Communales en CI: la faible affluence

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Les élections communales, organisées hier 20 novembre dans plusieurs localités du pays, n’ont pas drainé d’électeurs. En tous cas, en Commune I du District de Bamako, à notre passage, des bureaux de vote ouverts depuis 8 h attendaient impatiemment les premiers électeurs. Pas d’affluence devant les bureaux de vote, c’est à 10 heures que certains bureaux ont enregistré les premiers votants.

Les populations étaient appelées à se prononcer, hier dimanche, sur le choix de leurs élus communaux. Un scrutin devant parachever le processus des élections générales dans le pays. En Commune I du District de Bamako, il était 8h 30 au Centre de vote du 2e cycle de l’Ecole fondamentale de Djélibougou, tous les bureaux de vote ont ouverts, a-t-on constaté.
Très sollicité, nous n’avons pas pu rencontrer le coordinateur de ce centre de vote, mais des présidents de bureaux de vote, de constat général, nous ont confirmé que les bureaux ont été ouverts conformément à l’heure indiquée, 8h du matin. Aussi, nous ont-ils confirmé, la présence des documents électoraux nécessaires pour le bon déroulement de ce scrutin. Le seul bémol signalé par certains présidents est l’absence des délégués de certains partis politiques ou alliance politique dans certains bureaux de vote.
Malgré tout, l’affluence devant les bureaux de vote était faible et très morose pour certains électeurs. En témoigne les propos de M. Mamadou F DIARRA, président de bureau de vote n° 26 du 2e cycle de Djélibougou : « J’ai ouvert mon bureau à 8 h et il était opérationnel à 8h 15 minutes après vérification des documents électoraux. En 2 heures de temps, je n’ai pu enregistrer que deux électeurs. Cela n’est pas une bonne image pour notre processus démocratique. Si ça continuait, le taux de participation ne sera pas à la hauteur».
Dans le même Centre, Moussa DOUCOURE qui cherchait son bureau de vote en vue d’accomplir son devoir de citoyenneté, atteste également avec regret, cette faible mobilisation des électeurs. Selon lui, le problème peut être expliqué par le désintérêt de plus en plus grand de la population à la vie politique pare que la population est découragée et en a marre des attitudes des hommes politiques et cela à tous les niveaux.
Aussi, a-t-il supposé, contrairement au processus électoral précédent ; cette année, les partis politiques n’ont pas fait suffisamment de campagne de mobilisation et de conscientisation des électeurs à sortir massivement pour aller voter. A son avis, cela a beaucoup manqué et cela se ressent sur le processus. Il y avait plus des responsables de partis politiques dans les centres de vote que d’électeurs, a-t-il regretté.
Même constat dressé par Moussa CISSE qui précise que les partis politiques ont montré leur limite pour mobiliser leurs militants. Selon lui, les hommes politiques ont failli à convaincre en vue de mobiliser, mais en dépit de tout, il pense que les électeurs devaient sortir massivement pour accomplir leur devoir de citoyenneté.
Les hommes politiques ont-ils failli à mobiliser ? Un responsable politique, ayant voulu garder l’anonymat, répond : « Ce ne sont pas seulement les hommes politiques qui ont failli. La responsabilité est à partager». Selon lui, les hommes politiques ont pêché dans leurs approche et méthodes de mobilisation parce qu’ils ont habitué les électeurs à aller les chercher jusque dans leurs familles. Du coup, il est devenu une habitude parce que les gens ne sortent pas tant qu’ils ne sont pas accompagnés.
«Maintenant les gens ne sortent pas d’eux-mêmes pour aller voter. Ils veulent qu’on aille les chercher dans les familles en véhicule. Il faut que nous changeons cette approche si on veut apprendre les électeurs à connaître et à mettre en valeur leur droit de vote», a-t-il expliqué.
Quant à la responsabilité des électeurs, il pense que les populations doivent mesurer les enjeux des élections et de comprendre le sens et la portée de leur droit de vote. En le sachant, a-t-il estimé, les gens allaient se mobiliser sans les hommes politiques.
« Si les hommes politiques ne changent pas, la population en mesurant l’importance de son droit de vote doit impulser le changement de comportement. Et, il est grand temps pour cette révolution, au nom de l’essor, de la démocratie dans notre pays», a-t-il martelé.
De façon générale, la mobilisation, en Commune I du District de Bamako, était faible, à notre passage dans certains Centres de vote.

Par Sikou BAH

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