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jeudi 27 juillet 2017
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Concertations sur les questions migratoires: le diagnostic et les pistes de solution

Faire de la diaspora malienne un véritable fer de lance du développement économique et social, tout en s’engageant résolument dans la défense de leurs intérêts et de leurs droits, le tout dans le respect de la dignité humaine, c’est tout l’intérêt et l’objectif des Journées de concertations sur les questions migratoires qui se sont ouvertes, hier jeudi, à l’Hôtel Radisson Blu et ce jusqu’à demain, sous l’égide du Premier ministre, Abdoulaye Idrissa MAIGA.

Une session inaugurale, deux panels et plusieurs thèmes abordés par des experts et de grandes personnalités de renom sur les questions migratoires, ce sont là le plat de résistance offert aux 300 participants qui prennent part, depuis hier, aux travaux des Journées de concertations organisées par le gouvernement, à travers le ministère des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine et plusieurs autres départements impliqués. Objectif recherché : examiner un sujet qui bouscule l’agenda international : la migration.
Sensée être au cœur de la fécondation de la culture universelle, ainsi qu’un facteur de rapprochement, d’enrichissement mutuel et de développement, la migration est en passe de devenir une véritable tragédie par les pertes nombreuses en vies humaines. Voilà pourquoi le sujet interpelle aujourd’hui toute conscience civilisée y compris les familles.
Aborder cette question, à savoir ce phénomène naturel de déplacement des hommes dans l’espace, dans le contexte de mondialisation, où les richesses sont inégalement réparties et ou les Etats sont confrontés à des crises sociales, politiques, économiques et sécuritaires récurrentes, nécessite, pour un pays à forte tradition migratoire comme le nôtre, un examen profond et multidimensionnel.
Ainsi, il s’agira pour les participants au cours de ces trois jours de débats, d’échanges et d’interactions, et d’examiner la migration en tenant-compte de sa complexité et de ses nombreuses implications. Ce d’autant plus que le candidat à cette hypothétique aventure (migrant) est avant tout une personne, préoccupée par son sort et engagée à jouer toute sa partition dans la société. Tel un homme poussé par le destin, fuyant les terres stériles, le désespoir et la honte, continue sa quête du bonheur loin de son pays natal.
Conséquence: en 40 ans, le nombre de migrants dans le monde a triplé passant à environ 250 millions de personnes. Ce qui fait qu’en Europe, de voix se lèvent de plus en plus pour lier l’immigration à la sécurité, au terrorisme faisant de la question un enjeu politique et électoraliste pour les extrêmes.
C’est pourquoi prenant la mesure, notre pays a adopté en 2014 la Politique nationale de la migration qui s’articule, selon le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, autour de plusieurs axes : protéger et sécuriser les migrants; organiser et faciliter la migration légale ; favoriser une meilleure réinsertion des migrants de retour ; valoriser les capacités de la diaspora au développement national ; viser un meilleur positionnement stratégique du Mali sur les questions de migration ; réadapter les conditions d’entrée, de séjour et d’établissement au Mali. S’y ajoute l’adoption d’un texte législatif en 2017 qui institue des antennes du ministère des Maliens de l’extérieur aux différentes frontières de notre pays pour une meilleure gestion des flux migratoires.
Malgré ces mesures, nos compatriotes, a regretté Dr Abdramane SYLLA, n’échappent pas aux lots de refoulements, de rapatriement et de reconduites aux frontières ainsi qu’à la tragédie des disparitions dans le désert et dans la méditerranée avec des chiffres qui font souvent froid au dos.
De la révélation faite par le ministre, ce sont 376 jeunes maliens qui sont morts noyés dans la méditerranée en 2015. Cette statistique ne prend pas en compte les autres cas de disparitions sur les autres corridors (fleuve, routes, désert…).
Autres statistiques, autres tristes nouvelles pour le pays: 3 150 Maliens ont été expulsés entre 2015 et 2016 en provenance de beaucoup de pays. Sans compter un nombre important de jeunes qui séjournent dans les centres de rétention en Europe (Italie, France, Espagne…). Dans le premier pays cité, ils sont 10 000 Maliens présumés sans espoir qui sont incarcérés dans des conditions peu enviées.
Malgré ce bilan sombre, le ministre n’a pas manqué de saluer le rôle moteur de ces migrants qui contribuent au développement du pays.
D’où le choix de son département de valoriser cette double-appartenance tout en agissant sur le « double-espace» afin de répondre à deux enjeux : comment faire pour que les migrants soient reconnus comme des citoyens à part entière et pour que le respect de leurs droits soit une priorité ?
De la conviction faite par le ministre SYLLA, cette démarche permet de croiser les regards pour poser autrement les termes du débat relatif aux mobilités humaines.
En faisant intervenir l’ensemble des acteurs concernés autour de la problématique, le ministère des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine s’efforce de faire en sorte que la voix de ceux-ci se fasse entendre dans un contexte où les enjeux pour les pays restent largement dominants.
En tout état de cause, ces journées qui s’étaleront sur trois jours seront mises à profit pour débattre de plusieurs thématiques parmi lesquelles: Défis actuels de la migration en matière de géopolitique entre l’Afrique et l’Europe ; Vers une position africaine commune concernant le pacte mondial sur les migrations ; Rôle de la société civile dans la gestion de la crise migratoire ; les textes législatifs et réglementaires en matière de migration ; le lien entre migration et droit de l’Homme.
Les autres sujets qui seront abordés sont en lien avec la gestion intégrée des frontières en rapport avec la migration et l’état civil ; les accords de coopération entre le Mali et d’autres Etats en matière de migration ; l’assistance et la protection des Maliens de l’extérieur.
Les thèmes seront animés par d’éminentes personnalités.
En ouvrant les travaux des concertations, le Premier ministre a insisté sur les actions et les mesures en vue de renforcer les relations de coopération entre l’Afrique et l’Europe dans le cadre du respect de la dignité humaine. Il a de ce fait réaffirmé l’engagement politique et la ferme volonté de son gouvernement d’être aux côtés de la diaspora, à travers l’assistance et la défense de leurs intérêts, en vue d’accroitre le niveau du développement du pays.

Par Mohamed D. DIAWARA




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