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samedi 22 juillet 2017
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Affaire Ouéléssébougou: le député jure sur le Coran qu’il n’a pas frappé le juge

Face à la presse, la main sur le coran, le député Bourama Tidiane TRAORE, a juré qu’il n’a jamais porté la main sur le juge de Ouéléssébougou. Il a retracé, samedi dernier, à la Maison de la presse, le film des faits, de A à Z. Ses avocats, eux, ont dénoncé l’interprétation tronquée des résultats du procès par le Procureur général.

Pour cette mise au point, l’honorable Bourama Tidiane TRAORE était assisté, en plus de ses avocats (Me Baber GANO, Assane BARRY…), de certains de ses collègues députés.

Voici l’intégralité de la déclaration du député Bourama Tidaine TRAORE

«Mesdames et messieurs de la presse, je vous remercie d’être venus très nombreux pour cette conférence de presse qui va traiter un sujet largement évoqué dans vos colonnes et sur les antennes de vos radios ces derniers temps. Il s’agit de vous donner ma version des faits sur l’incident qui m’a opposé au juge de paix à compétence étendue de Ouéléssebougou, Amadou Bocar Touré dit Diadié, le mardi 25 novembre 2014.

Je profite de cette occasion qui m’est offerte pour remercier mes collègues députés à l’Assemblée Nationale du Mali qui n’ont ménagé aucun effort pour que la justice triomphe dans cette affaire. Ces remerciements vont aussi à l’endroit du pôle d’avocats qui m’a défendu, à l’ensemble des populations de la circonscription électorale de Kati pour leur mobilisation, à mes parents et amis, et tous ceux de près ou de loin ont compati à ces moments difficiles.

En fonction depuis 8 mois à Ouéléssebougou, je vous informe que je ne l’ai rencontré que 2 fois à l’intervalle d’une semaine. D’abord le mercredi 19 novembre 2014 je lui ai rendu une visite de courtoisie au environ de 15 heures. Je me rappelle, ce jour là, il m’a même dit qu’il est un juge de proximité qui reste au bureau du lundi au jeudi de 8 heures à 20 heures. Avant de me dire que ses portes m’étaient grandement ouvertes.

C’est sur la base de ce premier échange que je suis passé le voir le mardi 25 novembre vers 18 heures après deux tentatives d’appels téléphoniques infructueuses.

Quand je suis arrivé au tribunal, j’ai trouvé une dizaine de personnes qui l’attendait hors de la cour dont le vieux Samba Traoré de Dafara et Soumaïla Bagayoko dit Djinè. Je les ai demandés si le juge était sur place. Ils m’ont répondu par l’affirmatif en disant que je peux rentrer par la petite porte car le portail était fermé. Dans la cour, j’ai trouvé que le juge s’apprêtait à prier. Je lui ai gentiment demandé d’accomplir la prière du soir tout en lui disant que moi aussi je voudrais prier. Il m’a répondu que sa séance de prière prend beaucoup de temps, qu’il souhaite échanger d’abord avec moi.

C’est comme ça qu’il m’a conduit à son bureau où je lui ai dis que je suis venu partager des informations avec lui au sujet d’un litige foncier dans mon village dont il est saisi, Bananzolé. Je lui ai dis que c’est un dossier qui concerne les membres d’une même famille et que malgré les appels incessants à l’apaisement, la tension reste vive. Je lui ai dis que c’est une situation qui m’inquiète et que je suis venu lui apporter s’il le souhaite ma petite contribution pour apaisement du climat.

Il m’a répondu avec un ton sec qu’ils ne sont pas de la même famille. Et que si tel était le cas, qu’on aurait réglé le différend dans le vestibule.

