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samedi 8 mai 2021
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CNT: la bronca générale

Suite à la mise en place du Conseil national de Transition (CNT) les réactions sont nombreuses et diverses. Après le M5, les groupes armés, et plusieurs forces politiques s’opposent ou émettent de sérieuses réserves sur la crédibilité et la légalité surtout du processus de désignation des membres du CNT.

Transition : le quinteron de colonels s’impose
Après le Colonel Assimi GOITA, nommé Vice-Président de la Transition ; le Colonel Sadio CAMARA, ministre de la Défense et des anciens combattants ; le Colonel Modibo KONE, ministre de la Sécurité et de la protection civile de la transition ; le Colonel-Major Ismaël WAGUE, Ministre de la Réconciliation nationale de la transition, le colonel Malick DIAW, 1er vice-président du CNSP a été élu ce samedi matin 5 décembre 2020 à la tête du Conseil national de transition (CNT).
Seul candidat au poste de l’organe, le colonel qui était sûr de sa victoire, dans un discours apparemment rédigé à l’avance, s’est engagé à travailler afin de réconcilier les Maliens ainsi qu’à relever les défis du pays qui est actuellement ballotté entre les problèmes sécuritaires et les prochaines élections.
Or, le deal avec la communauté internationale était de mettre en place une transition civile (en clair remettre le pouvoir aux civils) et de retourner au front et dans les casernes. En tout cas, la CEDEAO était très claire : après la mise en place des organes civils de la transition, le CNSP devrait être dissous.
La mise en place du CNT, organe législatif et le dernier de la Transition, devrait signer la fin de l’existence officielle du Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Mais les militaires, du moins les cinq principaux putschistes, ne retournent pas pour autant dans les casernes. Ils ont tous les postes politiques importants.
En effet, en prenant les commandes de l’État, les bureaux climatisés, c’est bye-bye le terrain. Pour paraphraser le Général de Gaule (qui parlait de quarteron de généraux), voici notre quinteron de colonels partis pour un bail à longue durée avec la Transition.

Le M5-RFP dénonce l’Illégalité
Le Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) tient à rappeler sa position clairement exprimée dans sa déclaration du 04 novembre 2020 ainsi formulée : ‘’le M5-RFP, qui refuse de servir de faire-valoir à un régime militaire déguisé, a unanimement décidé de ne pas participer au Conseil National de Transition (CNT) dans le format proposé. Par conséquent le M5-RFP dénie à quiconque d’y participer en son nom et met en garde les autorités de la Transition contre toute manipulation visant à associer son nom à cette mascarade’’.
Cette position de principe du M5-RFP a été réaffirmée par courrier du 16 novembre 2020 adressé au Vice-Président de la Transition.
Aussi, le M5-RFP, cohérent et fidèle à ses engagements, n’a fourni aucun dossier de candidature n’a par conséquent aucun représentant au Conseil National de Transition et dénie à quiconque de se réclamer de lui.

Le Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) qui refuse de se laisser intimider, enfonce le clou. Il déplore les pratiques inquiétantes de violations systématiques des textes constitutionnels et légaux par les autorités de la Transition, en l’occurrence à travers la désignation de membres du CNT à titre individuel ou par cooptation, en violation de la Charte de la Transition et des décrets subséquents portant conditions d’éligibilité et clé de répartition des membres du CNT. Pourtant ces textes attribuent les sièges de l’institution à des entités nommément désignées.
Le mouvement contestataire du 5 juin dernier reste sur la même ligne. Il dit se réserver donc le droit d’attaquer devant les juridictions compétentes le décret de désignation des membres du CNT dont l’illégalité est évidente tant dans la forme que dans le fond.
Le M5 refuse le replâtrage, la tentative de faire du neuf avec l’ancien, mais surtout la confiscation du changement à travers le blanchiment des suppôts de l’ancien de l’ancien régime. Aussi se propose-t-il d’œuvrer avec d’autres pour leur barrer la route.
Le M5-RFP, dont le credo est la Refondation du Mali et le bannissement des mauvaises pratiques, fustige la désignation d’individus ayant, pourtant dans un passé récent, ouvertement et farouchement combattu le processus de changement en cours, et reste résolument déterminé à empêcher toutes velléités de restauration de l’ancien régime.
Conscient de ses responsabilités devant le Peuple malien et fidèle au sens du sacrifice des Martyrs de notre lutte pour lesquels justice doit être rendue, le M5-RFP demeure engagé pour la réussite de la Transition, afin de préserver la vision et les impératifs de changement de système qui est l’objectif principal du mouvement national patriotique enclenché le 5 juin 2020.

