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mercredi 22 novembre 2017
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CMA et le Gatia: accusation mutuelle

En violation du cessez-le-feu signé entre les deux parties le 28 juin 2017, des dispositions de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale et malgré les nombreux appels au calme lancés par le gouvernement, la Médiation internationale, la CMA (Coordination des mouvements armés) et le GATIA, ont renoué avec la violence armée sur le terrain, précisément dans la région de Kidal.

À la veille d’un rendez-vous important, le 20 juillet prochain, date prévue pour le retour de l’administration dans la région de Kidal, cette reprise de la violence préoccupe la médiation internationale.
La question était au cœur des débats, mardi dernier, lors de la 19e session du Comité de suivi de l’Accord (CSA) à laquelle ont pris part les représentants des deux groupes belligérants et les autres parties à l’accord pour la paix.
Face au constat alarment, les deux parties s’accusaient mutuellement sur la reprise de ces violences.
Le représentant de la plateforme, Fad Ag ALMAHMOUD, a indiqué que le chronogramme du retour de l’administration signé par les parties maliennes a été rejeté, moins de 24 heures, par une partie de la CMA, et cela, malgré le fait qu’il a été signé par son chef de file au CSA.
Selon lui, malgré ces objections de la CMA, les membres du CSA ont décidé de maintenir et d’inciter sur le chronogramme du 20 juillet prochain pour le retour de l’administration à Kidal.
Il a insisté sur le fait qu’un tel laxisme de la part de la communauté internationale face aux violations de l’accord n’est pas favorable à un retour rapide de l’administration malienne à Kidal. Selon lui, la médiation doit veiller au respect strict des engagements pris par les différentes parties.
Pour Fad Ag ALMAHMOUD, les affrontements entre les unités armées de la CMA et celles de la plateforme n’est qu’une guerre par procuration, avec des attaques qui réapparaissent dès qu’on parle d’une échéance de retour de l’administration à Kidal.
« Si on ne peut pas mettre fin à ces affrontements, il faut faire avec et avancer dans le processus de paix », a-t-il préconisé.
Selon lui, le CSA n’est pas en train de discuter avec les « bonnes personnes » au cours de ses réunions. Car, a-t-il expliqué, les décisions que prennent ses représentants devant les membres du CSA n’engagent pas ceux qui sont sur le terrain et sont, réellement, sous les ordres de Iyad Ag GALLY.
De son avis, le retour de l’administration à Kidal va permettre de résoudre à 90 % des difficultés de mise en œuvre de l’Accord.
Pour sa part, le représentant de la CMA, Ibrahim Ould SIDATTY, invite la médiation à prendre ses responsabilités pour mettre fin aux difficultés qui entravent le processus. Pour ce faire, il a appelé à la signature d’un nouveau cessez-le-feu garanti par la communauté internationale. « Nous demandons à chaque partie de respecter ses positions avant la signature de l’accord », a-t-il dit.
Selon lui, la localité d’Anafif, théâtre des affrontements en cours appartenait à la CMA avant la signature de l’Accord. Selon lui, la plateforme occupe cette localité, depuis le 17 aout 2015, en violations flagrantes de tous les arrangements sécuritaires.
Pour un retour au calme, la CMA exige que chaque parti revienne aux positions qu’elle occupait avant la signature de l’Accord.
La CMA rappelle qu’elle a mené ces combats en toute légitime défense contre des milices.
Le chef de la mission onusienne au Mali, Mamat Saleh ANNADIF dénonce ces violations du cessez-le-feu dans la région de Kidal.
Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU au Mali estime qu’il va falloir, non pas demander, mais exiger le cesser le feu sur le terrain. Mahamat Saleh Annadif avertit que la MINUSMA a les moyens de faire respecter le cessez-le-feu.

Par Abdoulaye OUATTARA




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