Communales du 20 novembre: le casse-tête des grands partis

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À l’approche des communales du 20 novembre, les partis politiques sont menacés de remous internes, dus principalement à la combinaison des listes de candidatures pour l’échéance politique qui se prépare. Même les plus grands d’entre eux ne sont pas en marge de cette effervescence politique interne. Des signes de tension sont autour des différents partis politiques à l’intérieur desquels les rivalités interpersonnelles se cristallisent autour du choix et du profil des éventuelles candidatures pour les communales à venir.

Aucun des grands bastions politiques n’est épargné par le vent de la tourmente : çà et là, au cœur des différentes formations politiques, des velléités individuelles sont annoncées avec des fortunes diverses. Les plus marqués sont les grands partis qui ont du mal à harmoniser la ligne électorale à l’intérieur. De ce fait, ces grandes formations politiques et bien d’autres, au plan national, sont ainsi agitées par ces bruits de coulisses qui risquent d’avoir de grandes répercussions. La sensibilité de ces élections, dites de proximité, fait que dans bien nombre de cas, les partis politiques perdent leur emprise réelle sur la réalité du terrain, laquelle donne paraît déterminante pour le choix des futures candidatures.
Autant dire que les combinaisons de listes divisent à l’intérieur d’un même parti où les protagonistes semblent jouer sur des registres différents pour se positionner dans la course pour les communales. Il y a belle lurette, lors des précédents scrutins, les partis ont connu des dissensions internes, qui ont entraîné, dans nombre de situations, de bien mauvaises postures politiques. Le plus souvent, ces différends internes autour des communales procèdent de la volonté du sommet d’en imposer à la base politique ; celle-ci est du coup amené à avaliser les décisions parachutées d’en haut dans une opération électorale dont l’essence politique est celle de la proximité. En la matière, les militants à la base doivent avoir une prise réelle sur le choix des hommes et les stratégies électorales à formuler sur le terrain. Les partis politiques, dans plusieurs localités du pays, ont ainsi dû faire face à des militants, mécontents de ne pas être retenus sur les listes de candidatures pour les communales. À partir de ces malentendus et oppositions, à l’intérieur des formations, beaucoup de candidats déçus n’ont trouvé le salut qu’en jouant sur la carte de la candidature indépendante. Un choix politique qui n’a pas été sans conséquence sur la cohésion des formations politiques, lesquelles ont souvent été confrontées à une levée de boucliers politique. Des transfuges politiques tenaient alors la dragée haute à leurs formations d’origine, pourtant également soumises à la dure épreuve du terrain en face à des concurrents politiques traditionnels.
L’édition de cette année risque de reproduire les mêmes schémas de déchirure à l’intérieur des partis politiques. De ce fait, si les communales, à cause de leur caractère populaire, suscitent de réels enthousiasmes sur le terrain politique, il n’en demeure pas moins qu’elles provoquent à l’intérieur des partis de véritables séismes politiques. À en croire les informations, beaucoup de partis sont sur le qui-vive à l’approche de ces communales, l’origine de la divergence portant, à l’intérieur des principales formations concernées, sur le choix et le profil des candidats.
Dans les états-majors politiques, ceux qui se révoltent et claquent la porte, en se portant sur des listes indépendantes, sont des militants et responsables du parti qui ont eu du mal à faire avaliser leurs candidatures au sein de leur parti d’origine. À cela plusieurs raisons : il arrive, à en croire les sources, que les partis politiques dénient toute qualité de représentation électorale à certains de leurs militants pour respecter des engagements politiques, conclus avec d’autres formations, dans le but de peaufiner des stratégies électorales, qui le plus souvent sont édifiées loin des considérations d’ordre local. Il arrive également que les partis politiques, pour des considérations purement internes, optent pour mettre à l’écart certaines catégories de postulants à la course aux communales, ainsi donc obligés de se soumettre au verdict du mieux-disant.
Dans tous les cas de figure, la décision politique, venue d’en haut, est perçue comme un diktat politique portant les germes de l’implosion et de la déchirure. Dans les partis politiques, on annonce alors que plusieurs militants et responsables locaux sont déterminés à braver la décision suprême pour se présenter aux prochaines communales, indépendamment des sanctions encourues. Dans plusieurs grandes formations de l’échiquier national, des anciens élus locaux, assurés de ne pas figurer sur la liste officielle de candidature de leur parti, sont déjà sur leur pied de guerre. Plusieurs anciens élus locaux, à défaut d’être retenus par leurs partis, sont ainsi portés sur la candidature indépendante pour ne pas rater le rendez-vous politico-électoral des communales.
En tout état de cause, ces grands partis ne sont pas des cas isolés : de nombreuses autres formations politiques, au-delà du clivage politique, connaissent aussi des cas emblématiques où le tiraillement des militants à la base, dans plusieurs localités du pays, risque d’éclabousser le sommet de ces partis. Les directions auront du pain sur la planche pour accorder les violons politiques en leur sein. Le choc des affrontements à l’interne peut être atténué à condition que les partis politiques concernés sachent en fin de compte établir un savant dosage politique entre les desiderata politiques du sommet et des intérêts locaux sur le terrain, toujours déterminants quant à la gestion des échéances communales…

Par Mohamed D. DIAWARA

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