La Plateforme dénonce le non-respect d’engagements
La Plateforme dit qu’elle a été flouée par les autorités de Transition
La Plateforme des Mouvements du 14 Juin 2014 d’Alger explique qu’à la demande des autorités de la Transition, elle a fourni une liste de personnes devant siéger au sein du Conseil National de Transition (CNT) dans le respect d’un format convenu. Mais voilà, à sa grande surprise et contre toute attente, la Plateforme s’est rendu compte qu’aucune de ses propositions n’a été retenue.
Comme la CMA, la Plateforme condamne vigoureusement ces comportements de non-respect d’engagements convenus et du fait accompli qui rendent difficile la bonne collaboration.
La Plateforme réitère son attachement à la république et à ses institutions et invite les autorités de la transition à la conduite consensuelle et inclusive de la transition dans notre pays.
Comme la CMA, la Plateforme dit qu’elle reste attacher à l’application dans les meilleurs délais de l’accord de paix issue du processus d’Alger.

La CMI dénonce l’oubli
La Coordination des Mouvements de l’Indusivité (CMI) constate avec amertume son exclusion du CNT malgré le décret numéro 2020- 0143/PTRM du 09 novembre 2020 octroyant un quota de quatre représentants aux mouvements de l’Indusivité.
Pour corriger cette situation, une délégation de la CMI a été reçue par les autorités en charge de la transition qui ont exprimé leur étonnement et ont promis d’apporter une rectification afin que la CMI puisse siéger au CNT.
Convaincu de la bonne foi des autorités de la transition, la Coordination des Mouvements de l’Indusivité (CMI) est dans l’attente de récupérer ses places qui lui ont été attribuées par le décret numéro 2020- 0143/PT RM du 09 novembre 2020 portant création du CNT.

Le Cherif de Nioro dénonce exclusion
Après la nomination des 121 membres du CNT, le puissant chef religieux du Mali, Cheickh Mahamédoun Ould Cheickh Hamahoullah plus connu sous le de Bouyé s’est exprimé, le vendredi dernier, sur le sujet. Selon Cheick Coulibaly, Porte-Parole de l’Union des Jeunes Hamalistes, le Chérif de Nioro sur la question du CNT a dit : « nous sommes avant tout des Maliens comme d’autres. Nous avons toujours contribué à la construction de ce pays. Nous sommes une confrérie communément appelée (les Hamalistes). Nous avons une capacité de mobilisation assez grande comme d’autres organisations. Malgré notre soutien aux autorités de transition, nous dénonçons le fait que nous n’avions pas été impliqués au processus de mise en place des organes de transition. Nioro est le deuxième Cercle du Mali après Bafoulabé et nous avons des potentialités. J’attire l’attention du Président de la transition, du Premier Ministre et des Militaires que nous avions le droit d’être considérés dans ce pays. Je ne suis pas quelqu’un qui murmure ce qu’il pense et je n’ai aucun complexe de dire la vérité à qui que ce soit. Une bonne gestion exige une inclusivité totale. J’ai toujours soutenu les militaires et je continuerai à le faire et cela, malgré notre non-participation au Gouvernement et au CNT. Mais une chose est claire : nous avons été ignorés dans ce processus.
Wassalam ! »




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