Search
vendredi 22 septembre 2017
  • :
  • :

Cessez-le-feu CMA-GATIA: un tremplin vers une paix durable !

C’est au forceps qu’une trêve a été arrachée, mercredi dernier, entre les ex-rebelles et la plateforme à l’ex-CRES de Badalabougou. Ce cessez-le-feu qui est vigueur pour deux semaines a été signé avant-hier soir à Bamako après l’accord trouvé entre la coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et la plateforme, mardi dernier à Anefis.

C’est deux mouvements armés, signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger se livraient depuis le début du mois de juillet à des violations du cessez-le-feu.
En signant ce document, mercredi 23 août dernier, les deux groupes acceptent d’observer une trêve de 15 jours pour donner une chance à la paix dans cette partie du pays où les populations sont prises dans le piège des combats meurtriers que les deux groupes se livrent depuis le 6 juillet dernier.
Depuis la signature de l’Accord de paix en 2015, le contrôle de la ville de Kidal a toujours été à l’origine de vives tensions avec des combats parfois violents entre les deux groupes dans la région.
Ces combats récurrents ont causé des pertes en vies humaines et un blocage dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.
Cette trêve obtenue après moult tractations est valable pour 15 jours et elle a pour objectif de garantir le cessez-le-feu, pendant la période des concertations dont le but est d’obtenir un accord global et définitif de cessation des hostilités.
Lors de la cérémonie de signature, le chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA), Mahmat Saleh ANNADIF, a fait savoir que suite aux missions de bons offices des uns et des autres, les hostilités ont pu être arrêtées par les groupes armés.
« Il est plus facile de faire la guerre que de faire la paix. La paix n’a pas de prix. Je souhaite, au nom de la communauté internationale, que ce pas que nous sommes en train de franchir ouvre des opportunités pour une mise en œuvre intégrale de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger et que cette paix tant attendue puisse être une réalité », a-t-il dit. Avant d’inviter les signataires à respecter leur engagement.
« Il est plus facile de signer, mais le plus difficile est de l’appliquer », a martelé le responsable de la MINUSMA.
Si au départ, la CMA avait émis des réserves sur le document présenté, elle a fini par l’accepter, nous a confié une source, sous la menace de sanctions de la mission onusienne.
En signant le document, son président, Sidi Brahim Ould SIDATTI a, au nom des ex-rebelles de Kidal, souhaité qu’un terme soit mis à ces affrontements afin que des actes concrets soient réalisés sur le terrain à savoir la mise en place du MOC (Mécanisme opérationnel de coordination) et le retour des services sociaux de base à Kidal.
« Nous avons signé cette trêve au nom de la paix, de la réconciliation et au nom de l’avancée de la mise en œuvre de l’accord de paix. Nous avons toujours respecté nos engagements. Nous espérons que cette trêve de 15 jours puisse nous conduire à un accord global et définitif et à travers lequel il n’y aura pas d’affrontements. La CMA est engagée à trouver un accord avec nos frères pour pouvoir mettre en œuvre l’accord d’Alger qui est essentiel et qui permettra de mettre fin à la souffrance des populations », a-t-il dit.
De son côté, le président de la Plateforme, Me Harouna TOUREH, a souligné que c’est un acte fort, porteur d’espoir pour l’ensemble des parties. Selon lui, la Plateforme est toujours prête à démontrer sa bonne foi, la preuve, elle a signé l’acte de trêve.
« Je voudrais préciser que la trêve, c’est pour 15 jours. Pendant cette période, les parties CMA et Plateforme se retrouveront pour poursuivre les concertations déjà entamées à Anéfis le 20 juillet dernier. C’est un fort, porteur d’espoir pour tout le monde, les populations au nord, le peuple malien. Il n’y a pas lieu de craindre que cette trêve soit violée. Le désir de faire cette paix nous est venu des populations elles-mêmes et pris en charge par les combattants de part et d’autre (CMA-Plateforme). Et les hommes politiques que nous sommes se sont retrouvés ici à Bamako pour essayer d’imaginer la meilleure façon de parvenir à la cessation des hostilités. C’est un acte sincère. Nous l’espérons, il n’y aura pas de veuves, pas d’orphelins pendant ces deux semaines. L’histoire et la géographie nous imposé le vivre ensemble dans ce pays.
« La Plateforme au nom de laquelle je parle respectera ses engagements dans le cadre de cet accord. La paix est porteuse d’espoir et il faut maintenir l’espoir. Pas seulement que les armes se taisent, mais que les hommes puissent se parler, qu’on puisse voyager tranquillement ; que les enfants puissent aller à l’école.
Voilà ce que nous espérons avec cet accord», a confié Me TOUREH.
Au nom du gouvernement, le ministre Salif TRAORE, après avoir apposé sa signature sur le document, s’est réjoui de la signature de cette trêve de 15 jours.
« Nous espérons que cette fois-ci, les armes vont définitivement se taire comme les armes se sont tues entre le gouvernement et les Mouvements. Le gouverneur de Kidal est à Kidal aujourd’hui et très rapidement le MOC va être à Kidal aussi bien que les autorités intérimaires. Espérons que la signature de cette trêve soit le déclic pour que la paix revienne, pour qu’on puisse résolument se tourner vers le développement du pays », a-t-il conclu.
Enfin, l’imam Mahmoud DICKO, président du Haut conseil islamique du Mali, qui a mené tout récemment une mission des bons offices au nord du Mali, a invité les signataires à respecter leurs propres engagements.

Par Abdoulaye OUATTARA




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *