
3 vérités équivoques
sur CMD
On dit souvent que l’honnêteté en politique est un état gazeux qui peut se disperser dans le vent de la nécessité, des intérêts du parti ou de la tendresse pour le fauteuil. Ahmadou Kroumah dans son best-seller « En attendant le vote des bêtes sauvages », résume bien la formule : “la politique ne réussit que par la duplicité.”
Pour faire avaler la pilule du choix de Cheick Modibo Diarra à ses militants et sympathisants, Moussa Mara dans son interview à Jeune Afrique explique que c’est « quelqu’un de crédible sur lequel on peut compter », qu’il incarne « le changement auquel nous aspirons : il est « neuf », non issu du sérail politique, et il a un corpus idéologique proche du nôtre, notamment en matière de lutte contre la corruption ».
-« Quelqu’un de crédible… » : Scientifiquement indiscutable, mais politique difficile à avaler (il a accepté d’être PM des putschistes, c’est avec lui que Ma Famille d’abord a commencé, il avait dit qu’il ne démissionnait pas, il l’a fait après le baga-baga du jeune capitaine…). Qui dit qu’à la moindre tension, il ne jettera pas encore l’éponge ?
-Il incarne le changement… il est neuf : depuis combien de temps on parle de Cheick Modibo Diarra comme président du Mali ? Depuis le temps de Alpha ! Comme s’il y avait un deal maçonnique qu’on veut cacher au peuple ! Le changement, c’est avec des gens neufs, pas avec les vieux chevaux de retour : ancien ceux-ci, anciens cela ! Il a eu sa chance, il n’a pas laissé un très bon souvenir au Mali.
-Il n’est pas issu du sérail politique : comble de démagogie ! Il est un chef de parti, président du RDpM. Si un chef de parti n’est pas politique, qui le serait ?

Vertu politique :
Clément clash le mouvement démocratique
Dans un post qui circule sur les réseaux sociaux. Clement Dembélé, porte-parole des Bâtisseurs, ne va pas avec le dos de la cuillère pour smasher les démocrates : « Je réitère que pendant 27 ans, on nous a menti, volé et trahi. Je répète la plupart des hommes politiques des années 91 ont commis un crime contre l’humanité malienne. Mais jamais, je n’ai généralisé en disant « tous les hommes politiques » et j’ajoute toujours « ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain ; tous les hommes politiques ne sont pas mauvais, tous les vieux ne sont pas pires que les jeunes… ». Si vous me PROUVEZ un jour que je suis avec un «ancien » qui a volé ou trahi le peuple, je m’engage à le quitter devant tous. Je ne troque pas la dignité ! »
Quelqu’un pour le recadrer ?

Mara-CMD :
les dessous d’un deal
Quid du « corpus idéologique notamment en matière de lutte contre la corruption » mise en avant pour expliquer son ralliement à Cheick Modibo Diarra ? Balivernes, s’insurgent ses adversaires sur réseaux sociaux qui pensent que ce ralliement est motivé uniquement par des basses familiales. Le trait d’union n’étant autre que l’ex-président, général Moussa Traoré, qui est le compagnon d’armes d’un certain 19 novembre de Joseph Mara (père de Moussa) et père de Mme Diarra Assa Traoré (épouse de CMD).
Moussa Mara et Cheick Modibo Diarra ont ensuite trois autres points en commun :
1) ils ont été Premier ministre,
2) ils ont refusé de démissionner lorsqu’ils étaient à la Primature,
3) ils ont quand même été remerciés.
L’un et l’autre ont en effet bien appris auprès de l’ancien président, notamment quand surviennent les difficultés, ils s’inspirent de son fameux et historique « N’Tè, N’sèbè kôrô tè » (je refuse, je refuse catégoriquement).
Dans les ordres, en décembre 2012 et sonné de démissionner, le Premier ministre de pleins pouvoirs claironne : « je ne démissionnerai pas. Si je dois démissionner, à qui je dois remettre ma démission ? » Il comprendra après que « pleins pouvoirs », c’est le petit frère du pouvoir du fusil.
En juin 2014, interpellé par le Parlement après son safari tragique à Kidal, et sommé de démissionner par l’Opposition, le Premier ministre Moussa Mara, fort du soutien de sa majorité nargue : « N’tè, N’tetaa Yôrôchi » (je refuse, je n’irais nulle part, je ne démissionnerais pas).

