Commémoration du 70è anniversaire de l’US RDA: hommage aux médaillés d’or de l’indépendance

10

22 octobre 1946-22 octobre de 2016 : Voilà 70 ans que naissait l’US-RDA (Union Soudanaise du Rassemblement Démocratique Africain). Pour marquer l’évènement d’une pierre blanche, le parti UM-RDA-Faso Jigi (Union Malienne du Rassemblement Démocratique Africain), héritière de la défunte US-RDA, a organisé, samedi dernier, à la Maison de la presse, une conférence pédagogique sur le thème : «Le combat de Union Soudanaise du Rassemblement Démocratique Africain pour l’unité politique au Soudan». L’autre temps fort de la rencontre a été la remise d’Attestations de reconnaissance à 4 survivants des Médaillés d’or de l’Indépendance pour le sacrifice consenti à la nation.

La cérémonie était placée sous l’égide du président du parti, Bocar Moussa DIARRA, qui avait à ses côtés, outre les conférenciers, le secrétaire politique et le secrétaire à l’organisation. Elle a enregistré la participation de plusieurs autres personnalités de la classe politique, etc.
Quant à la conférence, elle était animée par l’ancien ministre Modibo DIAKITE, avec la modération de Gaoussou DIARRAH.

Les raisons d’une fête
Pour les organisateurs, ce jour anniversaire est un moment d’émotion, de fierté et surtout de reconnaissance à tous ceux qui, par le sacrifice de leur personne, ont rendu possible l’émancipation des peuples africains.
En effet, pour permettre à la jeune génération de mieux mesurer le chemin parcouru, l’UM-RDA a fait appel à un éminent conférencier, à savoir : l’ancien ministre Modibo DIAKITE.
Selon le président du parti, Bocar Moussa DIARRA, après 70 ans, on peut dire que «l’US-RDA a un parcours assez respectable». C’est pourquoi, a-t-il expliqué, son parti a marqué un temps pour faire un regard rétrospectif qui a permis aux responsables du parti de se rendre compte de l’ampleur de la tâche qui a été abattue et de tout ce qui reste encore à faire.
A travers l’organisation de cette rencontre, l’UM-RDA Faso Jigi entend rendre hommage aux hommes et aux femmes qui, les 18, 19 et 20 octobre 1946, ici à Bamako, ont mis ensemble leur solution pour la restauration de la dignité de l’Afrique et de l’Africain.
«C’était héroïque, et depuis, le combat a été un combat épique», a-t-il clamé. De l’avis de M. DIARRA, il était donc temps pour les responsable de l’UM-RDA, héritière de la défunte US-RDA, de s’arrêter et de regarder dernière afin de saluer tout ce qui a été fait et rendre hommage au temps de sacrifice, de renoncement, de conviction et d’engagement.
Dès le lendemain de la mise en place du RDA, a-t-il fait savoir, le peuple du Mali, qui était dans des entités politiques différentes, s’était retrouvé. A l’époque, a-t-il rappelé, il y avait les militants du Bloc, du Parti socialiste et du PSP qui se sont regroupés au sein de l’US-RDA.
«Cela nous a valu la restauration de notre dignité, de l’indépendance de notre pays par le fait des hommes et des femmes de grande intégrité, de grands militants», a-t-il dit tout fièrement.
Aujourd’hui, en tant que héritier de ces grands hommes, les responsables de l’UM RDA tentent de porter ces valeurs et de perpétuer le combat pour la dignité de notre peuple et de notre pays.
Parmi ces hommes et femmes qui ont mené le combat et auxquels le peuple malien, lui-même, a rendu hommage, ce sont ceux-là qui ont été indiqués pour porter la Médaille d’or de l’Indépendance du Mali. Ils étaient, à l’époque, au nombre de 400. Aujourd’hui, ils ne sont que 4 survivants.

La reconnaissance
La cérémonie du samedi dernier a consisté a honoré ces 4 survivants, et à travers eux, tous leurs compagnons qui par leur sacrifice ont rendu possible que la Mali soit. Il s’agit, entre autres, de : Dramane COULIBALY ; El Hadj Oumar Sidijé TRAORE ; Youssouf TRAORE ; Fayira DIARRA.
De même, l’ancien président, Modibo KEÏTA et Mamadou KONATE ont été décoré à titre posthume.
Aujourd’hui, le parti a souhaité, prendre un aspect de leur combat pour en faire son crédo, c’est-à-dire, la lutte pour le rassemblement politique de nos entités au Mali.
Le RDA commence par rassemble, ce qui n’est pas, de l’avis du président, un vain mot. Car, le rassemblement, faut-il le rappelé, a permis à l’Afrique de s’émanciper. Pour Bocar Moussa, l’Union soudanaise RDA a aussi réussi dans son combat par ce qu’il y eu un rassemblement au Mali (ex Soudan français). «Nous continuons cela, car nous sommes convaincus de l’importance et de l’intérêt du rassemblement », a-t-il dit. Selon ses propos, notre pays est aujourd’hui à la croisée des chemins. C’est pour cela que les responsables de l’UM-RDA, continuent à croire, dur comme fer, que les chemins de nos anciens sont demeurent d’actualité.

Les solutions
«La solution pour nous, c’est toujours le rassemblement, nous avons qu’un seul pays, il n’y a aucune raison que nous soyons divisé par rapport aux intérêts supérieur de notre pays », a-t-il conseillé.
Le président du parti UM-RDA déplore le fait qu’au Mali nous avons oublié d’intégrer nos propres valeurs dans celles de la démocratie.
«Aujourd’hui, notre démocratie est un système de mimétisme de pratique qui jure avec ce que notre culture nous a enseignée », a-t-il dénoncé.
Selon lui, nous avons connu dans ce pays de grands empires, où le pouvoir était fort, sans qu’il ne fonctionne sur la base des systèmes démocratiques européens.
A son avis, le fait d’avoir dans une démocratie (majorité et opposition) qui oppose les citoyens du pays, n’intègre aucune de nos valeurs et peut participer à fragiliser nos moyens de défense. Dans le système actuel, a-t-il ajouté, les gens sont élus par des mécanismes que la majorité de la population ignore, et ne se reconnait pas dans ses élus.
Par exemple, a-t-il expliqué, pour être élu Président de la République, les candidats doivent payer une caution de 35 millions FCFA. Toutefois, on ne tient pas compte de la valeur morale et de toute la charge émotionnelle que cela comporte.
Pour changer la donne, le président de l’UM-RDA, loin de lui la prétention d’un retour à nos valeurs traditionnelles, souhaite l’intégration des valeurs de dignité, d’honneur, de la loyauté dans notre système démocratique.

Par Abdoulaye OUATTARA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *