Ce que les migrants ont dit

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Kassim DIAKITE :
‘’Au Consulat, les conditions d’accueil étaient très précaires’’
Nous avons été accueillis dans les centres d’accueil dans des conditions très difficiles. Parmi nous, il y avait des blessés et des malades qui ont trop souffert. Au Consulat, les conditions d’accueil étaient très précaires avec l’insuffisance de nourritures et de l’eau. Quand nous avons interpellé le Consul, il nous a fait savoir que c’est 250 000 FCFA qui sont déboursés chaque jour comme frais de nourriture et que cet argent était confié à quelqu’un qu’ils ne connaissaient pas. Quand on a quitté l’Algérie, nous avions été abandonnés dans le Sahara où un agent nigérien, après nous avoir rencontrés, est allé informer les Maliens résidents dans ce pays qui sont venus à notre secours. Chaque fois qu’on appelle le Consul, il nous informe qu’il a confié notre préoccupation à quelqu’un d’autre dont nous n’avions pas le contact. Nous avons trop souffert vraiment.

Mahamadou Doumbia :
‘’Je conseille aux jeunes à ne pas aller en Algérie’’
En Algérie, nous avons été dépouillés de tout. Au Consul, ce sont 5 miches de pain et 2 petits sachets de lait qu’on donnait à 10 personnes ; et il était impossible d’avoir même de l’eau à boire, car ils nous ont coupé les robinets. En venant, nous avons marché plus de 50 Km avant d’être transporté par bus à partir du Niger. Nous avons quitté l’Algérie depuis le jeudi dernier et c’est ce mercredi que nous arrivons à Bamako. Je conseille aux jeunes d’éviter d’aller en Algérie. Depuis Gao les rackets commencent. On te dépouille de tout et t’oblige d’appeler tes parents pour qu’ils t’envoient de l’argent. Les migrants vivent trop de calvaire et il n y a aucune autorité auprès de qui tu peux te plaindre.

Moussa KONATE : ‘
’Chacun est bien chez soi’’
Le conflit a commencé avec le match entre la France et le Portugal. Les Maliens n’en sont rien et nous avons été attaqués de façon hasardeuse pour nous racketter seulement. Je lance un appel aux autorités afin qu’elles se soucient des jeunes ; car chacun est bien chez soi. Nous serons des exemples pour les autres et nous partagerons notre calvaire afin qu’ils comprennent les dangers de la migration irrégulière. Notre séjour au Consulat en Algérie a été émaillé par plusieurs péripéties. Le Consul et ses collaborateurs ne nous accordaient aucune considération.

Bakary OUATTARA : ‘’Beaucoup d’étrangers détiennent des documents maliens’’
Je suis content de retourner au pays. Mais force est de reconnaitre que nous sommes partis à l’exode parce qu’il y a un problème d’emploi. En Algérie également, c’est pareil car il est difficile de se trouver un travail. Pire encore, les migrants sont dépouillés de tout ce qu’ils possèdent par les bandits. Le problème des Maliens dans ce pays est que beaucoup de ressortissants d’autres pays détiennent les documents maliens. Ils font du n’importe quoi et on les fait passer comme des Maliens sur la base de leurs pièces. C’est pourquoi nous les Maliens ont tous les problèmes du monde dans ce pays actuellement. Nous interpellons les autorités à trouver une solution à cette préoccupation qui cause du tort aux Maliens qui vont à l’exode.

Harouna DJIMDE :
‘’Le Consulat nous a aidés mais ce n’était pas facile vu le nombre élevé’’
En Algérie, il n y a pas de travail et souvent on te fait travailler sans rémunération. C’est face aux traitements dégradants que nous avons décidé de rentrer au pays. Le Consulat nous a aidés, mais ça n’a pas été facile, vu le nombre élevé de Maliens dans ce pays. Le problème est qu’il n y a pas de travail au Mali. Ici, on travaille beaucoup pour gagner peu d’argent contrairement à d’autres pays. C’est la raison pour laquelle nous préférons aller dans ces pays. J’interpelle les autorités à revoir la politique d’emploi pour que les jeunes puissent rester au pays et travailler dans l’honneur et la dignité. Il est difficile pour nous de rester au pays dans ces conditions. Tout juste après la fête de Tabaski, je retournerai encore. Dans d’autres pays nous souffrons mais nous gagnons plus qu’au Mali.

Idrissa DEMBAGA :
‘’Ceci m’a donné beaucoup de leçons sur la vie’’
J’ai été en Algérie en pleine crise. Des Maliens ont perdu la vie par manque de prise en charge. Les autorités nous ont aidés, mais avec la masse, c’était difficile. Je demande aux jeunes de rester au pays. Ceci m’a donné beaucoup de leçons sur la vie. J’ai compris qu’il n y a pas de sous métier et je suis même prêt à cirer les chaussures au Mali pour subvenir à mes besoins.

Modi DIALLO
J’ai fait un an et 3 mois en Algérie. Il y a beaucoup d’étrangers à Tamarasset, notamment, les Guinéens, les Mauritaniens, les Sénégalais… Donc du coup, la ville de Tamarasset est devenue très peuplée et personne ne pouvait franchir la ville pour aller dans la capitale. Toutes les routes étaient bloquées. Concernant le prix de transport, ce qui est à 1 000 Francs, ils nous demandent de payer 50 000 Francs. Je demande au gouvernement malien de fermer la route qui mène en Algérie ; car Dieu seul sait le nombre de Maliens qui ont perdu la vie en Algérie.

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