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vendredi 23 avril 2021
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CMAS: l’implosion

Le Coordinateur de la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants (CMAS) de l’Imam Mahmoud Dicko se lance dans une autre aventure en dehors de la CMAS au nom d’un soutien à la Transition. Au même moment, d’autres figures non moins importantes, qui ont claqué la porte dudit regroupement, s’apprêtent, elles aussi, à créer leur mouvement. En tout cas, si Issa Kaou N’Djim s’affiche comme le défenseur de la transition, tel n’est pas l’objectif de l’imam Oumarou Diarra, qui entend se faire entendre ce week-end, à travers un nouveau mouvement. Ces initiatives disparates, dans leurs objectifs, qui se déroulent en dehors de la CMAS, est le signe de l’implosion de ce regroupement même si son coordinateur, dans un déni de réalité, se veut rassurant.

La Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants (CMAS) de l’Imam Mahmoud Dicko, depuis quelques semaines, fait face à une double crise existentielle. D’une part, le bras droit de l’Imam, son porte-parole et gendre, Issa Kaou Djim ci-devant coordinateur général, est de plus en plus contesté à l’intérieur du Mouvement et détesté au sein de l’opinion. D’autre part, son divorce d’avec le M5-RFP, dont il a lu l’oraison funèbre en direct sur les réseaux, s’est soldé par un pugilat et un soupçon de traitrise de sa part, au sein de l’Opinion. Les démissions en cascade enregistrées à la CMAS, la semaine dernière, de très fortes personnalités comme l’Imam OUmarou Diarra, Ahmad N’Dounga Maïga et Oumar Bader Dicko ont sérieusement déstabilisé et fragilisé Issa Kaou N’Djim, de plus en plus isolé dans son soutien aveugle aux militaires du CNSP.

Comme si tous les dieux de la division s’étaient ligués contre le camp de l’Imam, ce mardi, deux autres responsables de la CMAS ont claqué la porte. Il s’agit de Madou Traoré, président du Bureau de la Coordination et toute sa base de la Commune V (base de l’Imam lui-même) et Moussa Diarra, responsable CMAS de Niamakoro.
Paniqué, le coordinateur de la CMAS, le N°10 qui a feinté tout le monde y compris le très sage et respecté Imam (qui trinque avec ceux qui ont quitté le navire battant pavillon CMAS), improvise une tournée de renouvellement des coordinations régionales CMAS de Ségou et Koutiala. À Ségou, la manœuvre tournera au vinaigre pour Issa Kaou Djim qui a failli se faire tabasser par les militants.
Rentré en catastrophe à Bamako avec convoi de V8 rutilants, pour faire oublier son échec, embarque et embobine, ce lundi quelques amis politiques, dont Nouhoum Sarr, qui lui sont restés fidèles pour lancer un nouveau mouvement à la place du M5 pour soutenir « fortement » et « comme il faut » les autorités de la Transition. Le mouvement est dénommé Appel Citoyen pour la Réussite de la Transition (ACRT) «FASO KA WELE».
En prélude au lancement des activités de son club de soutien, Issa Kaou N’Djim a animé une conférence de presse, hier jeudi, au siège de la CMAS. Pour l’occasion, il était entouré de certains de ses alliés comme Nouhoum Sarr, le président du parti FAD et un autre homme politique du M5-RFP. Comme Kaou N’Djim, sa participation à ce mouvement concrétise sa prise de distance d’avec le M5-RFP qui reste camper sur sa position de défenseur d’un changement que les militaires semblent piétiner. En effet, le M5-RFP réclame plus de responsabilités conformément à son engagement contre le régime, dont la lutte a été parachevée par les militaires le 18 août dernier.
Ainsi, lors de sa conférence de presse, Issa Kaou N’Djim a rappelé sans équivoque que le mouvement va soutenir la transition parce qu’il y va de l’avenir de la nation. « Nous réaffirmons notre soutien au CNPS, au gouvernement pour la réussite de la transition », a insisté Issa Kaou N’Djim. Sans aucune exclusion, il soutient que le pays a fait de l’union sacrée pour la réussite transition d’où son appel citoyen à l’ensemble du peuple malien. A cet effet, il a annoncé que l’Assemblée générale du mouvement se tiendra le dimanche prochain qui décidera des actions à mener pour accompagner et soutenir les nouvelles autorités. L’accompagnement de l’ACRT «FASO KA WELE» sera politique et populaire à la transition. Sans cela, elle va échouer. C’est cela notre conviction qui n’a rien d’un positionnement politique, a-t-il précisé.
« Pour le moment, rien n’a décidé. Nous allons décider ensemble pour le Mali», a-t-il indiqué.

