Communales du 20 novembre 2016: si-in, hier, des déboutés de la CII

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Mécontente du verdict du tribunal de la Commune II qui a annulé leurs listes pour les élections communales du 20 novembre prochain, une coalition de partis politiques, à savoir l’URD, JAMA JIGI, FARE ANKAWILI, PARENA et l’ADEMA, a organisé, hier mardi, un sit-in de protestation devant ledit Tribunal.

A l’appel de cette coalition, ils étaient quelques dizaines de manifestants devant le Tribunal de la CII aux environs de 10 heures.
Sur leurs pancartes, on pouvait lire : «Sans l’alliance URD-JAMA JIGI-FARE ANKAWILI-PARENA, pas d’élection en municipale en CII»; «Ils t’ont donné combien pour ce travail Monsieur le juge Housséni TRAORE ?» ; «Sauvons la démocratie en CII», etc. Et d’autres scandaient « il n’y aura pas d’élections le 20 novembre prochain en Commune II sans la validation de nos listes».
Parmi les responsables de cette manifestation, on reconnaît l’ancien ministre Sékou DIAKITE, représentant de la liste ADEMA ; Mme Traoré Salimatou KEÏTA, élue URD de la Commune, et le président du mouvement des jeunes de la Commune II de l’URD, Abdramane DIARRA, etc.
Selon l’ancien ministre Sékou DIAKITE, qui vient de signer son retour à l’ADEMA, la manifestation du jour vise à protester contre la décision du juge qui a annulé la liste de la coalition URD-JAMA JIGI-FARE ANKAWILI-PARENA ainsi que la liste propre de l’ADEMA.
Pour lui, les motifs d’annulation n’ont aucun fondement juridique. Pire a-t-il déclaré, l’issue du jugement était connue de certains de leurs adversaires avant l’audience. Cela montre, à son avis, que le verdict a été pris en absence de tout principe de droit. «Tout ce que nous demandons, c’est que nos listes reviennent qu’on aille aux élections», a-t-il dit. Car, explique-t-il, la démocratie veut que ça soit le verdict des urnes qui départage les candidats.
«Aujourd’hui, nous disons que nous avons foi en la justice malienne, et nous pensons que le droit sera dit dans cette affaire pour qu’on aille à chance égale aux élections», a-t-il souhaité.
En effet, a-t-il rappelé, la séparation des pouvoirs, conformément à la Constitution de 1992. Cependant, déplore-t-il, malgré cette indépendance de la justice, force est de constater qu’il y a encore «des juges qui foulent au pied ces principes pour prendre des décisions dans le but de faire plaisir au régime en place». Toutefois, reconnaît-il, l’existence des hommes et des femmes intègres au sein de notre appareil judiciaire. C’est pourquoi, a-t-il fait savoir, les parties en cause ont fait appel de cette décision. «Tout compte fait, nous iront aux élections», a-t-il rassuré.
Selon Mme Traoré Salimatou KEÏTA, sans confrontation il ne s’aurait y avoir de vainqueur. Selon elle, deux individus seulement (le juge et l’opérateur économique Ali NIAGADO) ne peuvent pas prendre en otage toute la Commune II. Elle a invité tous les citoyens à la mobilisation et à la vigilance «Si la liste de l’ADEMA, de la coalition URD-JAMA JIGI-FARE ANKAWILI-PARENA, ne reviennent, il n’y aura pas d’élection en Commune II», a-t-elle prévenu.
Sur la même lancée, le président du mouvement des jeunes URD de la Commune II, Abdramane DIARRA, a souligné que l’argent ne saurait tout payer ; et qu’il y a des hommes intègres que les populations respectent sur les deux listes annulées. Il a mis en garde l’opérateur économique, Ali NIANGADO, contre tout trafic d’influence ou d’achat de conscience.
Les manifestants «accusent le vice-président du tribunal d’avoir mangé dans la main de l’opérateur économique» qui aurait juré d’écarter tous ses adversaires politiques de la course avant le scrutin du 20 novembre par les moyens de justice.
Rappelons que la liste de l’ADEMA-PASJ a été invalidée parce qu’il y a eu du Blanco sur le nom d’une candidate. Quant à la liste de la coalition URD-JAMA JIGI-FARE ANKAWILI-PARENA, elle a été invalidée parce que le maire qui a légalisé la liste figure sur la même liste (juge et partie).
Affaire à suivre…

Par Abdoulaye OUATTARA

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