Keniéba :
de nouvelles cartes seront imprimées
S’adressant à ses hôtes, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux, le président s’est exprimé sur les événements de Keniéba en déplorant avec fermeté cette violence que rien ne pouvait expliquer et qui avait comme cibles favorites les cartes biométriques qui avaient été livrées la veille : « ça interpelle, nous souhaitons que chacun sache raison gardée, et nous en appelons à la haute responsabilité de chacune et chacun d’entre nous, que ceux qui peuvent inciter ces genres de comportements sachent, et le Chef du gouvernement nous l’a dit tranquillement, calmement, mais avec fermeté, certains comportements ne sauraient plus être tolérés, qui portent atteinte à l’ensemble national, dont nous avons mission d’assurer une autorité. 88 460 cartes brûlées, heureusement nous avons un partenaire qui est solide et qui seront vite remplacées malgré tout ce que cela coûte à l’État. Que chacun comprenne que ce genre de comportement ne saurait être toléré ».

Présidentielle :
IBK prône l’apaisement
Sur la présidentielle du 29 juillet, tout en rassurant les partenaires, IBK appelle les acteurs politique à un dépassement de soi pour faire de cette échéance une fête de la démocratie, dans la transparence et dans l’inclusivité :
« Nous savons combien des situations préélectorales, électorales et post-électorales peuvent être fragiles et qu’ils se souviennent pourquoi nous avons eu à cœur avec l’appui des partenaires, des pays amis de tout mettre en œuvre, tout absolument tout pour que le parcours soit le plus transparent, le plus inclusif possible. De la révision exceptionnelle à la loi électorale, à l’audit du fichier électoral, en fin à la réception des cartes électorales biométriques sous le regard de tous ceux qui avaient été conviés, tous ceux qui ont voulu en être en furent.
Monsieur le Premier Ministre, on vous a vu seulement hier (mercredi) avec également un groupe de candidats aux élections présidentielles, ce qui, pour nous, est du plus bel effet, parce que pour nous l’élection, singulièrement présidentielle, doit être envisagée comme une fête de la démocratie, qu’à Dieu ne plaise que nous soyons dans l’engeance de ces pays où l’on fait glisser à souhait le curseur au point de ne plus savoir l’arrêter. Le 29 juillet 2018 sera l’exact accomplissement du mandat à nous confier par le peuple du Mali. Et, ce sera notre honneur, notre dignité à tous, notre intérêt supérieur, que ce jour-là se tient effectivement, l’élection du nouveau Chef de l’État du Mali, dans les conditions apaisées, il n’y a aucune raison qu’il en soit autrement. Il ne nous revient pas, à moins d’être totalement sourds, quels signes précurseurs devraient nous inciter aujourd’hui à perdre raison, à être agités, à voir un spectre d’échec qui nous inclineraient à préparer une fraude de crise massive, pourquoi ? Sachons raison gardée… notre pays connaisse une paix juste, durable et attendue. Quel honneur aurions-nous à jouer de malice dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation quand nous voyons aujourd’hui les heureux effets de ce qui a été réussi, quand nous allons aujourd’hui pour faire, parlant d’une seule et même voix devant les partenaires, dire « puisque le chef du gouvernement a parlé nous nous reconnaissons en cela, c’est la partie malienne qui a parlé ». Cela, chers amis est un grand succès, il n’y a plus de belligérances entre MNLA et Plateforme, non. Nous avons le souci de vous, amis, et je suis très sensible avec votre présence, nos amis de la communauté internationale. Je suis heureux de vous voir tous ici, car vos pays, d’un pays à l’autre, chacun en ce qui le concerne, a tenu à accompagner le Mali dans cette période très difficile. La confiance de vos pays nous est un tribut lourd auquel nous allons répondre par la réussite de ce qui a été entrepris ici au Mali. Jamais la communauté internationale n’a été aussi massivement réunie autour d’un pays, jamais ! »




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