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vendredi 23 avril 2021
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Commune rurale de Falo: les femmes réclament la tête du maire

Rien ne va plus entre Mamourou BOUARE, Maire de Falo et les femmes de sa circonscription. En cause, un litige autour d’une parcelle octroyée par l’ONG Lux-développement en collaboration avec la Direction du Génie rural. Selon les informations données par les femmes qui sont très remontées contre leur maire, la spoliation de leur champ au profit de ses partisans. Chronique d’une crise communautaire annoncée.

La commune rurale de Falo, située dans le cercle de Bla, repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage. Elle compte environ 250.000 âmes reparties entre 26 villages et hameaux.
En effet, dans le cadre d’un Programme d’autosuffisance alimentaire dont la commune de Falo est bénéficiaire, un champ de riz d’une superficie de 100 hectares a été octroyé à cette communauté. Après avoir distribué les parcelles à qui de droit, notamment les ressortissants de tous les villages, en parfaite intelligence avec le Maire Mamourou BOUARE, les autorités administratives, dont le Sous-Préfet de Bla, et les autorités traditionnelles, notamment la Coordination des chefs de villages de la commune rurale de Falo, personne n’avait alors trouvé à redire. Mieux, le Maire, au terme de l’opération, a salué l’initiative du Programme, tout en remerciant les donateurs.
Mais après quelques mois, les habitants de Falo ont été désagréablement surpris de voir un revirement du Maire qui décide de prendre la part des 30% d’octroyés aux femmes pour donner cela aux habitants de Kombalabougou, un village qu’il convoite pour les élections à venir, selon des sources concordantes.
En plus des femmes dont les parcelles ont été détournées, le Maire BOUARE s’est aussi accaparé de celles d’une minorité. Pire, le Maire Mamourou a pris la décision tout seul, nous rapporte-t-on. Les nouveaux propriétaires illégaux de ces champs chipés sont des habitants de Tomikorobougou, son fief électoral, et de potentiels électeurs d’autres villages. Ce, alors que les habitants de Tomikorobougou avaient eu leur part dans la distribution. Et d’autres partisans de son parti qui avait au début décliné l’offre au début veulent être dotés après le partage. Le Maire qui croit disposer d’un patrimoine foncier infini fait des promesses à tour de bras.
En conséquence, les habitants ont été surpris de voir les partisans du Maire dotés de bouts papiers qu’il leur a donnés. Selon eux, ces notifications leur permettent de s’approprier des champs retirés aux femmes et leurs maris, dans certains cas. Pire, les propriétaires, toutes des femmes pratiquement, ne peuvent plus aller y travailler au risque d’être frappés à mort par les partisans du Maire qui sont armés d’armes blanches et de gourdins, selon les témoignages des victimes.
Après les plaintes au niveau du Tribunal de première instance de Bla et la mise en garde des juges, le Maire décide de rester sur sa positon, celle de retirer les parcelles aux femmes et de les donner à ses partisans. Une guerre qui ne dit pas son nom, puisque les villageois, précisément les femmes, disent de ne pas se laisser faire.
C’est pourquoi les femmes de ladite commune rurale, avec à leur tête Mme Djouma TRAORE, ont effectué une marche de contestation la semaine dernière pour réclamer non seulement leurs champs qui leur sont dument octroyés par la loi N°2015-052 du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives, mais aussi la démission pure et simple du Maire. « Nous voulons nos champs et sans délai. Depuis quand un maire sérieux se dresse-t-il contre les femmes de sa communauté ? C’est nous qui avons voté pour lui et il est là pour notre confort. Au lieu de cela, il engage une guerre contre les femmes. On verra qui en sortira vainqueur. Nous voulons nos champs pour y travailler et aider nos foyers. C’est cela l’autonomisation des femmes ! Il va nous remettre dans nos droits et dégager », a fulminé la présidente des femmes de Falo.
Le Maire tant contesté est plus que jamais isolé, apprend-on puisque même ses conseillers se désolidarisent de sa décision, qui, selon eux, ne fait que diviser les populations.
Bourama SANOGO, le troisième adjoint au Maire et non moins le conseiller chargé de l’Agriculture, désavoue les comportements du Maire et le met en garde : « personne ici dans la mairie ne soutient le Maire BOUARE en raison de ses mauvais agissements. Nous lui avons dit que le Mali n’a pas besoin de cette crise qui ne vaut pas la peine. Nous soutenons les femmes, nous soutenons notre population, notamment la minorité d’hommes qui a été spoliée de ses champs au profit des amis politiques du Maire ».
Il faut noter que certains partisans du Maire sont sous les verrous pour avoir brûlé les champs de riz en maturité des femmes et de leurs maris. Hier mardi, les présumés criminels étaient devant le juge du Tribunal de première instance de Bla.
Interrogé pour qu’il donne sa version des faits qui lui sont reprochés, le Maire BOUARE a préféré se murer dans un silence assourdissant.
Affaire à suivre donc.

PAR CHRISTELLE KONE




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