J’ai continué dans les explications en lui disant que parmi les deux parties en conflit qu’il y a une qui vit à Bamako. Il m’a alors dit sous un ton violent qu’il connait son travail et que ce n’est pas moi qui vais l’apprendre à exercer son boulot avant de me demander de quitter son bureau. Je lui ai prié de m’écouter. Il a insisté en me demandant de sortir de son bureau. Malgré ma tentative de lui faire revenir à la raison, il ne m’a pas écouté. Il s’est mis à me pousser énergiquement jusqu’à la porte, tout en me disant qu’il ne veut plus me voir chez lui. Je lui ai dis qu’il ne peut pas m’empêcher de venir au tribunal. Et subitement, il s’est mis à me donner des coups de poings. Il a ensuite ordonné à sa garde rapprochée de me neutraliser au motif que je suis venu l’agresser dans son bureau. Ce dernier m’a alors tenu par les mains derrière pendant que Diadié lui-même continuait à me donner des coups et à me lancer des insultes grossières.

Quand les gens qui étaient au dehors ont entendu le bruit, aussitôt mon chauffeur a escaladé le mur de la justice. Lorsque Amadou Diadié a vu celui-là, il s’est certainement senti gêner devant ce témoin. Il lui a tout de suite intimé l’ordre de quitter la cour. C’est là qu’il a pu décrocher son téléphone pour appeler le Commandant de Brigade (CB) de la gendarmerie pour lui dire que le député vient de l’agresser dans son bureau.

A l’arrivée de ce dernier, il lui ordonna de m’enfermer. Le commandant Dah Diarra, avec ses éléments, m’a alors conduit dans une voiture pour ensuite s’entretenir longuement avec le juge. Après ces échanges, le commandant de brigade est venu nous rejoindre devant le palais de justice où il me demanda de rentrer chez moi. Je lui ai répondu que j’ai besoin qu’il me prenne mon audition. Et arrivé dans son bureau, il m’a dit qu’il n’a pas qualité à prendre mon audition ni de me faire une réquisition pour aller à l’hôpital. Lorsque je lui avais fait cette demande, le commandant a insisté pour  que j’aille à la maison. Je lui ai répondu que j’ai déjà averti des collègues députés qui sont en cours de route pour Ouéléssebougou. C’est après tous ces échanges et plus d’une heure de temps après que le CB est revenu m’informer que sa hiérarchie lui a appelé pour lui dire de m’amener à Bamako. La suite vous le connaissez chers journalistes.

Mais je voudrais préciser que si j’avais des mauvaises intentions envers le juge, je n’allais pas me rendre dans son bureau seul. Je me ferais fais accompagner par des gens.

Je n’ai jamais porté la main sur le juge Diadié. Je le dis et je le maintiens je n’ai jamais frappé ni insulté le juge Diadié.

Mon éducation ne me permet pas de porter la main sur un hôte. Cela n’est pas propre aux gens de notre milieu. Je voudrais aussi inviter les uns et les autres à demander à ceux qui connaissent le

juge Diadié ou qui ont eu à travailler avec lui, à se prononcer sur la moralité de l’homme, son tempérament et son caractère. Ce sont là ces quelques mots que je voulais partager avec vous chers journalistes. Merci de votre aimable attention. Que Dieu bénisse la Mali».

A la suite du député, ses avocats, notamment Baber GANO et Assane BARRY ont déploré la sortie médiatique du Procureur général, qui avait déclaré que le juge plaignant a retiré sa plainte.

Pour les avocats, ce n’est ni le procureur, ni le juge plaignant, mais plutôt la Constitution du Mali, à travers la résolution de l’Assemblée nationale, qui a abouti à la libération de l’honorable TRAORE.

Me BARRY va plus loin, en soutenant que le Procureur général a été bloqué par une disposition constitutionnelle et non par un quelconque pardon du juge plaignant.

Rappelons que le député RPM, Bourama Tidaine TRAORE élu à Ouéléssébougou (Kati) a été arrêté et placé sous mandat de dépôt pour flagrant délit. Il doit sa libération à la résolution de l’Assemblée nationale, défendue par ses avocats (Baber GANO, Assana BARRY, Seydou COULIBALY, Mariam DIAWARA, Tiékoura SAMAKE, Tiésolo KONARE), devant la Cour d’appel de Bamako, le 3 décembre dernier.

Par Hamidou TOGO

 




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