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lundi 22 octobre 2018
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Conditions de vie difficile en Libye: 163 maliens regagnent le Bercail

Un contingent de 163 Maliens, qui étaient en détresse en Libye, est arrivé à Bamako avant-hier mardi-soir. Ils ont été accueillis à l’Aéroport international Président Modibo KEITA par le chef de cabinet du ministère des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, Moussa Aliou KONE, et le chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Bakary DOUMBIA.

De l’Aéroport international de Bamako, les 163 compatriotes ont été directement acheminés à la Protection civile de Sogoniko. Nous avons échangé avec plusieurs d’entre eux sur les raisons qui leur ont poussé à la migration et les calvaires vécus en Libye. Tous ont salué l’initiative de leur rapatriement organisé par le gouvernement du Mali en collaboration avec l’OIM et l’Ambassade du Mali en Libye.
La quasi-totalité de nos interlocuteurs ont justifié le motif de leur migration par le manque de travail au Mali et la volonté d’aller se faire de la fortune pour soulager la souffrance de leurs familles. Il ressort de leurs explications qu’en Libye, les migrants sont victimes de beaucoup de tortures, d’humiliation et d’autres traitements inhumains.
« Il est difficile de sortir pour travailler car actuellement le racket des migrants est devenu le jeu favori de certains Libyens. Si tu sors sans argent, on t’amène en prison et ta libération est conditionnée au paiement de l’argent. Une fois arrêté, beaucoup sont obligés d’appeler leurs parents au Mali pour qu’ils leur envoient de l’argent», s’est lamenté Douga DIARRA.
Quant à Diabaly DANSOKO, il a fait savoir que beaucoup de Maliens en Libye cherchent à retourner au pays, mais avec le nombre élevé des candidats au retour, ce n’est pas du tout facile. Selon lui, certains sont malades et n’ont aucun moyen pour vivre et ne cherchent qu’à retourner au pays pour retrouver la dignité.
Selon le chef de cabinet du ministère des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, Moussa Aliou KONE, ce contingent est composé de 53 personnes venant directement des centres de détention de la Libye, 17 femmes, 14 enfants et 2 malades.
Aussi, a-t-il expliqué, ce retour témoigne de la volonté du gouvernement, avec l’appui de son partenaire OIM, d’organiser le rapatriement volontaire de tous les compatriotes qui le désirent.
Par ailleurs, a précisé le Chef de cabinet, depuis le début de l’année 2018, c’est le sixième vol de rapatriement des concitoyens qui se trouvent dans des situations difficiles à l’extérieur.
«Ce qui donne un chiffre de 957 personnes depuis le mois de janvier 2018 », a révélé Moussa Aliou KONE avant de rappeler que l’Etat malien et l’OIM se sont fixés comme objectif de faire deux vols de rapatriement volontaire par mois.
Pour sa part, le chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations, Bakary DOUMBIA, a témoigné que les conditions de vie en Libye ne sont pas faciles. Selon lui, l’un des objectifs de leur organisation est de faire sortir les personnes qui se trouvent en situation difficile. Il a rassuré que l’opération de rapatriement continuera tant que des migrants seront en détresse à l’extérieur de leur pays.
Selon Bakary DOUMBIA, depuis mai 2017, ce sont 4 500 personnes qui sont venues de différents horizons vers le Mali.
«Nous allons continuer nos efforts avec le gouvernement du Mali pour faire en sorte que tous ceux qui sont dans les situations difficiles à l’extérieur puissent retourner dans leur pays sain et sauf», a déclaré le chef de mission de l’OIM au Mali.
Il a saisi l’occasion pour expliquer qu’en Libye, beaucoup de pays n’ont pas leur ambassade sur place.
M. DOUMBIA a salué le fait que le Mali ait une ambassade à Tripoli avec des staffs qui travaillent d’arrache-pied pour faire en sorte que les compatriotes qui sont dans des situations difficiles puissent sortir.
En conclusion dira le responsable de l’OIM, la migration en elle-même n’est pas mauvaise. Mais, précise-t-il, celle qui se fait de façon irrégulière présente beaucoup de désavantages pour les migrants. C’est pourquoi, il a lancé un appel aux jeunes candidats à la migration de réfléchir beaucoup sur leurs projets de migration en optant pour la migration régulière.

PAR MODIBO KONE




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