Pour bien marquer son soutien à la Transition, Issa Kaou Djim laisse ses amis donner la contradiction à l’Imam Oumarou Diarra, l’autre figure emblématique de la CMAS qui a annoncé le lancement, à l’occasion d’une assemblée constitutive, de son « Mouvement pour la Justice, MPJ-Faso Yelen » pour ce samedi matin à Orpheus Dream, Village Hôtel sis à Missabougou sur la route de l’hôpital du Mali. En effet, au moment où des membres fondateurs de la CMAS comme Laya Amadou Guindo appellent publiquement à destituer le coordinateur pour l’empêcher de nuire davantage, Issa Kaou Djim envoie ses amis créer à la Maison de Presse son Club d’amis et sympathisants.

Comme on peut le voir, la fracture est nette, et la division désormais consommée entre les partisans de l’Imam Mahmoud Dicko qui curieusement est muré dans une omerta qui frise le parricide. De sa retraite anticipée, l’ancien président IBK doit se mordre le doigt pour avoir cru en l’amitié et à la fraternité de cet Imam et de ses partisans qui aujourd’hui sont en train de s’entredéchirer sur ce qui reste de notre Maliba, en attendant le Mali Koura qu’ils ont mensongèrement agité comme appât.

Lors d’un entretien au téléphone, l’imam Diarra s’est beaucoup indigné de la trahison et le non-respect par certains responsables de leur engagement après le coup d’État contre le président IBK. Ainsi, si le coordinateur a pris fait et cause en faveur de la transition qui n’a cessé de flouer le M5 ; l’imam Oumarou, en revanche, reste ferme sur la position du M5-RFP. Donc, le fossé entre les deux leaders est bien établi exposant leur divergence, pardon la fin de leur complicité contre le défunt régime.

Pour marquer sa distance vis-à-vis de la CMAS et de son parrain l’imam Mahmoud Dicko, Oumarou Diarra a affirmé à nos confrères de l’Indépendant, que son mouvement n’est pas affilié à un individu.
« Le mouvement n’est dédié ni au chérif de Nioro, ni à l’imam Dicko, ni au Chérif du Banconi, mais incarne l’espoir de tous ceux qui aspirent au changement », a-t-il précisé.

Ces positions divergentes sont clairement traduites dans les propos. En mettant en place ce mouvement, Oumarou Diarra affirme qu’il envisage un combat de conscientisation politique.
« Nous voulons contribuer à apprendre aux Maliens que l’on peut faire la politique dignement. La politique ce n’est pas le mensonge ni la trahison », nous avait-il indiqué. Après des décennies de pratique démocratique, il est temps que la vie politique réponde à nos valeurs. Selon lui, la politique ne doit plus se résumer à de mauvaises pratiques.
« Le respect de la parole donnée doit être une vertu sacrée en politique comme le recommandent nos valeurs », a-t-il déclaré. Une manière de dénoncer l’attitude de Issa Kaou N’DJIM en s’opposant au mot d’ordre du M5-RFP.
Comme une réponse du berger à la bergère, le coordinateur fait de ces démissions un non-événement, en affirmant que la CMAS se porte bien et qu’il n’y a pas de malaise en son sein. Selon lui, les contestataires de la CMAS sont tout simplement frustrés.

Par Sikou BAH




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