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samedi 8 mai 2021
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Concertation sur les réformes politiques: ce que proposent les partis politiques

Pour la première fois, depuis sa prise de fonction, le Premier ministre de la Transition, Moctar OUANE, a rencontré, ce mercredi 10 février 2021, la classe politique pour se concerter autour de l’épineuse question des réformes politiques et institutionnelles, au CICB. Une initiative saluée par la classe politique dans sa majorité qui estime qu’il était temps de se mettre ensemble pour définir le périmètre des réformes nécessaires à mettre en œuvre par les autorités de la Transition pour ouvrir la voie aux élections générales qui se veulent libres, transparentes et inclusives.

Après le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, le Premier ministre Moctar OUANE a rencontré avant-hier les présidents des partis et regroupements de parti politique. Ils ont échangé sur les réformes politiques et institutionnelles. Signe d’une volonté de décrispation du climat politique de la part des autorités de la Transition, plusieurs interventions ont insisté sur des réformes politiques inclusives. Aussi, la question de la création d’un organe unique chargé de l’organisation du processus électoral a été largement évoquée au cours de cette rencontre.
Dans les échanges, les chefs de parti ont invité le Gouvernement à créer un cadre beaucoup plus inclusif qui va regrouper, non seulement, les formations politiques ; mais aussi, les autres composantes de la société civile.
A l’issue de la rencontre, le président de l’ADEMA, le Pr Tiémoko SANGARE, a fait savoir que pour avancer, les hommes politiques pensent qu’il faut que le consensus soit fait autour d’un certain nombre de textes et de mesures prioritaires.
Parmi lesquels, le respect du délai de la transition ; la révision de certaines dispositions de la Constitution, avec notamment, la création de la seconde chambre du parlement, la création de la Cour des comptes.
Depuis longtemps, la classe politique souhaite que l’élection des députés se fasse au scrutin proportionnel. Toute chose qui est impossible sans une réforme de la Constitution. L’augmentation du délai de 2 semaines entre les deux tours de la présidentielle, l’élection d’une nouvelle Assemblée en cas de dissolution de l’Assemblée nationale et d’un nouveau président en cas de vacances de la présidence sont des points abordés par l’intervenant. Pour lui, le délai de 40 jours tel que prévu dans notre Constitution actuelle n’est pas soutenable. Enfin, il faut changer les prérogatives de la Cour constitutionnelle en matière électorale. Il s’agit, dit-il, de confier le rôle de proclamation des résultats des élections à une autre structure afin que la Cour puisse se confiner à son rôle de juge du contentieux électoral.
Aussi, les participants ont insisté sur la création d’un organe unique de gestion des élections, la réforme des textes régissant le rôle de la Cour constitutionnelle dans le processus électoral, etc.
Tiéman Hubert COULIBALI, président de l’UDD, a indiqué que la classe politique était déjà satisfaite de l’initiative prise par le Chef du Gouvernement. «Ces derniers temps, beaucoup se sont plaints du manque de concertation, du manque d’inclusion. Pour notre part, nous avons toujours dit que la réussite de la transition résiderait dans la capacité des autorités à prendre en compte le plus grand nombre de points de vue ».
Selon lui, cette rencontre a été une occasion pour le PM et la classe politique d’échanger sur les réformes politiques nécessaires, surtout celles qui sont urgentes. Aussi, a-t-il dit, les représentants des partis politique ont rappelé aux autorités de la transition que le temps était compté avec 13 mois sur les 18 initialement prévus.
A l’opposé de ces derniers, l’un des responsables du M5-RFP, Jeamille BITTAR, président du MC-ATT, s’est montré critique et s’est dit sceptique. « Nous sommes sceptiques de la façon dont les choses sont gérées aujourd’hui. Nous estimons aujourd’hui que même pour avoir un bon fichier électoral, il faut au minimum un an. Au rythme où vont les choses, le Malien lambda estime qu’il y a un agenda caché ».
Selon lui, sur plus de 200 partis politiques au Mali, il n’y avait pas plus du quart qui était représentés. Ce qui montre quelque part, dit-il, qu’il faudrait faire appel à tout le monde. Il a souhaité que ce cadre que vient d’initier le Chef du Gouvernement soit souverain pour prendre des décisions exécutoires.
« Nous n’avons pas emprunté la rue pour juste changer de président, mais parce que nous avions estimé qu’il fallait un Mali Kura (Mali nouveau). Et c’est à ce niveau que les Maliens attendent des résultats concrets», a-t-il clarifié. Pour cela, le M5, a-t-il expliqué, va se battre pour le changement. Il s’agit, selon lui, de se remettre en cause et d’évaluer l’existant pour se projeter dans l’avenir. Le plus important, dit-il, est que les Maliens conviennent d’un agenda clair et précis pour la Transition.
Au passage, il a reconnu que l’insécurité grandissante ne nous permet pas d’avancer comme nous le souhaitons. D’où la nécessité de revoir la copie.

Par Abdoulaye OUATTARA




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