Communales du 20 novembre: l’URD à la conquête des morts ?

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Après avoir fini de violer toutes les règles en matière d’affichage, à l’occasion de la campagne électorale, voilà nos partis politiques s’attaquer à un domaine relevant du sacré : le cimetière. Ainsi, après les voies, les places publiques, les panneaux de signalisation de la circulation routière…, les murs des cimetières sont aussi convoités par les hommes politiques. À Sabalibougou, un quartier populaire de la CV du district de Bamako, où politiciens voient tout en électorat, on ne dément pas ce constat.

Pour les usagers de cette voie fréquentée qui mène de Torocobougou à Garantiguibougou en passant bien sûr par le quartier de Sabalibougou, la décence politique n’est plus de rigueur dans notre pays, tant les murs du cimetière sont aussi colorés que la devanture du siège d’un parti. Ces affiches sur les murs du cimetière, pour beaucoup d’usagers de cette voie sont assimilables à une insulte à la morale politique et à nos meurs. Lesquels sans distinction de religion vouent le maximum de respect aux morts.
À Sabalibougou, le spectacle à laquelle se sont adonnés nos hommes politiques, en ne trouvant une autre utilité aux murs d’un cimetière qu’un vulgaire espace d’affichage des affiches de campagne, est indigne d’une ville où les mœurs et l’autorité de l’État sont de rigueur. Faites-y un tour pour mieux apprécier !
Ils sont quelques partis politiques dits influents dans la commune à rivaliser d’ardeur, dans ce sens, pour certainement arracher les voix des illustres disparus qui reposent en paix à l’intérieur de cette muraille : l’URD du chef de l’opposition, Soumaïla CISSE, l’ADP-Maliba de l’honorable Amadou THIAM ; le MPR du Dr Choguel Kokala MAÏGA, l’UDD, du fils sage Moussa Bala Coulibaly, qui n’est autre que Tiéman Hubert COULIBALY ; le SADI du Dr Oumar MARIKO, etc.
Si la décence et la morale politiques nous recommandent d’épargner ces lieux pour afficher surtout en période de campagne, la loi nationale également ne nous l’encourage guère : Selon l’article 76 de la loi électorale : « Pendant la durée de la campagne électorale, des emplacements spéciaux seront réservés dans chaque commune ainsi qu’aux abords de chaque bureau de vote, pour l’apposition des affiches électorales, par le représentant de l’État dans la commune et dans le district de Bamako. Dans chacun emplacements, une surface égale est distribuée à chaque liste de candidats. Tout affichage relatif à l’élection, même par affiche timbrée, est interdit hors de ces emplacements.
Dans le cas de l’application de la présente disposition, le représentant de l’État prend un règlement de police qui définit les sanctions administratives ».
L’article 77 de la même loi stipule : « Les emplacements sont attribués par ordre d’arrivée des demandes qui doivent être formulées au plus tard sept jours avant le début de la campagne électorale ».
Qui a donc octroyé à ces responsables politiques cet espace pour l’affichage de leur message de campagne ? Le maire ou le gouverneur du district ? Ne sommes-nous pas dans une république ? Que font alors les citoyens des lois de la République ?
En tout cas, si ces les futurs maires et conseillers municipaux qui torpille comme cela les lois, il y a lieu de s’interroger sur le future de notre pays.

Par Abdoulaye OUATTARA

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