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samedi 22 juillet 2017
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Cession de la BETRAM au groupe SIMAGA: un gâchis financier pour l’Etat ?

A la reprise des activités de la session de l’Assemblée nationale en cours, quatre ministres de la République étaient face aux députés pour répondre à des questions orales. Il s’agit du ministre des Affaires religieuse, sur le pèlerinage 2014 ; du ministre de l’Economie et des finances, sur la cession de la BETRAM par l’Etat, en 1993 au groupe SIMAGA ;  le ministre de l’Intérieur, sur la situation des forces de sécurité et la question d’insécurité grandissante, notamment à Bamako ; et en dernier lieu, la gestion de l’épidémie à virus Ebola, avec le ministre de la Santé.

A l’entame des travaux, le président de l’institution s’est réjoui du retour parmi les siens de l’honorable Bourama TRAORE de Ouéléssebougou.

Sur la première interpellation, l’honorable Illias GORO avait demandé au ministre des Affaires religieuses et du culte de bien vouloir fournir aux députés des éléments de réponses sur les nombreux couacs constatés dans  l’organisation du Hadj 2014.

A la barre, le ministre Thierno Amadou Omar Hass DIALLO a reconnu les difficultés rencontrées par son département qui était à sa première expérience dans l’organisation d’un pèlerinage. Ainsi, quand il arrivait à la tête de ce département, à deux mois de l’événement, les marges de manœuvre étaient limitées. Il fallait faire avec ce qui avait déjà été entrepris par ses prédécesseurs, en se battant pour sauver ce qui pouvait être. Toute chose qui, selon lui, est à l’origine de certaines difficultés qui n’auraient dû pas arriver.

Le ministre a promis que tout sera mis en œuvre pour faire mieux la prochaine fois, s’il aura la lourde responsabilité d’organiser la prochaine édition.

A sa suite, ce fut le tour de la ministre de l’Economie et des finances de répondre aux questions de l’honorable Oumar MARIKO sur la cession de la Base pour l’équipement des transports routiers du Mali (BETRAM-SA).

Créée en 1975 par l’Etat malien avec l’appui de la République Fédérale d’Allemagne pour servir d’appui logistique à l’activité de transport routier, la BETRAM a été cédée, en juillet 1993, à 600 millions de francs CFA au Groupe SIMAGA, associé au Groupement d’intérêt économique (GIE) constitué par les travailleurs de la société avec respectivement 95 % et 5 % des actions.

Selon Oumar MARIKO, les conditions de cession de la BETRAM ainsi que sa désintégration actuelle, comme entreprise, sont le fait des rentiers de l’Etat qui ne sont intéressés que par les actifs foncier et immobiliers.

«Ne pensez-vous pas que cette cession a été un gâchis pour l’Etat ?», a-t-il interrogé.

A son avis, cela est incompatible avec la construction d’une économie dynamique, génératrice d’emplois, socle du programme du Président de la République. Pour corriger ce manquement et ‘’nous conformer à notre engagement de transparence et de justice’’ (la majorité présidentielle), que comptez-vous faire pour rendre effective cette vision pour le cas de la BETRAM ?

L’honorable MARIKO recommande la diligence d’un audit des conditions de cession des actifs de la BETRAM au groupe SIMAGA ; des conditions de démantèlement des activités de la BETRAM ; des conditions de payement des 400 millions de      FCFA à l’Etat malien ; de l’effectivité de nouveaux investissements à hauteur de 750 millions sur cinq ans ; des conditions de licenciement du personnel ; de l’effectivité de l’inscription de l’hypothèque en faveur de l’Etat, le cas échéant les conditions de sa levée.

«Nous croyons que le résultat de cet audit pourrait constituer une base pour décider la relance des activités de la BETRAM en sauvant ce qui en reste pour le restituer aux travailleurs, sous une forme à déterminer», a-t-il soutenu.

Mme la ministre a tenu à expliquer que le dossier relevait de la compétence de son homologue des Affaires foncières, des domaines et du patrimoine de l’Etat.

Mais, l’Etat étant une continuité, elle s’est fait le devoir de rassembler les dossiers au niveau des archives afin de se prêter à cet exercice démocratique des députés.

La ministre a jugé pertinentes les questions du député. Cependant, elle a soutenu que du fait de plusieurs considérations, une intervention du gouvernement dans ce dossier nécessitait aujourd’hui un avis juridique et une démarche très prudente et cohérente pour éviter de créer d’autres ennuis. Elle a assuré le député que le gouvernement ne manquerait pas à son devoir de mener des investigations utiles afin de pouvoir défendre tous les intérêts de l’Etat du Mali, si besoin en était.

Concernant le payement des frais de cession, Mme BOUARE Fily SISSOKO a précisé que le chèque retrouvé dans les archives, concernant la tranche de 400 millions de francs CFA n’était pas conforme aux normes.

Par contre, pour la seconde tranche des 200 millions, le chèque répondait aux critères. Aussi, le titre, conformément aux informations disponibles, est également libre de toute charge. Toute démarche d’audit, dans ce contexte, de la part du gouvernement, doit être méthodique et sans passion, a-t-elle expliqué.

Les deux autres questions orales ont été adressées respectivement au ministre de l’intérieur, le général Sada SAMAKE et à celui de la Santé et de l’hygiène publique, Ousmane KONE.

Par Sidi DAO




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