CMA à Kidal: le déclin !

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Outre le cantonnement forcé des éléments de la Coordination des mouvements armés (CMA); la perte de nombreuses positions ; les défections dans leur rang sont le mauvais présage de leur isolement à Kidal et l’anéantissement programmé de leur capacité de nuisance qui devraient être profitables à la paix, au retour de l’administration et des FAMAS partout au Nord.

Sale temps pour les ex-rebelles associés à des ex-djihadistes, peut-on soutenir désormais.
À l’évidence les différents affrontements entre la CMA et le GATIA (Groupe d’Autodéfense Touareg, Imghad et Alliés) l’ont passablement laminé. Il s’agit de ceux des 21 et 22 juillet dernier, à Kidal où il a été question d’environ 70 morts dans ses rangs ; du 9 août dans la zone de Adjlal (70 km à l’est de Kidal) ; du 16 septembre, une attaque sur un poste sis à Intachdayte (85 Km Nord-ouest de Kidal).
Selon des sources concordantes, ces combats ont sérieusement entamé la capacité militaire de la CMA qui n’était en réalité plus que mythe que réalité. Et pour cause, apprend-on, la seule force véritablement capable d’aller à l’affrontement est celle du Haut conseil pour l’unicité de l’Azawad (HCUA). Le MNLA (enfant chouchou de qui l’on sait) et le MAA-dissident n’étant considérés que de faire-valoir. Il est donc de plus en plus établi que le rapport de force est nettement défavorable aux ex-rebelles et djihadistes.
L’on comprend d’ailleurs qu’à l’issue des affrontements des 21 et 22 juillet qu’ils crient au secours en appelant le Gouvernement et la communauté internationale à davantage d’implication pour un règlement pacifique d’éventuels différends pouvant surgir entre eux et le GATIA, leur bête noire. ‘’La CMA appelle le Gouvernement de la République du Mali et la communauté internationale à s’impliquer davantage pour permettre le règlement de tous les différends qui peuvent opposer les parties signataires par les mécanismes de l’Accord prévu à cet effet’’, pouvait-on lire dans un communiqué rendu public.
La conséquence de ces affrontements a été que la Coordination des mouvements armés s’est retrouvée de plus en plus encerclée par le GATIA qui occupe désormais de nouvelles positions. En effet, si ce dernier ne peut pas entrer dans Kidal, malgré son insistance, l’on apprend qu’il est en train de mettre en place un dispositif visant à arrêter les entrées et les sorties de la CMA de la ville. Ce qui, logiquement, conduira à son étouffement. Ce d’autant plus qu’il est de notoriété publique que ses ressources proviennent essentiellement d’un trafic de stupéfiants qui devient de plus en plus aléatoire.
Du reste, rapportent des sources bien informées, le parrain du MNLA, le même qui a réussi l’exploit de ‘’laïciser’’ les anciens djihadistes du HCUA (Alghabass Ag INTALLA, fondateur du HCUA, était le bras droit de Iyad Ag Ghaly fondateur de Ansar Eddine), observe depuis peu quelques distances. Ce qui devrait conduire à une résolution plus rapide de la crise au Nord, dans l’esprit et la lettre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger.
À la longue liste des malheurs de la Coordination des mouvements armés s’ajoutent des défections importantes dans ses rangs. L’on note à cet effet celle de Moussa Ag Acharatoumane, un ténor du mouvement qui a créé le MSA. Il a d’ailleurs rapidement fait alliance avec le GATIA, groupe membre de la Plateforme du 14 juin.
Comme lui, Mossa Ag Hibida, celui-là qui commandait les zones de Tessalit d’Aguelhoc, pour le compte du HCUA, a quitté le navire. L’on apprend qu’il a également rejoint le GATIA qui fait une bonne moisson.
Il y a quelques jours, la branche de Ber du HCUA, dans la région de Tombouctou, rejoignait la Plateforme. Elle entend ainsi s’insurger contre l’instrumentalisation de la population par des marches contre la République et qui se retrouve au cœur de conflits fratricides. Dans la déclaration lue lors du point de presse au cours duquel l’annonce de ralliement a été faite, les nouveaux adhérents à la Plateforme informent le chef de file de la médiation internationale, l’Algérie ; le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies dans notre pays, Chef de la MINUSMA ; et toutes les autorités du Mali ainsi que l’opinion nationale et internationale : ‘’désormais ils n’entendent plus se laisser embarquer dans des aventures guerrières injustifiées ou pour des raisons inavouées’’.
En définitive, il importe de capitaliser la mauvaise passe que traverse la CMA pour tourner définitivement la page de la crise au Nord et assurer la présence de l’administration et des Forces armées et de sécurité sur toute l’étendue du territoire national.

Par Bertin DAKOUO

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