Communales CII: entre plainte et tension

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En commune II du District de Bamako, quelque 116 054 d’électeurs repartis entre 239 bureaux de vote étaient appelés aux urnes, hier dimanche, pour élire leurs conseillers communaux. En plus de la faible mobilisation, dans certains centres de vote, des responsables politiques se plaignent de la fraude à grande échelle. Aussi, une atmosphère de vive tension était perspective entre les militants.

Il n’y avait pas de grande affluence dans les centres de vote de la commune II que nous avons visités. Pratiquement, aucune file d’attente devant les bureaux de vote dans cette commune qui affiche de grandes rivalités entre responsables politiques. Dans les centres de vote de Missira et de Médina-Coura, c’est le même constat de faible engouement des électeurs dans les urnes.
À Missira où nous avons commencé, notre visite, des présidents de bureaux de vote, à l’image de Mamadou TRAORE, nous a confié que le processus a démarré à 8 heures conformément à la loi. Il a aussi indiqué qu’ils n’ont pas de problèmes de documents électoraux avant de déclarer que tout se passe à la normale.
Ici, les quelques électeurs qui défilaient dans la cour, à la recherche de leur bureau de vote, disent venir accomplir leur droit civique et de citoyenneté. Aussi, nous ont-ils montré leur mécontentement face à la faible mobilisation des électeurs.
Selon Mohamed Lamine TOURE, cette situation est due au fait que la population ne croit plus aux hommes politiques. De plus en plus, a-t-il soutenu, la population assimile la politique à une affaire de « mensonge » sans compter que la qualité des candidats reste à désirer.
« Nous avons des candidats sur des différentes listes qui n’ont pas bonne presse dans la commune. Ainsi, il va être difficile pour les gens de sortir massivement sachant cela. Je crois que ce sont, entre autres, raisons qui peuvent expliquer ce faible intérêt des électeurs à sortir pour voter », a indiqué M. TOURE qui s’est aussi plaint de l’identification des bureaux de vote qui lui a été laborieux.
Il a affirmé avoir eu de la peine à retrouver son bureau de vote. L’identification du bureau de vote par SMS n’a pas marché pour lui, a dénoncé M. TOURE avant de déclarer que plusieurs autres électeurs étaient confrontés à la même situation que lui.
Au centre de vote de Médina-Coura, 2e étape de notre visite, le démarrage des opérations de vote a pris du retard dans plusieurs bureaux où certains ont ouvert au-delà de 9 heures. Faisant le point de la situation, le coordinateur de ce centre, Lassane DOLO a signalé que 7 bureaux de vote n’ont pas pu ouvrir à 8 heures conformément à la réglementation, en la matière. Il a évoqué l’absence des délégués, des présidents et de certains matériels électoraux dans ses bureaux de vote pour expliquer ce retard.
Finalement, c’est aux environs de 10 heures que ces bureaux ont pu être opérationnels, a-t-on fait le constat sur place. En plus de ces cas, il y avait des bureaux de vote où des matériels électoraux n’étaient pas au complet. C’est le cas notamment du bureau n° 15 où des électeurs étaient obligés d’attendre pendant plusieurs minutes avant d’accomplir leur devoir civique.
Interrogé sur les motifs de la longue file d’attente devant ce bureau, Mohamed CISSOUMA dit déplorer cette situation qui n’honore pas notre processus démocratique.
Entre plaintes et tensions, les opérations de vote se sont déroulées hier dans une atmosphère électrique. Les militants de différents bords politiques s’accusant mutuellement de fraude, d’achat de conscient et de tripatouillage électoral. Déjà, certains responsables pensaient hier qu’il faille annuler le scrutin dans ce centre.

Par Sikou BAH

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