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vendredi 23 avril 2021
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CNT: l’Imam caméléon s’en va

Après avoir siégé au Conseil national de la transition CNT, imam Oumarou Diarra, dans une lettre de démission, adressée, hier, au président Bah N’Daw, se pourvoie au lieu de faire son mea culpa d’avoir hésité devant l’offre.
La lettre de la démission de l’imam Oumarou Diarra a circulé sur les réseaux sociaux comme une trainée de poudre. Dans la correspondance adressée au président de la Transition, il indique : « Faisant suite à votre décret n°2020-023/PT-RM portant nomination des membres du Conseil national de la Transition (CNT) en date du 3 décembre 2020, je viens par la présente décliner votre offre ». En faisant l’économie de certains commentaires sur le fond et la forme qui ont précédé à la mise en place du CNT, Oumarou dit, après une longue réflexion, arrive à la conclusion suivante : « le conseil actuel ne correspond pas à mes attentes ». Avant d’ajouter qu’il aurait été une réussite après une concertation entre les acteurs cités dans la charte. Selon lui, le pays a besoin de cette concertation.
« La situation du Mali d’aujourd’hui commande un dialogue franc, sincère et inclusif, sans à priori, permettant à toutes ses filles et fils de se donner la main pour relever ensemble les défis actuels et futurs », soutient-il dans sa lettre au président de la transition.
À l’analyse, cette correspondance truffée d’incohérences, étale l’inconstance de l’imam Oumarou Diarra. Aussi, souffre-t-il de vice de forme et d’imprécision. En effet, sur la base du principe de la séparation des pouvoirs (pouvoir législatif, exécutif et judiciaire), la démission de l’imam en tant que membre du CNT ne devrait pas être adressée au président de la transition, mais plutôt au perchoir Malick Diaw. Il est membre du CNT. Par conséquent, sa décision est adressée au président du CNT.
De même, en acceptant de siéger au sein du CNT pendant au moins trois jours, il est inapproprié pour l’imam Diarra d’annoncer qu’il décline l’offre. En ce moment, on peut lui concéder « la démission » puisque c’est de cela qu’il est question. Toute autre expression est pompeuse.
En outre, l’imam du boulevard de l’indépendance, dans sa lettre, a manqué de courage d’assumer ses récents actes qui constituent tout de même de l’incohérence, de l’inconstance et même de la trahison. Parce qu’en affirmant devant Dieu et les hommes qu’il restait derrière le mot d’ordre du M5-RFP, alors qu’il figurait parmi les 121 membres du CNT, et ensuite faire partie de cet Organe législatif de la transition est une faute politique très grave. Et à son titre de membre du CNT, il a donné mandat au colonel Malick Diaw de voter à sa place pour son l’élection au perchoir de ce dernier. Sa voix a été comptabilisée pour le choix du perchoir.
Après cette faute, le contenu de lettre de Oumarou gagnerait en sincérité et clarté s’il avait fait son mea culpa au peuple malien d’avoir hésité à la tentation devant l’offre. Ainsi, dans sa correspondance, il s’égare et se pourvoit en faisant du populisme. C’est sous la pression que finalement le religieux décide de mettre fin à son deal avec les militaires.
Que fera-t-il après cette démission presque contrainte et forcée et qui fait l’objet de toute les polémiques sur les réseaux ? L’Imam devenu désormais, «honorable» pour certains, et «caméléon » pour d’autres, a affirmé qu’il «demeure plus que jamais engagé pour la cause de notre patrie qui souffre d’une crise multidimensionnelle sans précédent ».

Par Sikou BAH




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