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samedi 18 août 2018
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Conférence sur la sécurité: la stratégie du G5 Sahel

Représentée au haut niveau à la 54e Conférence internationale sur la sécurité dans le monde qui s’est tenue du 16 au 18 février, à Munich, en Allemagne, l’Afrique a dégagé sa stratégie de sécurisation du Sahel. L’insécurité au Sahel faisant partie des grands sujets cette année.

Deux chefs d’État ont valablement représenté le Continent. Il s’agit des Rwandais Paul KAGAME, Président en exercice de l’Union africaine? et du Burkinabè Roch Marc Christian KABORE.
Parmi les autres responsables politiques africains présents, il y a le président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki MAHAMAT, le ministre des Affaires étrangères du Mali, Tiéman COULIBALY, et le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert DUSSEY.
Les sujets essentiels débattus lors de cette 54e Conférence internationale ont porté sur l’avenir de l’Union européenne et ses relations avec la Russie et les États unis ainsi que sur les conflits au Proche-Orient, en particulier la guerre en Syrie. Le contrôle des armements est un autre point important. Profitant de l’ouverture qui leur était faite dans l’ordre du jour, les responsables africains ont évoqué la mise en place d’une Force conjointe pour le G5 Sahel comprenant le Niger, le Tchad, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Mali. Leur message phare est que la sécurité du Sahel et la lutte contre le terrorisme ne concernent pas cette seule région, mais l’ensemble de la Communauté internationale.
Pour autant, à l’échelle de la Région, la stratégie est claire : tout sauf le tout sécuritaire ; mais y joindre les actions de développement et s’aliéner l’adhésion des populations au projet en cours. C’est tout le sens de l’annonce du Président du Faso, Roch Marc Christian KABORE : « le travail que nous allons faire le 23 février à Bruxelles est de pouvoir mobiliser les ressources pour les forces du G5 Sahel et commencer à discuter des questions de projets d’investissement à mener aussi bien sur les infrastructures, sur le développement du capital humain, sur la consolidation des infrastructures socio-économiques et le développement de l’agriculture et de l’élevage », explique.
Il faut rappeler que le 23 février prochain, lors de la rencontre de Bruxelles, des fonds supplémentaires doivent par ailleurs être trouvés pour achever le financement de la force conjointe du G5 Sahel.
Le G5 Sahel, faut-il souligner, est un cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité. Donc l’organisation fonctionne sur la base du binôme développement et sécurité. C’est bien ce qu’a réaffirmé le Président KABORE, lors de la 54e Conférence internationale sur la sécurité dans le monde. Le maintien de ce couple développement/sécurité est d’autant plus important que le premier qui est source de confiance entre les communautés les Forces militaires qui sont souvent perçues comme des ennemis et privées de ce fait d’un élément indispensable à leur mission : le renseignement.
Toujours aussi stratège, le Président KAGAME évolue sur un autre registre. Il a insisté sur l’importance de la coordination entre les participants d’une force conjointe comme entre celle-ci et les autres troupes présentes dans la région. En effet, par le passé, cette coordination a laissé à désirer et a nui à l’efficacité d’opérations internationales, selon le président rwandais. Pour lui, cet objectif est plus important que le nombre de contributeurs pour la force conjointe du G5 Sahel.
Cette observation a tout son pesant d’or dans le cadre du Sahel où l’on assiste à un véritable ballet des Forces étrangères : Forces spéciales américaines (Bérets verts), au Niger (environ 800 soldats américains y sont stationnés) ; Barkhane (opération menée au Sahel et au Sahara par l’armée française, c’est-à-dire : Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad qui sont les pays du G5 Sahel), forte de 4 000 hommes ; MINUSMA, au Mali, avec environ 11 000 Casques bleus et 1 700 policiers. Le risque de télescopage est donc grand avec une efficience limitée. À et effet analysait Roland MARCHAL (chargé de recherche au CNRS et basé au laboratoire du Centre de recherches internationales (CERI-Sciences Po)): ‘’l’Hexagone a besoin du G5S pour soutenir l’opération Barkhane, mais sur le terrain, ça fonctionne mal, les forces alliées ne se font pas confiance, il y a des divergences de vision stratégique entre les pays. Trump, qui critique le multilatéralisme, ne fait pas confiance au G5S’’. Ces propos sont l’illustration la plus parfaite que la coordination est un véritable challenge dont est tributaire la crédibilité des États engagés dans le cadre du G5 Sahel.

Par Bertin DAKOUO




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