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samedi 16 février 2019
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CCN: parti FARE dénonce une exclusion

«Nous rejetons le Cadre de concertation national unilatéral, mis en place par le Premier ministre, à travers deux décrets, dont le premier portant création du Comité d’experts pour la réforme constitutionnelle et le second portant sur la nomination des membres dudit comité», c’est ce qui ressort du communiqué de presse rendu public, le lundi 11 février, par le exécutif du parti Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence (FARE An Ka Wili).

Dans son communiqué signé en date du 11 février 2019 par son président, l’ancien Premier ministre Modibo SIDIBE, le parti FARE An Ka Wili, rappelle que le 14 janvier 2019, le Premier ministre Soumeylou Boubèye MAIGA, a pris 2 décrets : l’un portant sur la création du Comité d’experts pour la réforme constitutionnelle et le second portant sur la nomination des membres dudit Comité.

Les FARE indique qu’il s’agit d’une démarche fondamentalement politique. En conséquence, c’est une vision politique qui doit d’abord et avant tout porter cette réforme, nonobstant la grande qualité des experts retenus.

Aussi, rappelle-t-il, le 17 janvier 2019, un 3è décret a été pris, portant création d’un Cadre de concertation national, comprenant deux entités (politique et technique).

Sur la forme, les responsables du parti FARE rappellent que lors de la visite de travail que le Premier ministre leur a rendu en novembre 2018, ils lui avaient fortement déconseillé une telle démarche.

«Les projets antérieurs de révision constitutionnelle dans notre pays s’inscrivaient dans une dynamique d’amélioration, de quelques innovations de notre constitution. Mais aujourd’hui, après la grave crise multidimensionnelle, où les institutions ont été ébranlées, où les Maliens s’interrogent sur leur démocratie, il est important de faire une introspection pour, à la lumière de cet exercice, tout refonder et se donner une nouvelle infrastructure institutionnelle », a dit l’ancien Premier ministre Modibo SIDIBE, pour qui, le format actuel du Comité d’experts ne sied plus.

«Il faut changer de logiciel, revenir aux Maliens, à travers un dialogue national refondateur ».

Sur le fond, argumente-t-il, « rien de ce qui est envisagé n’est sous-tendu par une vision, un projet cohérent de réformes structurelles dont le Mali ne saurait faire l’économie pour une sortie de crise durable ».

Bref, dira Modibo SIDIBE, les éléments de la « réforme sélectionnés dans le décret sont sans vision globale réformatrice, et pourraient nous entraîner vers ce dont le gouvernement actuel a besoin, mais certainement pas, vers ce dont le Mali en crise a besoin ».

Il en veut comme exemple, une préoccupation aussi cruciale que la crise de l’Etat est occultée alors que partout sur le territoire, l’Etat et ses démembrements sont interpelés sur leurs vraies capacités à délivrer les services de base, sur les spoliations, les multiples tracasseries dont les populations sont l’objet, sur la sécurité, la justice …

Selon Modibo SIDIBE, les populations ne se reconnaissent pas dans l’Etat tel qu’il fonctionne. Or, la grave épreuve que le pays connaît doit aboutir à une prise de conscience citoyenne et à un sursaut national qui permettront de donner à notre démocratie, l’Etat fort, juste et efficace dont elle a besoin.

Pour lui, à défaut de la légitimité d’un vrai débat national refondateur, il n’y a aucune raison que les FARE s’inscrivent dans ce Cadre de concertation national unilatéral, qui exclut les Maliens aspirant à être acteurs de leur avenir et de celui de leur pays.

«Nous ne saurons cautionner une telle dynamique où la fuite en avant, la dispute à la course de vitesse, au moment où il est question pour les Maliens de parler avec lucidité de ce que nous sommes aujourd’hui, de proposer des réponses endogènes aux maux dont souffre le pays », a-t-il déclaré. Et d’ajouter, pour les FARE, il s’agit de discuter sur comment refonder, aborder les institutions dans lesquelles nous nous reconnaissons ? Comment établir les règles du jeu économique, politique et social qui feraient que les Maliens, véritablement, arriveront à ce qu’ils veulent : « un Mali de l’effort, de l’entente, un Mali en paix avec lui-même ».

C’est en raison de tout ce qui précède et au-delà du fait que les textes d’application omettent le parti FARE, qu’il rejette le Cadre de concertation national unilatéral mis en place.

« Le parti FARE s’inscrit dans une logique plus vaste de Refondation institutionnelle par un véritable dialogue national, différent du dialogue politique, réducteur par le contenu, par les acteurs et par la portée », a-t-il soutenu.

En tout état de cause, le parti FARE invite les autorités maliennes à, non seulement, mettre en place un pacte de stabilité pour la sécurité, la croissance et le développement, mais aussi à tenir un dialogue national refondateur devant fixer les orientations majeures dont les Maliens conviendront quant à l’avenir du pays, à savoir : l’infrastructure institutionnelle de l’Etat, les réponses aux exigences de l’intérêt général et aux frustrations dont souffrent les populations au quotidien.

Enfin, le parti FARE exhorte le gouvernement à définir la mise en œuvre des réformes institutionnelles et politiques prioritaires issues du Dialogue national et les agendas électoraux requis.

«Nous devons tout faire pour que le Mali demeure cette Nation debout qui a fait la fierté de générations et de générations de patriotes», conclu le communiqué.

Par Abdoulaye OUATTARA

 




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