Comité national de pilotage du Projet 1 du P2RS: les réalisions de 2016 et les ambitions de 2017

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La deuxième session du comité national de pilotage du Projet 1 du Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire (P2RS) s’est tenue, hier jeudi, à la DFM du ministère de l’Agriculture. La séance était présidée par le Conseiller technique du ministère, Dramane SANOGO, en présence de l’ensemble des responsables des structures impliquées dans la lutte pour la sécurité alimentaire.

Grâce à sa participation dans l’amélioration des conditions de vie des populations et à la croissance économique, le secteur agricole joue un rôle stratégique important dans la stabilité économique et sociale de notre pays. Le secteur, selon Dramane SANOGO, emploie près de 80 % des actifs du pays et contribue pour 23 % à la balance commerciale. Mais ce rôle de maintien de l’équilibre social et économique du secteur agricole est fortement handicapé par un certain nombre de facteurs qui tiennent à la forte vulnérabilité des exploitations agricoles aux aléas climatiques incluant sécheresses, inondations et faibles crues. Les risques majeurs liés aux déprédateurs ; le faible niveau d’alphabétisation des producteurs agricoles ; la faible maîtrise des problèmes environnementaux sont également cités par le Conseiller technique comme des facteurs plombant les efforts du secteur agricole.
M. SANOGO a souligné d’autres facteurs limitants, allongeant ainsi la liste des phénomènes qui menacent le secteur agricole. Il s’agit de : la problématique du foncier agricole ; le faible accès des producteurs au crédit ; le faible niveau de financement du secteur ; l’insuffisance du système d’appui-conseil ; le faible niveau de formation des producteurs.
Face à ces contraintes qui fragilisent la sécurité alimentaire, le gouvernement a entrepris un vaste programme de réformes dont l’objectif est non seulement d’inverser la tendance négative, mais également de dynamiser le secteur afin de le rendre plus performant. Au nombre de ces réformes, il a évoqué la Loi d’orientation agricole qui, selon lui, se veut un instrument directif et fédérateur pour l’ensemble des dispositions législatives et réglementaires touchant les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la forêt. La Politique de développement agricole (PDA) élaborée en 2013 et son outil d’opérationnalisation, le Plan national d’investissement du secteur agricole (PNISA) adopté en 2015 ont également été évoqués par le président de séance.
Le Projet 1 du Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2RS), objet de cette deuxième session du comité national, concerne l’ensemble des pays membres du CILSS : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Cap-Vert, Guinée, Guinée Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad et Togo. Il sera mis en œuvre sur une durée de 20 ans, en phases successives de 5 ans, dans le cadre de la réalisation de l’objectif « Zéro faim en 2032 » de l’Alliance globale pour la résilience au Sahel (AGIR). Le projet 1 du P2RS concerne en termes d’investissement, les sept pays sahéliens les plus affectés par les crises alimentaires : le Burkina, la Gambie, le Mali, la Mauritanie, le Niger le Sénégal et le Tchad.
Officiellement lancé le 16 décembre 2015, il doit contribuer à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et accroître, sur une base durable, la productivité et les productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques au Sahel.
Le programme s’exécutera, à travers quatre projets de cinq ans chacun et, à travers trois composantes : développement des infrastructures rurales ; développement des chaines de valeur et des marchés régionaux ; et gestion du projet.
Le coût du projet pour le Mali se chiffre à 31,94 milliards de FCFA répartis comme suit : 27,15 milliards du Fonds africain de développement (FAD) en prêt et don chacun (soit 85 %), 4,14 milliards pour le Gouvernement du Mali (13 %) et 650 millions pour les bénéficiaires (2 %).
Le P2RS a enregistré son premier décaissement sur le fonds FAD, le 23 octobre 2015. Ce décaissement a permis, entre autres, au cours de l’année 2016, à l’identification des sites d’intervention du projet, l’élaboration du manuel de procédure administrative financière et comptable, le lancement du processus d’acquisition de matériels roulants, matériels informatiques, mobiliers de bureau et de 20 000 moustiquaires imprégnées, le lancement du processus de recrutement d’un cabinet d’expertise-comptable pour l’audit des comptes 2015, 2016 et 2017.
Selon Dramane SANOGO, l’année en cours a été également consacrée à la tenue des comités techniques de suivi régional de Kayes et Koulikoro ; à l’élaboration des dossiers de recrutement de bureaux ingénieurs-conseils pour les études, contrôles et surveillances des travaux des infrastructures et aménagements hydro-agricoles, sylvo-pastorales et halieutiques ; le recrutement d’Ong pour la mise en œuvre des activités de développement des filières végétales, animales et halieutiques ; le lancement du DAO et la signature des marchés de 167 forages positifs dans les régions de Kayes et Koulikoro.
Au cours de cette session, les participants ont examiné et adopté toute la documentation soumise à leur appréciation relative au compte rendu des travaux de la première session ; l’état d’exécution des recommandations de ladite session inaugurale ; le rapport d’activité 2016, l’état d’exécution du budget de la même année et le programme de travail et budget annuel 2017.
De la révélation faite par le Conseiller technique, l’exercice financier 2017, avec un budget de plus de 8 milliards de FCFA, sera essentiellement consacré au financement des travaux qui ne nécessitent pas d’étude au préalable, les études des travaux de réalisation des infrastructures hydro-agricoles, des acquisitions de biens et des conventions avec les directions techniques.

Par Mohamed D. DIAWARA

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