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vendredi 18 août 2017
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CCIM-NEGE BLON-OPI: le challenge de l’apprentissage par alternance

La Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), l’Organisation patronale des industriels du Mali (OPI), ‘’nègè blon’’ (La maison du fer) promeuvent une initiative novatrice sur l’apprentissage par alternance.  L’objectif de cette initiative dénommée « Initiative 30-15 » est d’obtenir l’adhésion d’au moins 30 entreprises à un système d’alternance en chaudronnerie dès 2015.

Le programme de formation a été présenté avant-hier, au cours d’une conférence de presse animée par le président de la CCIM, Mamadou Tiéni KONATE, laquelle s’inscrivait dans le cadre des activités des journées maliennes de chaudronnerie. Etaient également présents à cette conférence, les présidents de l’OPI, Cyrille ACHKAR,  de l’association ‘’nègè blon’’, Abdel Kader DICKO, Mohamed DIARRA, le parrain de l’ « Initiative 30-15 », Ballamourou DIARRA, directeur des ressources humaines de la mine d’or de Syama (SOMISY).

Le objectifs de l’ « Initiative 30-15 » sont : négocier une convention sur la mise en œuvre de l’apprentissage par alternance dans la branche chaudronnerie, tuyauterie et soudure ; formuler des propositions de mesures législatives et règlementaires facilitant l’apprentissage par alternance en chaudronnerie suite à des études de faisabilité ; formuler des propositions pour le financement de l’apprentissage par alternance en chaudronnerie suite à des études de faisabilité (mesures fiscales, budgétaires…).

L’initiative 30-15 est constituée, à son départ, par les entreprises industrielles IMAGRI, Métal Soudan, Métal Kouyaté, METALICA, Fofy Industrie, Compagnie Badenya, KOUMALIM, SUDAGRI, Transrail. Ces entreprises sont déjà actives dans la promotion de l’apprentissage en chaudronnerie en collaboration avec ‘’Nègè blon’’.

Pour rappel, l’Initiative 30-15 appuie la mise en œuvre de la convention de partenariat entre la CCIM et ‘’nègè blon’’, du 9 juillet 2014, et les recommandations issues du Livre Blanc de l’OPI. Elle est ouverte à toutes personnes physiques et morales ayant un intérêt pour la promotion de l’apprentissage par alternance orienté sur l’emploi dans le secteur industriel.

En ligne de mire de l’Initiative en 2015, il y a l’élaboration et la validation d’un référentiel métier chaudronnier et la définition des modalités de certification nationale des apprentissages en chaudronnerie.

Le président de la CCIM a rappelé que l’information et la formation étaient les socles de la mission historique de toute Chambre. La présente initiative ne participe dès lors que de la réalisation de cette mission. Il a expliqué que la CCIM  avait noué un partenariat avec ‘’nègè blon’’ pour lier la formation théorique à la formation pratique (formation par alternance où l’apprenant se rend alternativement à l’entreprise et à l’école). L’avantage étant que l’apprenant se familiarise déjà avec son futur cadre de travail. Cette association ayant déjà une expertise avérée en la matière, il devenait plus utile de s’y appuyer.

  1. KONATE, pour justifier l’opportunité de l’initiative, a rappelé que dans des spécialités comme la tuyauterie galvanisée ou la soudure d’aluminium, la main d’œuvre est rare, obligeant les entreprises à les importer. Toutes choses qui occasionnent un surcoût.

Parallèlement à cette rareté de la main d’œuvre qualifiée, il a souligné le besoin dans les systèmes manufacturiers, les mines d’or.

Le président de la CCIM est persuadé que l’organisation de l’apprentissage par alternance dans le sous-secteur de la chaudronnerie attaque des problématiques au cœur même de l’industrialisation dans notre pays.

Il a mis en exergue le double enjeu de l’initiative : l’enjeu économique qui consiste à accroitre la productivité et l’enjeu social qui évite aux jeunes de verser dans la délinquance, faute d’emploi.

Le président de l’OPI partie prenante de l’initiative a félicité la CCIM pour son flair. Et pour cause, l’initiative est d’autant plus pertinente, a-t-il souligné, que lorsqu’une entreprise se crée, certes, elle emploie des personnes ; mais également, elle sous-traite certaines activités comme celles relatives à la chaudronnerie.

Il a en outre vu en l’initiative, une mise en œuvre des solutions proposées par l’OPI dans son Livre blanc, élaboré en juin 2013, à la veille de l’élection présidentielle : amélioration de la qualité des ressources humaines par la formation et l’alternance en entreprise.

Il a saisi l’occasion pour rappeler d’autres solutions de relance de l’industrialisation au Mali : réduction de la TVA sur les produits manufacturés et non importés ; suppression de la taxe sur les activités financières ; abaissement de l’impôt sur les sociétés ; défiscalisation de l’emploi : un emploi formel revient à deux emplois informels…

En termes d’avantages de l’initiative, Cyril ACHKAR croit qu’après plusieurs années blanches dans les écoles, la formation professionnelle peut permettre de rattraper le retard.

Le parrain de l’initiative 30-15, Mohamed DIARRA, estime que notre pays regorge de tout le potentiel nécessaire qui ne gagnerait qu’à être valorisé en comblant les carences en personnel, pour booster l’industrialisation.

Le directeur des ressources humaines de la Somisy, Ballamourrou DIARRA, a exprimé les mêmes préoccupations en faisant savoir que depuis 15 ans son seul souci est de trouver les bons, capables de satisfaire la demande.

Il estime que la mise en œuvre de la présente initiative permettra d’assainir les relations entre les sociétés minières et les communautés voisines des mines qui ne comprennent pas toujours que des personnes viennent d’ailleurs travailler sur les sites miniers (en raison de leur qualification) alors que les ressortissants locaux sont dans le besoin d’emploi.

Par Bertin DAKOUO




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