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jeudi 20 janvier 2022
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Conférence ministérielle de l’OCI sur la Sécurité Alimentaire et le Développement Agricole: amélioration des systèmes alimentaires pour assurer la sécurité alimentaire au sein des pays de la oumma islamique

La 8ème session ministérielle de l’Organisation de Coopération Islamique (OCI) s’est ouverte hier à Istanbul en Turquie. Cette importante rencontre qui regroupe autour de l’OCI et ses organismes spécialisés, les ministres en charge de la Sécurité alimentaire des pays membres de l’OCI à travers le monde, vise à faire l’état des lieux de la situation alimentaire au sein de la Oumma islamique, de développer des solutions adaptées aux différents pays où régions mais surtout d’engager les organismes spécialisés de l’OCI à apporter les solutions idoines aux pays durement frappés par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.

Notre pays est représenté à cette rencontre par le ministre commissaire à la Sécurité, Redouwane Ag Mohamed Ali. En effet, le thème de cette présente session: « Amélioration des systèmes alimentaires pour assurer la sécurité alimentaire dans les pays membres de l’OCI », est assez révélateur des challenges de notre pays en matière de sécurité alimentaire.
La cérémonie d’ouverture de la rencontre était présidée par le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip ERDOGAN par vidéoconférence, en présence du Secrétaire Général de l’OCI, Dr. Youssef A. AL-OTHAIMEEN de l’Arabie de Saoudite ainsi que le président de la Banque Islamique de Développement, Dr. Bandar M. H. HAJJAR.

LA NECESSITE D’INVERSER LA TENDANCE
S’exprimant à l’ouverture de la session, le Président turc, Recep Tayyip Erdogan, a fait remarquer que la demande mondiale de nourriture augmente de jours en jours parallèlement à la hausse de la population mondiale. Notant les effets néfastes des catastrophes naturelles, des sécheresses, des inondations et des érosions, liés au changement climatique, sur les ressources alimentaires, le Président turc a déclaré: «Alors que les frais de production augmentent partout dans le monde, l’accès des populations désavantageuses à la nourriture s’endurcit. Malheureusement l’équilibre de la demande et de l’offre dans le secteur agricole a été brisé suite à l’épidémie du nouveau coronavirus Covid-19, ce qui a davantage approfondi le problème alimentaire à l’échelle mondiale ».
Pour le Président Erdogan, il est fondamental pour le monde islamique d’inverser cette tendance. « Les estimations pour la période à venir nous donnent un aperçu pessimiste. D’une part, 810 millions de personnes n’ont pas accès aux aliments de base. L’accès à la nourriture suffisante, nutritive et fiable n’est pas une prérogative mais un droit fondamental pour tous. En tant que membres de l’OCI, il est de notre devoir face à l’Humanité d’élever notre voix pour un monde plus juste. Pour cela, nous devons d’abord renforcer notre coopération et solidarité », a-t-il lancé.
Tour à tour, le Secrétaire Général de l’OCI, Dr. Youssef A. AL-OTHAIMEEN de l’Arabie de Saoudite et le président de la Banque Islamique de Développement, Dr. Bandar M. H. HAJJAR ont rappelé l’engagement de l’OCI et de son bras financier à accompagner les pays de la Oumma islamique dans leurs chantiers de développement et aussi de stabilisation. Le Président de la BID a expliqué les facilités que l’institution financière ne cesse de développer pour permettre aux pays d’accéder à des financements innovants et adéquates à leurs besoins. Ainsi la BID et les institutions spécialisées de l’OCI ont réaffirmé leurs engagements d’accompagner les projets et programmes en matière de sécurité alimentaire des pays membres.
Cette 8ème session des ministres de l’OCI en charge de la sécurité alimentaire, prévoit l’examen de plusieurs questions liés à l’amélioration des systèmes de gestion des risques d’insécurité alimentaire, au renforcement des systèmes alimentaires dans les pays islamiques, aux possibilités de promouvoir des partenariats commerciales et économiques bilatéraux, au rôle du secteur privé dans la transformation, à la valorisation des produits locaux ainsi que le renforcement et la promotion de la solidarité islamique entre les pays de la Oumma.

LE MALI ET LE SAHEL SOUS MENACE D’UNE CRISE ALIMENTAIRE INQUIETANTE
La session a surtout été marquée par les déclarations des régions sur la situation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ainsi du Moyen-Orient, à Asie du Sud Est en passant par les pays du Golf, de l’Afrique du Nord jusqu’à l’Afrique subsaharienne, l’insécurité alimentaire est réelle dans la plupart des pays membre de la Oumma, cela par le fait de crises multiformes, des guerres, mais aussi des sécheresses et des effets du changement climatique.
Il faut dire que la participation de notre pays à cette importance rencontre a été une occasion inédite pour le ministre Commissaire à la Sécurité Alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali, de dépeindre la situation alimentaire de notre pays et du sahel.
«En effet, le Mali, terre d’islam séculaire, est un pays sahélien, dont l’économie dépend en grande partie du secteur agricole, qui lui-même est fortement tributaire des aléas agro-climatique (sécheresses répétitives, inondations, déprédations etc.). Ces facteurs exogènes, amplifiés par des problèmes sécuritaires répétitifs (rebellions, attaques terroristes, conflits intercommunautaires, vols de bétails etc.). Et la pandémie de COVID-19 est le dernier né de cette calamité qui aggrave la situation de sécurité alimentaire déjà bien entamée, en engendrant la dégradation des moyens d’existence des ménages.
Cependant malgré les moyens limités de mon gouvernement, l’Etat se bat inlassablement pour secourir les communautés en détresse selon ses capacités sur la base d’un système d’information d’évaluation sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Cependant, exergue-t-il, au-delà de ce constat et des solutions d’urgence, notre pays s’est engagé a élaboré une Politique Nationale de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PolNSAN). « Cette politique constitue sans doute une voie novatrice permettant au Mali de s’attaquer véritablement aux causes structurelles des problèmes alimentaires et nutritionnels des maliens. Tous les maliens, pensons-nous, doivent être en mesure d’accéder à la nourriture en quantité suffisante et en qualité pour répondre à leurs besoins nutritionnels et ainsi préserver leur vie sur une base quotidienne et dans la dignité.
Pour cela, nous nous sommes engagés à bâtir la résilience de nos concitoyens les plus vulnérables à l’insécurité alimentaire. L’ambition de cette politique est qu’à terme dans notre pays, plus jamais la sécheresse ne soit synonyme de famine », a-t-il lancé.
Lançant un cri de cœur pour le sahel, le ministre indiquera « chaque jour, des hommes, des femmes, des enfants, des familles se voient contraints de quitter leurs milieux de vie, leurs familles, leurs proches, face à ces crises multiples et violentes qu’ils subissent de plein fouet dans certaines zones du sahel. Assurer le maintien d’une activité agricole, développer des projets de résilience, peuvent véritablement contribuer à fixer ses populations rurales et leur donner le choix de leur avenir. C’est notre responsabilité commune de nous mobiliser pour assurer une sécurité alimentaire durable à nos populations, car, cela demeure une priorité politique de premier plan. Pour le Mali et le sahel, la sécurité alimentaire est un enjeu vital, car c’est dans le rang des populations vulnérables en quête de leurs survies que les terroristes recrutent », a-t-il lancé avant d’inviter les pays de la Oumma islamique à renforcer la solidarité islamique avec les pays en proie à la menace d’insécurité alimentaire.

CSA-COM




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