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mardi 12 décembre 2017
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Commission africaine des droits de l’homme et des peuples: Me Soyata hisse le drapeau du Mali plus haut

C’est avec fierté que Me Kassoum TAPO, ministre des droits de l’homme et de la réforme de l’état, a présenté la toute nouvelle présidente de la Commission africaine des droits de l’homme et de peuples, Me Soyata MAIGA, au staff de son département et à la presse, hier lundi, dans la salle de conférence de son département. C’était à la faveur de la rencontre du ministre TAPO avec les institutions et organisation des droits de l’homme à laquelle a pris part la nouvelle promue, Me Soyata.

En campant le décor, Me TAPO a présenté sa collègue comme une amazone des droits de l’homme, à travers ses exploits réalisés, au niveau national et international, avant de la féliciter pour cette brillante nomination.
Après les salutations d’usage, un participant a procédé à la lecture du curriculum vitae combien éloquent de cette grande dame des droits de l’homme. Avocate à la Cour, Commissaire et précédemment Vice-Présidente de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, il a souligné que Me Soyata Maïga a été récemment portée à la tête de l’institution de contrôle des droits de l’homme.
Quant à Me Soyata MAIGA, elle a remercié le gouvernement malien pour sa confiance placée en elle, en l’envoyant auprès de l’Union africaine.
« Ça fait dix ans que je suis au service de l’Afrique. Au nom de mon pays, je remercie le gouvernement du Mali, à travers son ministère des Droits de l’homme et de la réforme de l’État qui était à Banjul lors de mon élection à l’issue de la 61e session de la commission africaine des droits de l’homme et des peuples, tenue à Banjul du 1er au 15 novembre dernier. Ils ont été les premiers à prendre la parole au nom du Mali. Cela m’a beaucoup réconfortée. Qu’ils en soient remerciés », a-t-elle dit. Selon elle, la présence de la délégation malienne à cette session était importante, car, justifie-t-elle, le Mali est le tout premier pays à avoir ratifié la charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Elle a rassuré le peuple malien, les plus hautes autorités de notre pays de toute sa détermination pour travailler et mener à bon port les missions qui lui sont assignées par l’Afrique.
« Je ferai tout pour que mon pays soit fier de moi. Pour qu’il sache que lorsque je suis en dehors, je travaille pour l’Afrique », a-t-elle rassuré.
Elle a, par ailleurs, déploré le dysfonctionnement actuel de notre système éducatif.
« C’est le dysfonctionnement de l’éducation qui fait que les plus riches envoient leurs enfants à l’école et les autres vont à l’exil et prennent les chemins du Sahara et des océans à la recherche d’un meilleur être. Je pense que nous devons discuter de la problématique des migrants entre nous, de voir ce qui peut être faite au niveau de nos pays pour faire redémarrer l’école y maintenir les enfants. Nous devons faire en sorte que tout le monde s’implique, car nous n’avons pas que des droits, nous avons aussi des devoirs envers la communauté, la famille et envers nos pays. Nous devons travailler main dans la main pour relever les défis qui sont à notre portée ; tel ce problème criard de l’immigration clandestine », a-t-elle dit, avant d’informer qu’elle conduira une mission en Égypte pour constater et produire un rapport sur la traite des migrants noirs et d’autres actes inhumains qu’ils subissent en Libye.
Pour finir, Me Soyata a exhorté les gouvernants d’instaurer la charte africaine des droits de l’homme et des peuples dans les programmes d’éducation et ensuite de les traduire dans les langues africaines, pour une large diffusion.

Une carrière bien remplie
De nationalité malienne, Me Soyata Maïga est diplômée de l’École nationale de la Magistrature (ENM), Section internationale de Paris avec Mention Très Bien (1977 – 1979), et de l’École Nationale d’Administration de Bamako (ENA), Major de la Promotion Sciences juridiques (Maîtrise en Droit privé 1972 – 1976).
Détentrice de nombreux certificats et attestations, membres de nombreuses associations professionnelles et organismes régionaux comme la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, fondatrice de l’Association des juristes maliennes (A.J.M.), Membre de la Fédération internationale des femmes de carrières juridiques, de la Fédération des Juristes africaines (FJA), du Conseil d’Administration des Femmes Africa Solidarité (FAS), du Comité de Sélection du Gender Award de la Campagne : « Le Genre est mon Agenda » (Addis). En outre, Me Soyata Maïga est également Ancienne Présidente du Conseil d’Administration de Media Foundation for West Africa (Accra- Ghana), Ancienne Membre du Conseil d’Administration du Centre International sur les Droits de la Personne (Droits et Démocratie) du Canada. Elle a reçu plusieurs distinctions et est :Chevalier de l’Ordre national du Mali en février 2015 ; Women Pioneer Award décerné par l’Organisation Panafricaine des Femmes (OPF) et la Campagne « Le Genre est mon Agenda » en janvier 2017 à Addis à l’occasion de l’Année des Droits de l’Homme avec un Accent particulier sur les Droits des Femmes, en récompense du leadership, de l’innovation et de l’engagement en faveur de l’amélioration du Statut de la Femme africaine ; prix spécial du Jury de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits, en tant que membre du Conseil d’Administration des Femmes Africa Solidarité en 2013 à Paris ; Prix Aoua Keïta décerné par l’Association pour le Progrès et la Défense des Droits des Femmes (APDF) Bamako août 2008 ; titre de Pionnière décerné par la Fédération des Juristes africaines lors du 5e –Congrès en reconnaissance de l’engagement pour la promotion des relations de genre égalitaires et la protection des droits des femmes et des enfants. Me Soyata Maïga a 15 années d’expérience au sein de la magistrature du Mali.
Au moment de son élection comme présidente de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), Me Soyata Maïga est : Avocate à la Cour, Commissaire, Vice-Présidente de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, Présidente du Groupe de Travail sur les Populations/Communautés autochtones en Afrique, Présidente du Comité de Protection des Droits des Personnes vivant avec le VIH et des Personnes à risque, vulnérables et affectées par le VIH en Afrique. Me parle Français et Anglais.

PAR CHRISTELLE KONE